Les minorités
2003-04-14

Une commune de Hongrie sur trois s'est dotée d'une collectivité autonome minoritaire



Aux élections régionales et locales tenues en octobre 1998, les 13 minorités nationales et ethniques légalement reconnues ont élu dans 988 communes 1.251 collectivités minoritaires locales. Ce chiffre marque une progression de 50 pour cent par rapport aux premières élections de collectivités minoritaires, tenues quatre ans plus tôt. Entre 1994 et 1998 près de 4.000 élus minoritaires se sont imposés comme des hommes politiques locaux expérimentés. La coopération des minorités avec les collectivités locales s'est améliorée et la vie communautaire des minorités a gagné en intensité au niveau tant local que national. Cependant la représentation des minorités de Hongrie à l'Assemblée Nationale n'est toujours pas résolue.

Sur une population de 10,1 millions d'âmes que compte la Hongrie, selon les estimations de l'Office des minorités nationales et ethniques, de 4,5 à 5 pour cent appartiennent aux différentes minorités nationales et le même nombre à la seule minorité ethnique que sont les Roms.

Les Roms qui constituent la minorité la plus nombreuse sont quelque 400.000 à 600.000. Les Allemands de Hongrie sont estimés à 220.000. Les Slovaques sont une centaine de milliers, les Croates quelque 80 à 90 000 et les Roumains, 25.000. Les Polonais, tout comme les Arméniens sont 10.000. Les autres minorités nationales: bulgare, grecque, ruthène, serbe, slovène et ukrainienne comptent chacune entre 1000 et 5000 âmes. La loi de 1993 sur les droits des minorités nationales et ethniques reconnaît comme officielles les langues des 13 minorités: elles peuvent être enseignées dans les écoles des minorités et leur usage est libre dans la vie publique et communautaire. Maints documents sont libellés en deux langues dont l'une est minoritaire.

La pratique de libre utilisation des langues des minorités légalement reconnues revêt une importance certaine du point de vue du droit international. C'est que la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires signée par la Hongrie en 1992 et ratifiée par le Parlement en 1995, entra en vigueur en mars 1998. L'administration hongroise y a pris l'obligation institutionnelle d'augmenter la connaissance de la langue minoritaire pour les fonctionnaires de l'administration dans les régions à population allogène. Pour le moment, cette obligation concerne les langues croate, allemande, roumaine, serbe, slovaque et slovène.

La loi sur les minorités disposait de la mise sur pied des collectivités minoritaires de niveau local et national. Ces collectivités sont investies du droit consultatif et du droit d'être saisies pour avis conforme, essentiellement à propos des problèmes relevant de l'autonomie culturelle.

Cela en collaboration avec les organes responsables de l'administration nationale et locale. Les collectivités minoritaires n'ont de ressort autonome ni exécutif, ni administratif. Elles ne peuvent qu'exceptionnellement prendre position à propos de questions générales n'ayant pas trait à l'autonomie culturelle ou aux griefs formulés pour atteinte aux droits par les individus appartenant à la minorité.

Les premières élections des collectivités minoritaires autonomes, liées alors aux élections régionales et locales, eurent lieu en 1994. Sur quelque 3100 agglomérations que compte le pays, un demi millier se sont dotées au total de 817 collectivités minoritaires autonomes locales, 477 étant constituées de Roms, 162 d'Allemands, 57 de Croates et 51 de Slovaques. 27 maires (13 allemands et 9 croates) ont été élus en vertu de programmes minoritaires. Au sein des collectivités autonomes locales (de commune, de ville et d'arrondissement de Budapest) siégeaient, à partir de 1994, 658 députés minoritaires: 232 tsiganes, 235 allemands, 89 slovaques et 77 croates.

La période de 1994-1998 a été définie tant par l'Office des minorités nationales et ethniques que par les leaders des nationalités comme époque de l'apprentissage. On a considéré comme un résultat l'institutionnalisation de la participation des minorités dans la vie publique des communes. Moyennant des subsides budgétaires et grâce à l'aide financière du programme PHARE de l'Union européenne, quelque 4.000 leaders minoritaires ont été formés à des cours. Deux milliers, sinon davantage, d'entre eux étaient des élus roms qui ont pu améliorer la coopération avec les collectivités autonomes locales, avec les maires et avec les secrétaires de mairie. On a vu se dissiper la méfiance fortement enracinée d'une part à l'encontre des Tsiganes, victimes de préjugés, et d'autre part dans la communauté tsigane à l'encontre du reste de la population.

(Extrait du bulletin hebdomadaire N°36/1998 de l'Agence télégraphique hongroise)

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Extrait de la Lettre du COLISEE (1998)