Ossétie du Sud : présentation générale
2008-11-16

{Document établi en janvier 2004 à partir d'un texte fourni par l'Association Ossète en France}

L'Ossétie du Sud fait partie officiellement de la République de Géorgie, mais elle s'est autoproclamée république souveraine et indépendante à la suite du conflit georgiano-ossète des années 89-92 (1). Elle a une superficie de 3.900 km2. Elle comptait avant le conflit environ 100.000 habitants (2). Une très grande partie de la population a fuit les combats en Ossétie du Nord et dans d'autres régions de la Fédération de Russie, mais la tendance actuelle est au retour. Il est difficile, pour l'instant, de connaître le nombre exact de la population du territoire. Celui-ci a constitué une zone de peuplement compact du massif iranophone scyto -sarmato -alain depuis des temps très anciens. Sa population constituait une partie d'une puissante union tribale d'Iraniens ciscaucasiens qui, au Moyen-Âge, menaient à travers l'Ossétie du Sud leur politique en Géorgie et dans l'ensemble de la Transcaucasie (3).

Du temps de l'URSS, l'Ossétie du Sud était territoire autonome au sein de la république socialiste soviétique de Géorgie (4). À l'occasion de la montée des nationalismes qui a suivi l'explosion de l'Union soviétique, les Ossètes du Sud ont voulu constituer une république autonome au sein de la Géorgie. Les dirigeants géorgiens de l'époque, sous le gouvernement de Zviad Gamsakhourdia, ont aboli le statut d'autonomie du territoire et l'ont appelé Samatchablo, ancien nom d'une petite partie de la province. Encore actuellement, cette région est appelée par les Géorgiens, soit Chida Karthli, soit Samatchablo, soit région de Tskhinvali, du nom de sa ville principale (choisie comme capitale par les autorités autoproclamées). Le statut de la république n'est toujours pas réglé à ce jour et des négociations sont en cours (5)
.


Notes Colisée de novembre 2008

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(1) La Fédération de Russie et le Nicaragua reconnaissent l'indépendance de l'Ossétie du Sud le 26 août 2008.

(2) Les estimations de la population d'Ossétie du Sud sont variables selon le périmètre géographique attribué. Il est en fait constitué de deux zones,

- une zone dont la capitale est Tskhinvali à forte densité ethnique ossète, représentant plus de 50% du territoire, s'étendant au Nord jusqu'au tunnel de Roki qui permet la communication avec l'Ossétie du Nord. Elle abritait à mi-2008 de 40 à 50 000 personnes (35 000 d'entre elles se réfugient en Ossétie du Nord lors du conflit géorgiano-ossète d'août 2008, avant de revenir dans leurs villages),

- une zone à forte densité ethnique géorgienne composée de trois subdivisions, au Nord Ouest les villages autour de la ville de Tamarsheni, à l'Est les villages autour d'Akhalgori et au Sud les villages permettant l'accès à la Kartlie (région géorgienne dont la ville principale est Gori), représentant moins de 50% du territoire. Elle abritait 15 000 personnes à mi-2008 (13 000 d'entre elles se réfugient à Tbilissi lors du conflit russo-géorgien d'août 2008) .

(3) L'antériorité d'installation sur le territoire qui deviendra l'Ossétie du Sud divise les historiens ossètes et les historiens géorgiens. Pour les uns le peuple ossète y réside depuis plus d'un millénaire, pour les autres les rois géorgiens attribuèrent beaucoup plus récemment des terres géorgiennes aux soldats ossètes les ayant servi.

En 1880, un recensement de population effectué par les autorités russes tsaristes comptabilisait un peu plus de 3 000 habitants à Tskhinvali, avec une part à peu près égale entre Géorgiens, Juifs et Russes sans mentionner la présence de population ossète qui se limitait à quelques villages montagnards (Source Institut Français des Etudes Anatoliennes).

(4) La région autonome d'Ossétie du Sud fut créée par le pouvoir soviétique en 1922, après l'invasion par l'Armée rouge du Sud Caucase, afin de "diviser pour mieux règner" selon certaines analyses géorgiennes.

(5) En octobre 2008, après les conflits géorgiano-ossète et russo-géorgien d'août 2008, les observateurs de l'Union européenne ne sont pas admis par l'armée russe dans la zone à forte densité ethnique ossète et dans la zone qui abritait une forte densité ethnique géorgienne, tout comme les ONG et les médias occidentaux ne l'avaient pas été, sauf exception.

Des observations par satellites effectuées le 19 août par une agence des Nations Unies indiquaient que

- près de cinq cents bâtiments situés dans la zone à forte densité ethnique ossète étaient détruits (à priori situation attribuable aux bombardements géorgiens sur la capitale Tskhinvali, évacuée semble-t-il au préalable de la majorité de sa population civile ),

- plus d'un millier de bâtiments situés dans la zone à forte densité ethnique géorgienne étaient détruits (à priori situation attribuable aux milices ossètes afin d'empêcher le retour des populations géorgiennes).

Les conférences diplomatiques entre la Fédération de Russie et la Géorgie, initiées par l'Union européenne (qui a renouvelé sa position de soutien à l'intégrité territoriale géorgienne) n'ont pu aboutir et devraient se poursuivre à Genève en novembre 2008.

Voir aussi



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