Aperçu historique de la Géorgie
2014-01-08

La Géorgie qui, selon la légende, serait la Terre de la Toison d'Or, est entrée dans l'histoire comme colonie ionienne, vers 500 avant J.-C. L'excavation de tombes anciennes a révélé des objets en bronze, en or et en argent finement travaillés et une riche histoire archéologique, témoin de la présence hellénique, romaine, indo-persane et mongole en des temps reculés.

Le christianisme a été introduit au début du IVe siècle, et les empires perse et byzantin se sont disputés le contrôle de la Géorgie jusqu'au VIIe siècle, c'est-à-dire jusqu'au moment où l'islam a gagné le Caucase du Sud. Le contrôle exercé par Seljuk Turk a pris fin quand l'émir a été expulsé en 1122 par le roi géorgien David II. Pendant deux siècles, l'influence géorgienne s'est étendue dans le Caucase du Sud, en particulier sous le règne de la reine Tamar, mais a été mise à mal ensuite par les vagues successives d'invasions mongoles. Après le retrait des Mongols, les empires iranien et ottoman ont voulu reprendre le contrôle de la région, au XVIe siècle, et les deux en ont finalement été chassés lorsque des monarques géorgiens successifs ont demandé l'aide de la Russie, dont l'ascendant a persisté jusqu'à la Révolution de 1917-1918.


Histoire contemporaine



Le présent politique de la Géorgie trouve principalement ses origines dans l'histoire du XXe siècle, dominée dans son cas par deux événements : son absorption dans l'URSS en 1922 et sa déclaration d'indépendance, en avril 1991.

La période soviétique



La Géorgie a été intégrée à l'URSS le 31 décembre 1922, en tant que partie de la République soviétique fédérée socialiste transcaucasienne, après la guerre civile russe et l'effondrement de l'Empire ottoman, à la fin de la Première Guerre mondiale. À partir de 1922, elle a été pleinement intégrée dans la sphère soviétique. En 1936, la fédération transcaucasienne a été dissoute et la Géorgie est devenue République soviétique socialiste, avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Paradoxalement, ce sont deux Géorgiens, Staline et Lavrenti Béria, qui furent les artisans de la domination soviétique en Géorgie (et dans d'autres États composant "le proche étranger" russe, y compris l'Asie centrale). Pendant cette période, tous les aspects du fonctionnement de l'État géorgien étaient gérés depuis Moscou. Les dirigeants nationalistes géorgiens, même à l'intérieur du Parti communiste de Géorgie, furent éliminés. L'administration locale, à Tbilissi, n'avait guère de pouvoir exécutif. En Géorgie même, Moscou accordait une autonomie limitée aux oblasts d'Adjara (1921), d'Abkhazie (1931) et d'Ossétie du Sud (1922), et influait sur les politiques de Tbilissi dans ces régions. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la minorité turque meshkhète de Géorgie a été déportée, afin que les régions frontalières ne tombent pas entre les mains des forces de l'Axe. L'Armée rouge a installé des bases militaires dans tout le Caucase du Sud et la production économique de la région a été intégrée dans la planification centrale soviétique.

Indépendance



Dans les années 1980, encouragés par les politiques de "glasnost " et de "perestroika" de Mikhaïl Gorbatchev, les Abkhazes et les Ossètes de Géorgie ont revendiqué leur autonomie, surtout après que le Soviet suprême de Géorgie a proclamé le géorgien langue officielle de l'État, en 1989. Le 9 avril 1989, à Tbilissi, les forces de sécurité soviétiques ont attaqué des manifestants qui demandaient que l'Abkhazie continue de faire partie de la Géorgie et que la Géorgie devienne indépendante de l'URSS. Cette répression violente, qui a fait 19 morts et de nombreux blessés, a entraîné une poussée du nationalisme géorgien et des sentiments antisoviétiques en Géorgie. Les partis politiques autres que le parti communiste ont été autorisés à participer aux élections au Soviet suprême de Géorgie de novembre 1990. Le Parti communiste de Géorgie a perdu son monopole. La majorité des voix est allée à une coalition de partis indépendantistes dirigée par Zviad Gamsakhourdia, dissident national de longue date, qui est devenu président de la nouvelle chambre et, de facto, chef d'État de la Géorgie. En avril 1991, le Soviet suprême de Géorgie a proclamé l'indépendance de la République par rapport à l'URSS et en mai 1991, Zviad Gamsakhourdia était élu premier président de la Géorgie. En août, le Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) s'effondrait et, en décembre de la même année, l'URSS était dissoute.

Après l'indépendance


Cependant, l'indépendance et les élections n'ont pas ramené la paix. L'agitation civile qui avait commencé en 1989 s'est intensifiée. Des heurts violents ont opposé les Géorgiens et les Ossètes du Sud, et en 1992, des troupes russes ont été déployées pour maintenir la paix le long de cette frontière. Des affrontements armés à Tbilissi, fin 1991, ont contraint Zviad Gamsakhourdia à fuir la capitale en janvier 1992, et Édouard Chevardnadze a été élu président du Conseil d'État (parlement) plus tard dans l'année. En 1992 également, l'Abkhazie s'est déclarée indépendante. La milice géorgienne envoyée rétablir l'ordre sur ce territoire a été battue par les Abkhazes lors de combats lourds qui ont duré jusqu'en octobre 1993 et ont fait 10 000 morts, en plus de jeter sur les routes 200 000 Géorgiens, forcés de quitter l'Abkhazie pour devenir des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays. Le même mois, la Géorgie est entrée dans la Communauté des États indépendants (CEI) et, en 1994, elle a conclu un accord autorisant la Russie à conserver trois bases militaires sur le territoire géorgien, en échange de formation et de ravitaillement. De plus, en 1994, l'ONU a négocié un cessez-le-feu en Abkhazie, des soldats de la paix russes étant ensuite déployés pour le garantir. À la suite de l'accord, des réfugiés sont rentrés et les dirigeants abkhazes se sont engagés à maintenir leur région à l'intérieur de la Géorgie, mais en y jouissant d'une grande autonomie.

Ces accords n'ont pas atténué les problèmes de consolidation de l'État et de contrôle du territoire géorgien par le régime Chevardnadze. En 1994, l'Abkhazie a adopté sa propre constitution et s'est, par là-même, déclarée indépendante, mais en 1995, elle a de nouveau renoncé à l'indépendance complète. L'Ossétie du Sud continue d'insister sur son statut d'État indépendant. Donc, la Constitution géorgienne de 1995, tout en rétablissant la présidence, a créé un parlement de 235 membres et garanti l'indépendance de la justice, mais elle ne définit pas le statut de ces deux régions. En novembre 1995, tandis que les forces géorgiennes et celles de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie s'affrontaient, des élections ont eu lieu dans le reste de la Géorgie, et Édouard Chevardnadze a été élu président avec 70 % des voix. Depuis 1995, l'État géorgien ne parvient pas à contrôler l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, malgré plusieurs tentatives de règlement négocié. Les efforts déployés pour parvenir à une entente dans le cadre de la CEI, en 1996 et 1997, n'ont pas empêché de nouveaux affrontements qui ont jeté encore plus de civils sur les routes.

Depuis 1997



Les négociations sont compliquées par ce qui se passe dans la région : désaccord continu entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan au sujet du Nagorny-Karabakh (et ses conséquences pour les relations entre la Russie et la Turquie), échanges répétés d'accusations entre la Russie et la Géorgie au sujet d'un présumé appui géorgien aux rebelles tchétchènes et d'un appui militaire russe à l'Ossétie du Sud et à l'Abkhazie, délivrance de passeports russes à des Abkhazes et circulation du rouble dans cette région, nouveaux accrochages depuis septembre 2001 entre forces irrégulières géorgiennes et forces abkhazes et, début 2002, déploiement d'une mission visant à former et à équiper des forces géorgiennes pour la recherche et la destruction d'éléments d'al-Qaïda dans les gorges de Pankisi, au nord de Tbilissi. Dans ce contexte, la stabilisation globale de la Géorgie et la consolidation de l'État géorgien restent problématiques.


(Source : Agence canadienne de développement international)

Voir aussi

[URL : 2468]