Economie hongroise : 10 ans de transition - Perspectives
2004-07-23

L'économie hongroise


10 ans de transition. Perspectives.



I. Economie



Au cours des premières années de la transition, la Hongrie a connu une régression de son PIB en volume qui a atteint son niveau le plus bas en 1993 avec une baisse cumulative de 20 % par rapport à 1989. Ce n'est qu'à partir de 1994 que la Hongrie a connu une reprise de la croissance fondée sur un fort développement des investissements étrangers conjugué à un essor des exportations des biens.

L'impact des mesures de stabilisation instaurées en mars 1995 (gel des dépenses publiques, des salaires et des importations, dévaluation du forint de 8 % + système à dévaluation crémaillèrere) s'est fait sentir dès 1995. Mais en même temps, elles provoquaient la baisse dramatique des salaires réels (15-18 %) et celle des retraites.

En 1997-1998 les résultats de ces mesures de stabilisation et des transformations de l'économie hongroise réalisées depuis le début de la transition ont commencé à se manifester. La croissance du PIB s'est fortement accélérée, atteignant 4,6 % en 1997 et 4,9 % en 1998. Cette reprise était tirée par le dynamisme des investissements (dont la croissance atteignait 12,7 % en 1998) et des exportations . Le processus de désinflation s'est poursuivie (14,4 % en 1998). En 1999 le PIB hongrois a atteint, en termes réels, son niveau de 1989, son taux de croissance était de 4,5.%. Ce taux était près du double de celui enregistré dans les pays de la zone euro.

La situation actuelle



- Après 10 années de transition, la Hongrie a abordé le nouveau millénaire avec une économie en pleine expansion et elle se situe dans le peloton de tête desfuturs membres de l'UE. Depuis 1997, la croissance du PIB dépasse en moyenne 4,7 %. Dans le même temps, le chômage a reculé pour s'établir à 6,2 % à la fin de l'année 2000 et, après avoir baissé de 18 points, l'inflation est inférieure à 10 %. Les réformes opérées durant la transition ont joué un rôle déterminant à cet égard. Grâce au durcissement progressif de la politique budgétaire, les équilibres intérieur et extérieur ont été rétablis. La privatisation de l'industrie et du secteur bancaire et l'application d'une législation favorable aux investissements a renforcé la position de la Hongrie comme destination privilégiée de l'investissement direct étranger et a préparé le terrain à une croissance soutenue.

- En 2000, dopée par la conjoncture internationale favorable, la croissance a enregistré une progression de 5 4 % (résultat provisoire). Le déficit budgétaire devrait être inférieur de 3,5 % du PIB. Le solde de la balance des paiements courantes serait autour de 4,5 % du PIB en 2000.

- En raison de la flambée des prix du pétrole, la baisse de l'inflation s'est ralentie (9,8 % en 2000). Parallèllement, le taux de chômage devrait baisser à 6,2 % cette année. En 2001 la consommation des ménages deviendra l'un des moteurs de l'expansion aux côtés de la forte croissance des investissements productifs et de la poussée continue des exportations, qui sont dopées à la fois par une demande vigoureuse dans l'UE et par une forte hausse de la production industrielle.

II. Les réformes structurelles réalisées durant la transition



- Réforme du système bancaire entamée déjà le 1er janvier 1987 (système à 2 niveaux : Banque Nationale de Hongrie et les banques commerciales). Les marchés financiers ont été réouverts en juin 1990, les premiers en Europe de l'Est.

- Privatisations : Une grande part de la réussite de la transition économique en Hongrie tient à la privatisation de la majeure partie du système productif, qui a joué un rôle essentiel dans le rétablissement rapide de l'économie de marché, de la modernisation du système productif et de l'afflux de capitaux finançant le déficit extérieur.

- Restructuration du secteur productif : les investissements directs ont contribué significativement à la restructuration des entreprises hongroises par la voie des transferts technologiques, et du savoir-faire. Donc ces entreprises étrangères à part majoritaires ou minoritaires ont aidé à l'insertion de l'économie hongroise dans l'économie mondiale créant de nouvelles branches d'industrie comme par.exemple : automobile, informatique, secteur électrique/ électronique, télécommunications.

- Réforme fiscale : Les 2 piliers : impôt sur le revenu (taux maximal : 40 %) et impôt sur les société (IS) qui est le plus bas en Europe : 18 % actuellement.

- Réforme sociale : La Hongrie était le premier parmi les PECO à avoir adopté le système à plusieurs piliers des retraites. (1er pilier : le système de répartition existant, 2ème pilier : un compte d'épargne tenu auprès de fonds de pension privés).

III. La politique économique du gouvernement de centre-droit



La politique économique du gouvernement hongrois repose sur les priorités suivantes :

- Programme anti-inflation : le gouvernement a adopté une série de mesures visant à limiter la hausse des prix. Différents niveaux d'administration contrôlent directement les prix suivants : chauffage central, électricité, gaz naturel, téléphone, transport longue distance de passagers et services postaux. L'administration centrale réglemente en outre le taux des subventions des produits pharmaceutiques.

- Politique monétaire : Depuis son introduction en mars 1995, le système de dévaluation à crémaillère (crawling peg) a permis aux gouvernements successifs et à la Banque Nationale de Hongrie de préserver la compétitivité de l'industrie et celle des produits à l'exportation, malgré un taux élevé d'inflation.

- Dans le passé les investissements directs se sont concentrés dans la capitale et nord ouest. La priorité sera dorénavant accordée aux investissements "ex nihilo" (green-field) aux régions de l'Est du pays.

- Bien que les multinationales étrangères ont modernisé une part importante de l'économie hongroise, il est impératif de revitaliser des PME-PMI nationales qui ne disposent pas des capitaux propres. Un programme pluriannuel a été élaboré par le Ministère de l'Economie (microcrédit).

- La Hongrie souffre d'un retard important dans les infrastructures, le transport. La construction des autoroutes dans le Sud et l'Est du pays est devenue une priorité.

Plan Széchenyi :



Le gouvernement de M. Orbán, premier ministre de Hongrie, a mis au point au printemps de 2000 un plan de soutien et de modernisation de l'économie. Le plan Széchenyi comporte sept points et devait mobiliser au total 300 milliards de forints (1,14 Mds Euros) en 2001-2002 :

- Construction des logements sociaux aux couches sociales les plus démunies.

- L'extension du réseau autoroutier avec la construction de 600 km d'autoroutes en 5 ans.

- Appui à l'innovation et aux Recherches et Développement.

- Appui aux PME-PMI hongroises, via le développement des technologies de l'information et un accès plus facile aux financements.

- Appui à la sous-traitance des PME vers les multinationales.

- Développement régional en créant de zones industrielles.

- Aide au tourisme.

III. Relations commerciales bilatérales



En 2000 la France était le cinquième partenaire commercial de la Hongrie après l'Allemagne, l'Autriche, l'Italie et la Russie. D'après les statistiques douanières françaises, le commerce bilatéral a connu un fort développement depuis le début de la transition de la Hongrie : les échanges commerciaux bilatéraux, alors qu'ils n'atteignaient que 4 Mds FF en 1992, ont dépassé 2,45 Mds d'Euros en 1999, soit une multiplication par 4 en sept ans. Les exportations françaises ont presque quadruplé dans la période de 1992 á 1998 et les importations ont doublé sur trois ans entre 1995-1998. La France a dégagé un excédent entre 1992 et 1998. L'année 1999 marque un tournant dans les relations commerciales bilatérales puisque la Hongrie a dégagé un excédent vis à vis de la France, renouvelé en 2000.