Biélorussie : Un chef de parti d'opposition poursuivi pour diffamation
2004-07-12

Le bureau du procureur général biélorusse a entamé le 1er mars 2004 une procédure pénale contre Anatoly Lebedko, chef du Parti Civique Uni, l'accusant de propos diffamatoires contre Aleksandr Loukashenko.

L'accusation repose sur les propos tenus par M. Lebebko durant des débats télévisés sur Russia's Rossiya et NTV television networks, respectivement les 21 et 22 février, affirme Yury Azaryonok, porte-parole du bureau du procureur général, à l'agence de presse BelaPAN. Selon lui, ces paroles portaient tous les éléments d'une offense punissable par l'article 367 al.2 du Code pénal biélorusse.

Selon l'alinéa 1 du même article, les personnes reconnues coupables d'insultes envers le chef de l'Etat lors d‚un discours public ou dans une publication sont passibles d'une amende et jusqu'à deux ans de travaux d'intérêt général ou d'emprisonnement, ou bien en liberté surveillée (c'est-à-dire une condamnation sans emprisonnement) durant quatre ans maximum.

L'alinéa 2 s'applique seulement à ceux qui ont déjà subi une condamnation pour des faits similaires. La peine d'emprisonnement peut aller jusqu'à cinq ans ou bien en liberté surveillé.

Puisque M. Lebedko ne dispose pas des enregistrements des émissions de TV incriminées, l'UCP a exprimé sa vive émotion quant à la charge de l'accusation.

Le chef du parti UCP a précisé dans une entrevue accordée à BelaPAN qu'il était prêt à répondre aux propos incriminés. « Mes paroles sont 100% authentiques et 0 % erronées », indique-t-il.

Devant les caméras, M. Lebedko faisait le lien entre la fin des livraisons de gaz par le gazoduc russo-biélorusse et l'échec de Minsk à bâtir une économie de marché et une industrie efficaces après une décennie où le prix du gaz était très élevé.
M. Lebedko ajoute également que le budget de l'Etat est complété, dans l'ombre, par la vente illégale d'armes incontrôlable par le Parlement et l'opinion publique.
Par ailleurs, il a évoqué brièvement les disparitions des chefs de l'opposition en 1999 et 2000.

Au moment où M. lebedko s'est exprimé auprès de BelaPAN, il ignorait lesquels de ses propos avaient suscité la colère du bureau du procureur général, mais il avait acquis la certitude qu'il s'agissait de manoeuvres politiques.

« Si l'affaire est portée devant un tribunal, ce serait le procès de la vérité et de la liberté en Biélorussie, et non pas seulement de Lebedko » affirme-t-il.
L'homme politique a été ordonné à comparaître jeudi devant l'inspecteur en charge de l'enquête.

M. Azaryonok annonce que la liberté du chef de l'UCP ne sera restreinte en aucune manière durant l'enquête préliminaire, parce qu'il ne constitue pas une menace pour la société.







(Agence de presse BelaPAN - 17 mars 2004. Traduit de l'anglais par Virginie Desandre pour le COLISEE)