Adjarie: 16 ,17 ,18 ,19 et 20 mars 1921
2008-04-02

Cinq journées lourdes pour l'histoire de la Géorgie.

Lors de la conférence de Brest-Litovsk en février et mars 1918, les représentants de Lénine et ceux de Mustapha Kémal avaient attribué les districts d'Ardahan, d'Artvin et de Batoumi à la Turquie, sans consultation de la Transcaucasie. La défaite allemande (donc turque) et l'intérêt éphémère de Londres pour la région changea un temps la donne. La présence de régiments britanniques à Batoumi prit fin le 9 juillet 1920. Une parade populaire, un défilé militaire de Sikhs britanniques et d'infanterie coloniale français redonnèrent à l'Adjarie un air de liberté.

Neuf mois plus tard l'Armée rouge déferlait sur Tiflis. Le Parlement, avec son président Nicolas Cheidzé, et le Gouvernement de la Ière République, avec son président Noé Jordania, se réfugiaient à Batoumi.

Le 16 mars, dans sa dernière séance, le Parlement donnait un mandat d'exil au gouvernement Jordania afin qu'il continue le combat contre l'envahisseur du Nord.

Le 17 mars, l'armée turque de Kyazim-Bey franchissait la frontière et faisait route vers Batoumi. Les éléments les plus proches de l'armée régulière géorgienne, sur l'initiative du général Mazniachvili, entreprennaient de contenir l'envahisseur du Sud, bannière tricolore rouge pourpre, blanche et noire au vent (1).

Le 18 mars, le gouvernement géorgien embarquait sur un navire, escorté par le vaisseau militaire français "Ernest Renan".

Le 19 mars, les combats s'intensifiaient.

Le 20 mars Kyazim-Bey demandait un cessez-le-feu et battait en retraite.

Grâce à l'action du général Mazniachvili, et selon les voeux de ses représentants conduits par Mamed-Beg Abachidzé (parent du futur leader de la région, Aslan Abachidzé), l'Adjarie musulmane restait géorgienne. Le traité de Lausanne qui suivit, et les différents accords et désaccords entre la nouvelle République turque et la Russie soviétique n'y changèrent rien.



Note

(1) La légende veut qu'Evguéni Guéguétchkori, et quelques autres de ses collégues ministres, aient fait libérer des "bolchéviques géorgiens" (emprisonnés pour tentative de coup d'Etat) contre une transaction : ils pourraient ralentir l'avancée de l'Armée rouge vers Batoumi et permettre à l'Armée géorgienne de combattre l'Armée ottomane.