Un centre européen de folklore à Budapest
2004-07-23

UN CENTRE EUROPÉEN DE FOLKLORE A BUDAPEST




Le

Centre européen pour la culture traditionnelle de l'Unesco

(ECTC) qui fonctionne à Budapest est, depuis deux ans, voué à la recherche sur les cultures populaires européennes et à l'organisation de rencontres internationales de chercheurs et de programmes culturels. En juillet, Budapest accueillera une conférence internationale axée sur le thème de la sauvegarde des cultures minoritaires dans l'Europe multiculturelle.

En Hongrie, pays où coexistent de nombreuses ethnies, il est possible de nos jours encore de répertorier les us et coutumes du mode de vie des petites communes rurales et des hameaux, ainsi que de l'agriculture et de l'élevage traditionnels, l'utilisation des outils et des instruments de l'exploitation campagnarde, enfin les fêtes et les rites. Les progrès n'ont pas évincé la danse, la musique et la chanson populaires qui jouent un rôle certain dans la vie quotidienne non seulement des Hongrois, mais aussi des autres ethnies vivant dans le pays. Dans la première moitié de ce siècle, la musique folklorique d'Europe de l'Est et des Balkans a été collectée par Béla Bartok (1881-1945), compositeur, pianiste et musicologue hongrois de renom mondial qui a noté et enregistré la musique populaire hongroise, slave du sud, roumaine et autre encore et s'en est inspiré dans ses compositions.

L'activité théorique et de collecte des ethnographes hongrois est reconnue dans les plus larges milieux savants internationaux. Les chercheurs du Musée ethnographique de Budapest, riche d'excellentes collections folkloriques et ceux des musées de province ont publié l'an dernier le cinquième tome d'une série intitulée Notre patrimoine d'art populaire dédiée à diverses régions au folklore spécial. La description savante de l'art des tisseuses et des brodeuses, des potiers et des sculpteurs sur bois, des bousilleurs et des charbonniers, ainsi que du savoir-faire d'autres métiers en voie de disparition sont partie intégrante du patrimoine culturel de l'humanité.

La création à Budapest du Centre européen pour la culture traditionnelle s'explique par la volonté de l'Unesco de sauvegarder les valeurs traditionnelles qui subsistent dans ce monde en danger de globalisation. L'ECTC a pour tâche d'étudier, de sauvegarder et de diffuser les cultures européennes. Ce Centre ouvert en été 1996 fut créé sur proposition hongroise sur le modèle du Nordic Institute of Folklore ayant fonctionné à Turku (Finlande), mais fermé l'an dernier. L'Unesco a mis 60 000 dollars et l'État hongrois, 5 millions de forints (au cours de l'époque environ 28 000 dollars) à sa création. Depuis son ouverture, le Centre de Budapest déploie un travail de vulgarisation des traditions de la région européenne, sous forme de publications. Il aide le travail de maintes institutions nationales et celui de chercheurs individuels étrangers et il tâche de donner des cadres institutionnels à la coopération internationale. Il a mis sur pied une base internationale informatisée de données comprenant des archives du folklore européen, des informations professionnelles, des données sur les festivals et des indications juridiques. En 1996, il a lancé un programme en vue de pérenniser l'art d'excellents chanteurs et versificateurs populaires - et aussi de défendre sur le plan juridique leur personne et leur art. Ayant pour titre Valeurs humaines vivantes, ce programme se poursuit de nos jours encore.

L'ECTC a pris sa place spéciale d'agent de liaison entre la sphère culturelle hongroise et le folklore international. Il appuie le Festival danubien, manifestation organisée depuis une trentaine d'années dans les villes et villages de Hongrie riverains du Danube. Ces festivals ont vu la participation d'ensembles de musiciens et de danseurs de plusieurs dizaines de pays proches et lointains dont l'inde et Taiwan. L'ECTC est l'un des organisateurs du Festival Csàngo devant avoir lieu cette année pour la huitième fois dans le but de populariser dans le cadre de rencontres estivales les traditions de musique, de danse et de chant folkloriques de toutes les minorités et groupes ethniques du bassin des Carpates. (Les Csângâ sont un groupe ethnique de quelques dizaines de milliers d'éleveurs vivant dans la partie nord-est de l'actuelle Roumanie, parlant un hongrois plutôt archaïque. Ils sont en voie de roumanisation.)

Le directeur hongrois de l'ECTC, Mihâly Hoppàl, ethnographe de renom international, étudie notamment la médecine et les croyances populaires, entre autres le chamanisme ancestral des Hongrois primitifs. Il est rédacteur des livres de langue anglaise Shamanism in Eurasia (1984) et Shanianisrn: Past and Present (1989). En hongrois, il a publié Tulipàn és szîv (Tulipe et coeur, 1990) sur les symboles amoureux hongrois.

Fin juillet, l'ECTC organisera à Jàszberény (Centre) une conférence internationale sur la sauvegarde des cultures minoritaires dans l'Europe multiculturelle de demain. Parmi les projets du Centre figure le resserrement des relations avec les instituts de folklore de Hongrie, de Roumanie, d'Estonie et de Pologne. Il aimerait aider, par ses propres expériences, à la création de nouveaux centres folkloriques un peu partout dans le monde. Le Centre de Budapest entend propager les chansons, les musiques et les contes populaires sur cassettes sonores et vidéo. Cela est conforme à la volonté de l'Unesco de sauvegarder les traditions orales. Prochainement, le Centre de Budapest se propose de lancer un programme télévisuel intitulé Magazine de folklore d'Europe centrale.


Extrait du bulletin hebdomadaire N°27 du 3 juillet 1998 de l'Agence télégraphique hongroise

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