La liberté de la presse en Hongrie
2004-03-29

LA LIBERTE DE LA PRESSE EN HONGRIE




La liberté de presse s'est améliorée ces dernières années dans les mass médias, selon une enquête de l'année 1998 effectuée par l'institut de sondage et de marketing Median sur demande du Club de la transparence, bien que selon l'opinion de la population, il n'y ait toujours pas une liberté de presse totale en Hongrie. Lors d'une enquête professionnelle représentative effectuée en 1997 par la Section hongroise de l'Association européenne des journalistes (A.E.J.), l'Association nationale des journalistes hongrois (MUOSZ) et Open Society Institute des Etats-Unis, près de 75 % des journalistes ont estimé que de nos jours, la liberté de presse ne s'affirme que partiellement.

Les spécialistes hongrois définissent la liberté de presse comme un droit dont un critère fondamental est l'accession libre aux données importantes d'intérêt public. Les auteurs - Krisztina Kovâcs et Gabriella Cseh - d'un article paru dans le n0 3/1997 de Tarsadalmi Szemle (Revue sociale), font observer que le système de droit limite, tant dans les Etats-Unis que dans les pays de l'Union européenne et en Hongrie, l'accession libre à l'information, surtout en ce qui concerne les secrets d'Etat, la défense et la sécurité nationale, tout comme d'autres domaines.

En même temps, le modèle médiatique d'un Etat démocratique est lui aussi démocratique, c'est dire qu'il met l'accent sur l'accession aux informations civiles, sur la responsabilité -avec conséquences juridiques- des moyens de mass média pour les informations publiées par eux et sur la suppression du contrôle bureaucratique ou celui du propriétaire.

Comparée avec d'autres valeurs, la liberté de presse et la transparence dans la presse ont été classées à la dernière place parmi neuf valeurs de base, selon la première enquête effectuée en la matière à la fin des années 80. Les citoyens interrogés encore une fois cette année considèrent toujours plus importantes la sécurité sociale et les valeurs matérielles par rapport aux libertés, affirme le quotidien MagyarNemzet dans son n° du 27 juillet 1998.

Deux enquêtes ont mis au jour les changements survenus dans les opinions des gens aux cours des années du changement de système politique. Une enquête a été effectuée sur demande du Club de la transparence en 1992 et en 1998. En 1992, la problématique de la liberté de presse a intéressé la moitié de la population adulte et, selon les données de cette année, elle n'intéresse qu'environ un tiers de la population. La proportion de ceux accordant une attention poussée à cette question a baissé de 12 à 5 % Vingt-cinq pour cent des personnes interrogées ne s'y intéressent pas et 40 % d'entre elles, peu seulement. Qui plus est, la majorité des personnes interrogées pensent que cette question n'est pas importante pour d'autres non plus. En 1992, seule 35 % de la population avait l'opinion que la liberté de presse était complète, tandis que de nos jours, cette proportion est de 40 %.

En 1997, selon l'avis de 55 % des personnes interrogées, la liberté de presse est violée surtout à propos des questions concernant les partis politiques. Quant aux autres sujets, les questions financières et économiques concernant la population, la corruption et la criminalité en général ainsi que les affaires confuses de certains hommes politiques figurent sur la liste des sujets considérés comme tabous par la population. Selon plusieurs citoyens, on ne peut même pas savoir quels sont les tabous, car on n'a nulle information précisant ce qui est interdit. En même temps, la plus grande partie des gens ne considèrent pas la transparence de la presse suffisamment développée. Selon onze pour cent des personnes interrogées, toutes les tendances sociales importantes n'apparaissent pas dans la presse d'aujourd'hui.

En 1992, une enquête du Club de la transparence a sondé l'opinion des journalistes. A cette date-là, la liberté de la presse s'est affirmée sans aucune limitation pour presque un journaliste sur deux. En 1997 par contre, elle ne s'est affirmée que partiellement selon 75 %. (L'enquête la plus récente a été effectuée sur commande des organisations de presse.)

Selon les journalistes, les plus importants sujets de tabou sont actuellement la corruption, surtout les liaisons de nature politique et économique, ainsi que n'importe quoi qui viole les intérêts du propriétaire du média en question. Parmi les sujets délicats se trouve ensuite la question des Tsiganes. Selon les analystes, les opinions des journalistes concernant les tabous coïncident avec celles de la population. En même temps, selon 44 % des journalistes, il y a beaucoup de gens dans la société hongroise dont la voix n'est représentée par personne dans la presse. Selon un journaliste sur deux, trop d'informations non fiables sont publiées dans la presse. En général, le jugement sur le monde des médias, prononcé par la profession et s'appuyant sur des expériences, est beaucoup plus sévère que celui des lecteurs.

L'opinion des citoyens est naturellement diversifiée. Ceux qui s'informent simultanément de plusieurs sources - la télévision, la radio et les journaux - sont plus contents de la précision des informations obtenues. D'un autre côté, il s'est avéré que les lecteurs des journaux conservateurs sont en général plus critiques en ce qui concerne la précision et l'authenticité des mass médias.

Extrait du bulletin hebdomadaire n° 35 du 28 août 1998 de l'Agence télégraphique hongroise

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