Géorgie : défense nationale (avril 2004)
2013-12-08

Fin du "Georgian Training and Equipment Program" américain en avril 2004.

Le Président Chevardnadzé avait fait de la Géorgie un partenaire de l'OTAN, comme "associé pour la paix" ; les Américains, les Britanniques, les Allemands et les Français avaient aidé à la professionnalisation de l'armée géorgienne. Le Président Saakachvili souhaite voir la Géorgie intégrer l'OTAN le plus rapidement possible, comme "membre à part entière".

Les Etats-Unis.


L'aide américaine à l'armée géorgienne fut initiée en mai 2002. Elle consistait en un plan de deux années pour la formation et l'équipement de 2000 officiers et soldats.

Furent formés
- les officiers supérieurs du Centre de Commandement,
- le bataillon commando de la 11éme brigade,
- le 16éme bataillon de montagne de la garde nationale,
- un bataillon commando des forces spéciales "Kojori",
- le 111éme battaillon d'infanterie légère,
- un bataillon d'infanterie mécanisée (chars T-72 et transports de troupes BMP-1).

Un premier contingent de 70 hommes a déjà servi en Irak et est rentré en Géorgie en mars 2004. Un deuxième contingent de 159 hommes est parti pour 6 mois en avril.

La Grande-Bretagne

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Avec l'aide des Britanniques (British Military Advisory Training Team), 50 instructeurs militaires géorgiens ont été formés; ils devraient former à leur tour 2500 hommes, et rapprocher les pratiques militaires géorgiennes de celles de l'OTAN.

L'Allemagne

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Les Allemands ont accueilli par deux fois les contingents géorgiens destinés au Kosovo pour une préparation à l'intégration aux forces de l'OTAN ; un premier contingent y a déjà servi, un deuxième contingent de 148 hommes est parti en avril 2004.

La France.


En 2002 et 2003, la France a accueilli ponctuellement des officiers supérieurs et des officiers subalternes à l'Ecole de Guerre, dans les Ecoles d'Application et à l'Ecole de Gendarmerie de Melun. La langue limite ce type d'expérience.

La Russie.


Des récentes discussions à Moscou entre ministres de la défense russe et géorgien, il ressort que la Russie ne serait pas opposée à former des officiers géorgiens.

L'armée géorgienne.


Forte d'environ 20 000 hommes, l'armée géorgienne est une armée à deux vitesses. Les régiments formés aux écoles étrangères -des professionnels- sont relativement bien équipés et bien payés (solde mensuelle de 200 à 300 dollars par mois pour un soldat, soit 3 à 5 fois le revenu moyen géorgien). Les autres régiments -professionnels et appelés- sont mal équipés et mal payés, les mouvements sociaux s'y sont multipliés.

Le Président Saakachvili cherche à accélérer le rapprochement des pratiques de l'armée géorgienne des normes de l'OTAN. Il souhaiterait voir la Géorgie passer du statut "d'associé pour la paix" à celui de "membre à part entière". Les équipements en hélicoptères, en chars, en chars et en vaisseaux militaires devraient se compléter.

Il convient de rappeler que l'armée russe est présente sur le territoire géorgien dans les bases d' Akhalkalaki et de Batoumi (2 à 3000 hommes), et que leur évacuation fait l'objet d'un litige sur le délai (3 ans pour la Géorgie, 10 ans pour la Russie). Elle est présente également comme "force de paix CEI" dans l'ex-République Autonome d'Ossétie du Sud en sécession et dans la République Autonome d'Abkhazie également en sécession.

Des groupes para-militaires existent en Ossétie du Sud et en Abkhazie, ainsi qu'en Adjarie. Pour cette dernière république autonome, ils sont estimés à 1500 hommes et équipés de 2 à 300 armes de guerre, de quelques chars T-72 et de quelques hélicoptères.

Si le nouveau ministre de la défense de la Géorgie, Guéla Bejouachvili, est un civil, il fut formé durant plusieurs mois dans une académie militaire américaine. Fin avril 2004, il rencontre Donald Rumsfeld à New York afin en particulier d'étudier quelle suite sera donnée au "Georgian Training and Equipment Program" qui se termine. Il est probable que l'aide américaine continuera sous la forme d'envoi de "vétérans", instructeurs militaires et conseillers à l'organisation.

De toute façon Mikhaïl Saakachvili est décidé à brûler les étapes et souhaiterait voir la Géorgie intégrer l'OTAN d'ici deux à trois années, c'est-à-dire beaucoup plus rapidement que, par exemple, les Pays Baltes ne l'ont fait.