Géorgie : "Que l'héritage du gouvernement précédent ne devienne pas une excuse" (mai 2004)
2012-11-14

Le 26 mai 2004 est jour de fête nationale en Géorgie. Quatorze ans auparavant, Zviad Gamsakhourdia rassemblait autour de lui tous les leaders de l'opposition qui remportèrent les premières élections législatives devant le parti communiste. Victoire historique s'il en est. A l'époque soviétique, personne n'espérait une proclamation d'indépendance le 9 avril 1991. C'est pourtant à cette date que Zviad Gamsakhourdia déclarait l'indépendance et restaurait la Constitution de la Première République de 1918. La Géorgie désorientée d'Edouard Chevardnadzé n'est pas parvenue à entamer les réformes démocratiques promises au moment de son arrivée au pouvoir.

Aujourd'hui le jeune président Saakachvili sait combien il sera délicat de lancer la Géorgie sur les bons rails tant l'héritage est lourd. Mais cet héritage ne devra jamais devenir une excuse pour les erreurs à venir. Toute la Géorgie, fatiguée par une décennie de crises politiques et économiques, compte sur le nouveau gouvernement pour respecter les engagements et promesses dont les discours de novembre dernier étaient cousus. Bien sûr, l'appui que le gouvernement reçoit des Etats-Unis et de l'Europe laisse croire en la fiabilité du pouvoir issu de la révolution de novembre. Corruption, chômage, pauvreté, crise avec l'Adjarie ... La Géorgie se sent moins seule pour faire face aux difficultés qui se présentent. Ces soutiens permettent de renforcer les liens au sein de la societé et d'encourager chaque personne à prendre les mesures nécessaires pour changer sa vie.

La situation est complexe, douloureuse pour la Géorgie qui doit apprendre à vivre dans la réalité d'un monde où les faibles n'ont que trop peu de voix au chapitre.

Avtandil Otinachvil, fondateur et directeur de "La Vie en Géorgie", mai 2004.