Le 50ème anniversaire du patriarcat de l'Église orthodoxe bulgare
2004-05-29

L'Église orthodoxe bulgare a commémoré, du 9 au 12 mai 2003, le 50e anniversaire de la création du patriarcat de Bulgarie. Les cérémonies, présidées par le patriarche Maxime, se sont déroulées en présence de nombreuses délégations des autres Églises orthodoxes territoriales et des plus hautes autorités de l'État. Fondée au 9e siècle par des missionnaires venus de Byzance, l'Église bulgare eut un destin mouvementé. Son indépendance ecclésiale dans le cadre de l'archevêché d'Ohrid, fut supprimée par la conquête byzantine au 10e siècle, rétablie avec la création du patriarcat de Trnovo (1204-1393), puis supprimée à nouveau sous le régime ottoman pour être finalement reconnue en 1945, après une longue période de crise ouverte avec le patriarcat œcuménique, après qu'elle eut proclamé son autocéphalie de manière unilatérale en 1870. Le patriarcat a été rétabli le 10 mai 1953 avec l'élection du métropolite Cyrille de Sofia, auquel a succédé à sa mort, en 1971, l'actuel patriarche Maxime, aujourd'hui âgé de 89 ans.
Les cérémonies ont été ouvertes par une séance académique solennelle, le 9 mai, dans la salle des actes de la Faculté de théologie de l'Université de Sofia, sous la présidence du patriarche Maxime, entouré du patriarche Pierre VII d'Alexandrie, primat de l'Église orthodoxe en Afrique, et du patriarche Paul Ier, primat de l'Église orthodoxe serbe. Après les allocutions de bienvenue du patriarche Maxime et de Ivan Jelev, directeur du Département des Affaires étrangères auprès du Conseil des Ministres, le métropolite Néophyte de Ruse, a présenté une communication sur « Le patriarcat bulgare, fondement de la sainteté et de la spiritualité en Bulgarie », puis le professeur Totiu Koev, de la faculté de théologie de Sofia, a fait une communication sur « L'œuvre dogmatique du concile de Sardique (ancien nom de Sofia) ».

Le lendemain, les trois patriarche ont présidé ensemble une liturgie eucharistique dans l'ancienne cathédrale patriarcale Sainte-Cyriaque, à Sofia. Ils étaient entourés des représentants de la plupart des Églises orthodoxes territoriales. Assistaient également à la célébration le Premier ministre bulgare, l'ex-roi Siméon de Saxe Cobourg-Gotha, et le président de l'Assemblée nationale, Ognian Gerdjkov.
Dans son message officiel, le Saint Synode a appelé à l'unité l'Église orthodoxe bulgare, offrant son pardon aux dissidents : « Certains, après avoir pris conscience de leur faute, sont revenus dans la maison de leur Père et se félicitent aujourd'hui d'avoir renoué avec la plénitude de la vie ecclésiale. Quant à ceux qui persistent dans l'erreur, nous sommes tristes pour eux. Néanmoins, notre sainte Église, telle une mère compatissante et pleine d'amour, laisse les portes de son sanctuaire grandes ouvertes, et avec amour et patience, elle attend que, par la force du repentir et de l'humilité, ils regagnent le troupeau du Christ qui est le seul havre du salut ».

(SOP, 06/2003), cité par AED