Bulgarie : analyse des élections municipales de l'automne 2003
2012-02-07

Le malaise profond, qui caractérise les élites politiques depuis quelques années, voilé par l'arrivée de Siméon de Saxe-Coburg en 2001, s'est de nouveau pleinement manifesté lors des dernières élections locales de l'automne 2003.

L'Union des forces démocratiques (SDS) a pu constater qu'elle reste toujours le plus grand parti de droite. Toutefois, elle est parvenue à ce résultat grâce à un nombre d'électeurs comparable à celui de la défaite écrasante en 2001 lorsque son soutien électoral avait chuté de 52 % (1997) à 18 % (1). L'union de ce parti avec les groupuscules de droite s'est révélée essentiel lors du second tour.

Cependant, une telle union a nécessité un difficile rapprochement avec d'anciens cadres autrefois condamnés, ce qui sape d'autant le discours officiel défini depuis 2001 et basé sur le renouvellement du parti et l'introduction de nouveaux principes de lutte contre la corruption.

Quant au Parti socialiste (BSP), qui était entré dans ces élections avec l'ambition de légitimer ses aspirations à gouverner le pays dans un avenir proche, il en est sorti avec des aspirations bien moins importantes. N'ayant pu rassembler un nombre de votes significativement supérieur aux résultats modestes en 2001, le PSB a du se rendre compte que malgré sa plus forte performance électorale et une meilleure consolidation partisane que la droite, il lui reste des problèmes à résoudre (son hétérogénéité interne et sa forte décentralisation locale) dans une très courte période avant les prochaines élections parlementaires en 2005.

Contrairement à ses homologues politiques, le Mouvement pour des Droits et des Libertés (DPS) a fait un sérieux pas en avant, en augmentant de 65 % le nombre de ses conseillers municipaux par rapport aux dernières élections municipales de 1999, et en gagnant ainsi 22 % des mairies. Ce succès est le résultat d'une politique soigneusement menée au niveau local et contrôlée par une structure partisane nationale très centralisée, voire autoritaire.

En dépit des affirmations de ses dirigeants ce parti reste perçu par les populations non turques comme le représentant de cette minorité. De plus, la rhétorique d'intégration qu'il véhicule laisse sur le bord de la route la communauté Rom, forte de 8 à 10 % de la population et comparable en nombre à la minorité turque.

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(1) Au premier tour des élections municipales moins de 800.000 électeurs sur un électorat potentiel de plus de six millions d'électeurs ont voté pour les candidats du SDS, un nombre comparable à celui des élections parlementaires en 2001.

Extraits de l'étude d'Ivaylo Petev, Ecole doctorale de Sciences-Po, « Le tropisme électoral bulgare »- Fondation Robert Schuman, Synthèse n° 114