Histoire de l'Abkhazie, des origines jusqu'à la chute de l'URSS (mai 2004)
2012-02-03

Le plus ancien témoignage archéologique de l'installation humaine dans le Caucase occidental remonte à environ 4000-3000 avant Jésus-Christ. Les nationalistes abkhazes modernes appellent ces anciennes tribus des « proto Abkhazes » et ont découvert que ces tribus « ont vécu au bord de la mer Noire, à l'endroit qui correspond approximativement au territoire actuel de la république de l'Abkhazie » d'après l'ancien texte publié chez Wikipedia. Au cours du premier millénaire avant JC (du 9ème au 6ème siècles) le territoire de l'Abkhazie actuelle constituait une partie du royaume antique de la Colchide (Kolkha) qui fût plus tard absorbée (en 63 avant JC) par le royaume des Egrisi. Les commerçants grecs ont fondé des ports tout au long de la ligne de rivage de la mer Noire, dont une ville appelée Dioscurias, qui est par la suite devenue l'actuelle Soukhoumi, la capitale traditionnelle de l'Abkhazie.

L'Empire romain a conquis le royaume des Egrisi au cours du premier siècle après JC et l'a gouverné jusqu'au IVème siècle, période où ce royaume a regagné une partie de son indépendance, mais est resté dans la sphère d'influence de l'Empire byzantin.

Les Abkhazes ont été convertis au christianisme lors du règne de l'empereur byzantin Justinien I, au milieu du sixième siècle. L'Abkhazie est devenue une principauté autonome de l'Empire byzantin au VIIème siècle, statut qu'elle a conservé jusqu'au IXème siècle, lorsqu'elle a été unifiée avec le royaume géorgien de l'Imeretie. En fait, pendant cette période, l'indépendance de la principauté Abkhaze vis-à-vis de Constantinople, selon le souvenir qu'en gardent les Abkhazes, s'est affaiblie. Il est certain que l'autorité byzantine déclinait à mesure que l'on quittait les villes et que l'on pénétrait dans les montagnes.

Au cours du XVIème siècle, la région a été conquise par l'Empire ottoman, et durant cette période, les Abkhazes se sont partiellement convertis à l'Islam.

Les Ottomans ont été poussés dehors par les Géorgiens, qui ont établi une principauté autonome d'Abkhazie (Abkhazetis Samtavro, en géorgien), gouvernée par la dynastie des Charvachidzé.

La progression de l'Empire russe dans le Caucase a donné lieu à des combats féroces entre les envahisseurs russes et les autres peuples caucasiens. La Géorgie, qui avait fait appel à la protection russe en 1783 (traité de Giorgiewsk) afin de faire face à la pression ottomane et à la pression persane, est finalement annexée par la Russie en 1801. Cette dernière s'empare progressivement de l'Abkhazie entre 1829 et 1842, mais son pouvoir n'a été fermement établi qu'après 1864. Un grand nombre d'Abkhazes musulmans, au moins 60 % de la population abkhaze - bien que les opérations de recensement de l'époque ne soient pas très dignes de confiance - ont émigré vers l'Empire ottoman entre 1864 et 1878 à cause de l'oppression des musulmans par les Russes. La mythologie abkhaze moderne insiste sur le fait que de grandes parties de la région ont été laissées inhabitées, et que beaucoup d'Arméniens, de Géorgiens et de Russes (tous chrétiens) ont alors migré en Abkhazie, occupant une grande partie du territoire abandonné. C'est ainsi qu'on explique que les Abkhazes sont devenus une petite minorité dans la région. L'Encyclopedia Britannica rapporte en 1911, que dans la ville principale, Sukhum-Kaleh (à l'époque la population comptait 43.000 habitants), deux-tiers des habitants étaient Mingréliens et un tiers Abkhazes.

Lors de la prise de pouvoir par les Bolcheviques, suite à la révolution russe, l'Abkhazie s'est vue accorder un certain degré d'autonomie culturelle et politique, jusqu'au moment où Staline, en 1931, en a fait une république autonome dans le cadre de la Géorgie soviétique. Malgré ce statut, il y eu peu d'autonomie réelle et une politique de la « géorgianisation » a été imposée par la force. Le Géorgien est devenue la langue officielle, la langue abkhaze a été interdite, et les droits culturels ont été réprimés, alors que des milliers d'Abkhazes ont été tués pendant les purges staliniennes. Beaucoup de Géorgiens ont été également réinstallés dans la région. La répression soviétique s'est atténuée après la mort de Staline, et les Abkhazes se sont vu confier un rôle beaucoup plus important dans le gouvernement de la république autonome.

Lévan Guiguineichvili, (Université Harvard), « Narrations du conflit en Abkhazie et en Géorgie », avril 2003. Point de vue d'un historien. Traduit de l'anglais par Nataliya Shchukina.