Présentation générale de la vie associative en Géorgie (2003)
2013-02-05

Présentation générale


Associations et vie politique en Géorgie



Il existe environ 2000 associations officiellement enregistrées en Géorgie, bien que seulement une douzaine d'entre elles tiennent le haut du pavé sur la scène politique. Leurs membres sont généralement recrutés dans l'élite sociale de la nation. Aussi leur positionnement politique est-il souvent regardé avec soupçon par le grand public.

Etablies à la fin des années 1980, les premières associations étaient au départ des forums pour dissidents politiques se battant pour préserver la culture de la république soviétique d'Arménie. Leurs membres étaient des intellectuels qui n'avaient aucun lien avec la nomenklatura des Komsomol (jeunes communistes) et qui soutenaient passivement le mouvement nationaliste en Géorgie. Financées par le Gouvernement, les premières associations n'étaient guère plus que l'extension idéologique des Unions des Peintres, des Ecrivains, des Compositeurs et des Acteurs. Ces instances existent encore, mais ont été lentes à s'adapter au nouveau climat politique et dépendent largement des subsides de l'Etat. Entre 1996 et 1997, le nombre d'associations s'est accru d'une manière notable sous le parrainage du président du Parlement, Zourab Zvania, dirigeant du Parti de l'Union des Citoyens au pouvoir, qui regardait ce " Tiers-Etat " comme un allié potentiel et comme un " ratisseur de voix ". En retour, ces associations ont généralement apporté leur soutien à Zvania, en partie à cause de son combat contre l'ancienne nomenklatura communiste de son propre parti. Mais comme les dernières élections parlementaires d'Octobre approchaient, il est peut-être plus pertinent de suggérer que la communauté associative était davantage opposée à la perspective de voir arriver au pouvoir le bloc géorgien de la Renaissance, pro-russe, d'Aslan Abashidze qu'ils n'étaient, d'une manière active, en faveur du maintien au pouvoir du gouvernement sortant.

Trois unions d'associations ont été créées à la veille des élections : un Congrès des ONG, un Conseil de coordination et une Alliance géorgienne unie. Bien que la majorité des associations aient été lentes à influencer l'opinion publique, beaucoup d'entre elles ont réussi à faire entendre leur voix. Citons en particulier : l'Association des jeunes juristes, l'Institut Caucasien pour la paix, la démocratie et le développement (CIPDD), l'Institut pour la liberté, les Anciens prisonniers politiques pour les droits de l'Homme, the International Centre international pour le développement civique, Elections libres, la Ligue de protection constitutionnelle, le 24ème article de la Constitution et le Centre de recherche stratégique. Les associations ont aussi joué un rôle actif dans le règlement des conflits ethniques.
Le Tiers secteur et la religion ne semblent pas s'exclure mutuellement en Géorgie. Beaucoup de groupes religieux sont déjà officiellement enregistrés en tant qu'associations, bien qu'on observe une tendance à écarter les Témoins de Jéhovah de la communauté associative, sous le motif qu'ils enfreignent les lois civiles. Par ailleurs, l'Eglise orthodoxe a lancé sa propre Maison d'enfants à Dzegvi, près de Tbilissi, où les enfants sans foyer reçoivent un toit et une éducation. Cet établissement est considéré comme un des projets humanitaires les plus réussis de Georgie.



(Sozar Subeliani, éditorialiste du journal géorgien Kavkasioni - décembre 1999)