Les Azéris de Géorgie : quelles perspectives d'intégration ? (2004)
2013-02-05

En l'absence de conflits ouverts ou de revendications séparatistes, la communauté azérie de Géorgie est peu étudiée. Pourtant, forte de 370.000 habitants, elle constitue l'une des principales minorités ethniques, après les Russes et les Arméniens. Les Azéris jouent un rôle d'autant plus grand qu'ils sont fortement implantés dans une région stratégique qui leur permet de contrôler les axes et les tubes traversant la Géorgie vers l'Arménie. Alors que la Géorgie indépendante tente de se construire sur le modèle de l'Etat-Nation, les minorités sont confrontées à une nouvelle donne et n'ont d'autres choix que l'intégration. Même si la législation en vigeur se veut protectrice de leurs droits, les politiques mises en œuvre sont impuissantes à lutter contre une marginalisation grandissante, dont témoignent les indicateurs démographiques et sociaux. La persistance du problème linguistique, la sous-représentation dans les instances du pouvoir, des comportements politiques particuliers sont autant de signes de la difficulté des Azéris à devenir des citoyens à part entière de la République géorgienne. En l'état, ils préfèrent se placer sous la protection de l'Azerbaïdjan pour promouvoir leurs revendications, au risque d'alimenter la méfiance dont ils sont déjà l'objet.

(Résumé d'un article de Silvia SERRANO « Les Azéris de Géorgie: Quelles perspectives d'intégration ? ». Cahiers d'Études sur la Méditerranée Orientale
et le monde Turco-Iranien (CEMOTI) n° 28, "Turquie-Israël : un siècle d'histoire partagée"
- [URL : http://cemoti.revues.org/document600.html]