Moldavie : la presse de Transnistrie est étouffée (juin 2004)
2011-12-06

En république autoproclamée de Transnistrie, le président autoritaire Igor Smirnov contrôle la majeure partie de la presse écrite et audiovisuelle, et la totalité de l'impression des journaux

La presse officielle publie essentiellement des articles favorables au pouvoir et tous les médias sont contraints à l'autocensure. Malgré un accord passé en 2001 entre Chisinau et Tiraspol (capitale de la Transnistrie), les journaux moldaves n'étaient toujours pas accessibles en Transnistrie en 2003. Pendant l'année, les autorités de cette république ont interdit la publication d'articles "antitransnistriens" et fermé un des rares journaux d'opposition, Glas Naroda. La naissance de la radio privée 107.7 FM en 2003 a cependant cassé le monopole de la radio d'Etat, Radio Pridnestrovie.

Les pressions et entraves suivantes ont été observées au cours de l'année 2003 :

Le 28 janvier, la maison d'édition d'Etat Poligrafist menace d'annuler le contrat de l'hebdomadaire russophone de Transnistrie Novaya Gazeta si le journal ne change pas son format, ses couleurs, son volume et le contenu de certains de ses articles. Novaya Gazeta est connu pour ne pas ménager ses critiques contre le gouvernement de Transnistrie.

Le 27 février, le Soviet suprême de la Défense de Transnistrie approuve une résolution stipulant que le ministère de l'Information et des Télécommunications ainsi que le ministère de la Sécurité intérieure ne doivent pas tolérer la publication ou la reproduction d'articles "antitransnistriens".

Le 11 avril, une nouvelle loi sur la presse est promulguée en Transnistrie. Cette loi impose aux journaux, lorsqu'ils déposent leur demande d'enregistrement auprès des autorités, de déclarer le nombre d'exemplaires imprimés et le nombre de pages de chaque publication. En cas de non-respect de ces données, un journal peut être fermé.

Le 23 mai, l'hebdomadaire indépendant de Transdniestrie, Novaya Gazeta, est condamné par une cour municipale à payer une amende de 4.000 euros pour diffamation à l'encontre de Vadim Barabin, ancien membre du parti russe Edinstvo (Unité) du président Vladimir Poutine. Ce dernier avait porté plainte contre le journal suite à la publication, le 31 mai 2001, d'un article qui mentionnait son exclusion du parti pour conduite immorale. Fin juin, la Cour suprême casse ce verdict en faveur de Novaya Gazeta. Le journal est connu pour critiquer les autorités de Transnistrie.

En juillet, l'hebdomadaire d'opposition Glas Naroda, fondé par le mouvement populaire patriotique "Le pouvoir au peuple ! Pour l'égalité sociale !", cesse définitivement de paraître. Le 12 juin, la Cour suprême de Transdniestrie avait interdit l'activité du mouvement parce qu'il mènerait des "actions contraires à l'ordre constitutionnel". À partir du 1er mai, la poste de Transdniestrie avait refusé de distribuer l'hebdomadaire, prétextant que son contrat aurait dû être renouvelé après le 20 février, date de l'arrivée d'un nouveau responsable dans l'équipe dirigeante de la poste. Depuis deux ans, le journal était publié en Moldavie et non en Transnistrie en raison des pressions des autorités.

Extraits du Rapport annuel sur la liberté de la presse 2004 de Reporters sans frontières [URL : http://www.rsf.fr/article.php3?id_article=9885]
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