Les élections locales en Roumanie tournent au désavantage de l'équipe au pouvoir (juin 2004)
2012-02-13

Les Roumains ont voté le 6 juin 2004 pour le premier tour des élections municipales. La mairie de Bucarest représentait l'enjeu majeur de ce scrutin, à moins de six mois des législatives et de la présidentielle. Quelque 17,9 millions d'électeurs étaient attendus aux urnes. Ils devaient choisir parmi plus de 400.000 candidats représentant 45 partis politiques ou formations des minorités ethniques pour occuper 3138 postes de maires et 41.000 sièges de conseillers.

Les deux formations d'opposition, constituant l'Alliance Justice et vérité, ont largement remporté ces élections, auxquelles ont participé la moitié des Roumains.

Traian Basescu (Parti démocrate) a été brillamment réélu au premier tour à la tête de la mairie de Bucarest, recueillant 54,9 % des suffrages, contre 29,7 % à son principal adversaire qui n'était autre que Mircea Geoana, le très populaire ministre des Affaires étrangères qui avait démissionné de ses fonctions pour ce scrutin. Le Parti démocrate a également obtenu la majorité au Conseil municipal de la ville avec 51,2 % des voix, contre 31,1 % au Parti social-démocrate et 6,4 % au Parti de la grande Roumanie.

A Cluj, dans la quatrième ville du pays, Emil Bloc a créé la surprise en éliminant dès le premier tour le nationaliste Gheorghe Funar (PRM), premier magistrat de la ville depuis douze ans. Au deuxième tour, Emil Bloc s'est imposé devant le ministre de l'Intérieur, Ioan Rus (PSD), qui lui aussi avait renoncé à ses fonctions au sein du gouvernement pour se présenter à ces élections locales.

L'opposition a remporté les villes de Arad, Oreada, Brasov, Suceava et Piatra-Neamt tandis que le Parti au pouvoir s'imposait à Constanta (dès le premier tour), Iasi, Focsani, Ploiesti, Pitesti et Galati. Le Parti national libéral (PNL) et le Parti démocrate (PD) ont recueilli 43,60 % des suffrages et remporté 650 mandats de maires, contre 42,74 % mais un plus grand nombre de mandats (799), en raison du grand nombre de mandats ruraux, pour le Parti social démocrate et 2,5 % au Parti de la grande Roumanie (121 mandats). L'opposition remporte dix-neuf chefs-lieux départementaux, soit treize de moins que lors des précédentes élections locales de 2000.

Ces élections locales ont confirmé l'ancrage territorial des principales forces politiques. Le Parti social-démocrate reste bien implanté dans les campagnes, où vivent 45 % des Roumains ainsi qu'à l'Est du pays, en Moldavie, en Dobrodja et en Olténie. L'opposition est dominante dans la capitale Bucarest comme dans la plupart des grandes villes.

Corinne Deloy/Fondation Robert Schuman