Panorama des institutions culturelles en Arménie (2003)
2013-02-05

L'Arménie possède un riche patrimoine culturel et un réseau culturel dense. Le secteur culturel a été durement touché par les problèmes socioéconomiques qu'a connus le pays au cours des dix dernières années.

L'absence de cadre législatif constitue une difficulté majeure. Un projet de loi sur les principes fondamentaux de la législation culturelle dans la République d'Arménie a été soumis au Gouvernement pour examen. D'autres projets de loi en cours d'élaboration portent sur :
- Les musées et leurs collections;
- Les bibliothèques et les questions de bibliothéconomie;
- L'aide de l'État au cinéma;
- Les biens culturels (importation et exportation) (nouvelle version mise à jour de la loi de 1994).

Théâtre



Vingt et un théâtres étaient en activité en Arménie en 1998. On estime à 4.251 le nombre de spectacles organisés chaque année et à 487 000 celui de leurs spectateurs. Outre les théâtres de langue arménienne, le théâtre dramatique russe Stanislavsky jouit d'une grande popularité.

Il y a deux catégories de spectacles en Arménie: ceux qui sont financés par l'État (à l'échelon national, régional et au niveau des districts), et les spectacles privés. Le Ministère de la culture, de la jeunesse et des sports gère 13 théâtres d'État et un cirque national.

Le théâtre en Arménie traverse une phase difficile dans le contexte socioéconomique actuel, et les bâtiments eux-mêmes sont dans un triste état. Jusqu'à une date récente, pratiquement aucun spectacle n'avait lieu en hiver, l'absence de chauffage obligeant les théâtres à fermer pendant quatre ou cinq mois. À cela s'ajoute le fait que la plupart des gens ne disposent pas de suffisamment d'argent pour aller au théâtre.

Un projet de loi sur l'octroi d'une aide sociale et économique aux théâtres arméniens est actuellement en cours d'élaboration.

Musique



Cinq cent soixante-dix-neuf concerts au total ont lieu chaque année en Arménie (18 représentations d'ensembles étrangers et 245 manifestations caritatives), suivis par 97.400 personnes.

Le Ministère de la culture, de la jeunesse et des sports gère les orchestres et ensembles musicaux suivants: un orchestre symphonique, un chœur universitaire, un orchestre de chambre, un quatuor à cordes, un ensemble, deux compagnies de danse, trois ensembles de musique folklorique, un centre de musique sacrée, trois écoles, un centre artistique national et une salle de concerts.

Beaucoup parmi les minorités nationales d'Arménie ont des ensembles ethnographiques représentant leur communauté. Les chœurs ukrainiens d'enfants et d'adultes d'Erevan et de Vanadzor sont particulièrement populaires, et les concerts donnés par les ensembles ethnologiques assyrien, russe, slave et grec rencontrent un grand succès.

Grâce aux efforts de l'Union des nationalités, un festival de musique haut en couleurs auquel participent des représentants de tous les groupes ethniques se tient chaque année en septembre à Erevan. Le quatrième et dernier en date a eu lieu en 2000.

Musées



Les 98 musées fonctionnant en Arménie en 1999 ont accueilli 763.900 visiteurs. Au cours des 10 dernières années, les musées d'Arménie ont dû faire face à l'absence quasi totale d'investissements ou de ressources financières de la part de l'État. L'état lamentable des bâtiments qui les abritent est le principal obstacle à leur fonctionnement efficace. En outre, l'absence de chauffage central en hiver compromet la préservation des précieuses pièces qu'ils renferment. La sécurité, essentielle pour les musées, laisse également beaucoup à désirer, les systèmes d'alarme étant soit hors d'état de fonctionner, soit tout simplement inexistants. La principale garantie du bon fonctionnement des musées demeure l'assistance de l'État.

Par rapport aux années précédentes, on a enregistré certains progrès s'agissant des beaux-arts. Les musées ont accru leurs activités dans ce domaine, en organisant notamment des expositions en Arménie et à l'étranger.

Bibliothèques



Les bibliothèques d'Arménie connaissent les mêmes difficultés financières qui rendent pratiquement impossible l'acquisition de nouveaux ouvrages. Même les plus importantes d'entre elles sont dans l'incapacité d'actualiser leurs collections.

Un projet de loi sur le dépôt obligatoire, qui contribuera pour le moins à résoudre dans une certaine mesure le problème de l'achat de livres par les bibliothèques du pays, est en préparation. Il a été pratiquement mis fin aux formes de soutien technique et aux cours de perfectionnement pour les bibliothécaires qui existaient précédemment et les bibliothèques ne disposent pas par ailleurs de l'équipement et des moyens technologiques nécessaires à leur bon fonctionnement.

(Extrait du rapport du CERD (Comité pour l'élimination de la discrimination raciale), agence spécialisée de l'ONU/ Arménie/13 mai 2002. Original en anglais.)