Élections européennes en Europe centrale : des résultats surprenants dans un contexte d'abstention généralisée (2004)
2013-01-01

Comme dans le reste de l'UE, les électeurs de la quasi-totalité des anciens pays communistes ont infligé des défaites cuisantes à leurs gouvernements en place, dans une région où les traditions politiques ne sont pas encore figées.

De Prague à Tallinn en passant par Budapest et Ljubljana, les partis d'opposition ont réussi à mieux mobiliser leurs électeurs pour un scrutin partout marqué par une abstention massive qui a atteint les 80 % en Slovaquie et en Pologne.

La couleur politique du gouvernement en place n'a pas trop compté. Car, qu'ils soient de droite ou de gauche, les gouvernements des nouveaux pays de l'UE conduisent des réformes douloureuses pour finir d'adapter leur pays à l'Union européenne.

Estonie (6)


- La participation électorale n'a atteint que 26,7 %.
- Le parti de droite Res Publica du Premier ministre Juhan Parts n'obtient aucun siège (6,66 %).
- Il a été défait par un étonnant Parti social-démocrate (SDE) qui, il y a quelques mois encore, n'osait pas s'afficher sous ce nom, de peur d'être associé aux communistes. Ce dernier a remporté trois des six sièges attribués à l'Estonie avec un peu plus du tiers des voix (36,79 %).
- Trois autres partis, le Keskerakond (Parti estonien du centre, 17,53 %), le parti Eesti Reformierakond (Parti estonien de la réforme,12,22 %) et Isamaalit (Union pour la Patrie, 10,5 %) ont obtenu un siège chacun.
- Malgré ses 8,05 %, le parti de droite agrarien Eestimaa Rahvaliit est victime du quotient électoral et n'obtient aucun siège.


Hongrie (24


- L'opposition conservatrice a remporté les élections devant la coalition de centre gauche au pouvoir, alors que le taux d'abstention a atteint un niveau record (61,53 %).
- Le Fidesz, le parti conservateur de l'ancien Premier ministre Viktor Orban, a obtenu 47,40 % des suffrages et remporté 12 des 24 sièges en jeu, tandis que le Forum démocratique hongrois (MDF, opposition) a recueilli 5,33 % des voix et obtenu un siège.
- Le Parti socialiste (MSzP, au pouvoir) a obtenu 34,30 % des voix (9 sièges), tandis que l'Association des démocrates libres (SzDSz), son partenaire libéral au gouvernement, a obtenu 7,74 % des suffrages (2 sièges).

Lettonie (9)


- Les partis de l'opposition de droite ont largement distancé la coalition au pouvoir et se sont déclarés prêts à former un nouveau gouvernement de coalition.
- Le parti du Premier ministre Indulis Emsis, Fermiers et Verts (ZZS), ne passe pas la barre des 5 % requis.
- Les nationalistes de Mère Patrie et Liberté ont emporté 30,79 % des voix et 4 sièges, tandis que les centristes de l'ancien premier ministre M. Repse (Nouvelle Ère) ont obtenu 19,82 % et 2 sièges.
- Une troisième formation de l'opposition, de gauche celle-là, Droits de l'homme dans une Lettonie unifiée, remporte 10,79 % des suffrages. Ce qui permet à la tête de liste, Tatjana Zdanoka, défenseur de la cause de la minorité russophone de Lettonie (environ 35 % de la population) de faire son entrée au Parlement européen.
- La participation a atteint 40,7 %.

Lituanie (13)


- La participation n'a été que de 46 %, nettement moins que les 55 % annoncés par les sondages.
- Le tout nouveau Parti travailliste du populiste d'origine russe Viktor Ouspaskitch, créé il y a un an, est arrivé en tête aux élections européennes en Lituanie, avec 30,19 % des voix (5 sièges).
- Le parti Social-démocrate (LSDP) au pouvoir n'a obtenu que 14,42 % (2)
- Le parti Conservateur de Vytautas Landsbergis, père de l'indépendance de 1991, a obtenu 11% (2).
- Deux autres formations se partagent le reste des mandats : les libéraux du LLS (11,23 % - 2) et l'Union des paysans (7,41 % - 1).

Pologne (54)


- Le plus grand des dix nouveaux adhérents à l'Union européenne a élu une vingtaine de députés violemment anti-européens au Parlement de Strasbourg, lors d'un scrutin marqué par une abstention record de 79,2 %.
- La droite libérale pro-européenne de la Plate-forme civique (PO) arrive en tête avec 25,21 %. Elle est suivie par deux partis anti-européens, l'ultra-catholique Ligue des familles polonaises (LPF), qui obtient 15,74 % (9 sièges) et le parti Samoobrona (Autodéfense) du populiste Andrzej Lepper, qui avoue admirer la politique économique d'Adolf Hitler (10,09 % - 6 sièges).
- La droite modérée du PiS recueille 11,82 % des voix (6 sièges)
- Les sociaux-démocrates du SLD-UP au pouvoir n'obtiennent que 10,39 % des suffrages (6 sièges).
- Trois autres partis se répartissent le reste des sièges : Unia Wolnosci (8 % - 5), Polskie Stronnictwo Ludowe (5,53 % - 3) et Socjaldemokracja Polska (5,03 % - 3).

République tchèque (24)


- Les résultats en République tchèque constituent un véritable séisme politique pour la classe dirigeante.
- L'ODS, droite eurosceptique, arrive en tête avec 30,05 % (9 sièges) et les communistes nostalgiques de l'URSS (KSCM), 20 % (6 sièges). Il s'agit de deux partis d'opposition hostiles à une plus grande intégration dans l'UE qui ont recueilli à eux deux la moitié des voix et récoltent 15 sièges sur 24.
- Deux partis modérés, le SNK-ED et Nezavisli (Indépendants), obtiennent respectivement 11,3 % et 8,19 % des voix et deux sièges chacun.
- Le parti CSSD du premier ministre Vladimir Spidla ne vient qu'en cinquième position avec 8,78 % des voix (2 sièges), ce qui provoquera sa démission, quelques jours plus tard.
- Le taux de participation a été de 30 %.

Slovaquie (14)


- Le scrutin a été marqué par le plus faible taux de participation enregistré dans l'Union européenne : 16,97 %.
- La coalition de droite au pouvoir en Slovaquie a remporté, à la surprise générale, les élections européennes, en obtenant une majorité absolue des suffrages de 51,2 % des voix.
- Le parti chrétien-démocrate SDKU du Premier ministre Mikulas Dzurinda, qui est l'un des quatre partis de la coalition au pouvoir, est arrivé de justesse en tête avec 17,09 % des voix (3 sièges). Il devance de seulement 372 voix le parti HZDS du populiste Vladimir Meciar (3 sièges).
- Le parti populiste, teinté de gauche, emmené par l'avocat Robert Fico, obtient 16,9 % (3 sièges), ce qui constitue pour lui une déception, car tous les sondages pré-électoraux le donnaient en tête avec plus de 20 % des intentions de vote.
- Deux alliés de M. Dzurinda suivent immédiatement : le KDH, un autre parti chrétien-démocrate très catholique, et le SMK, parti de la minorité hongroise, qui obtiennent respectivement 16,2 % (3 sièges) et 13,2 % des voix (2).
- Le quatrième parti de la coalition au pouvoir, le petit parti libéral ANO du ministre de l'économie Pavol Rusko, ne franchit pas la barre des 5 % nécessaire pour avoir des députés, avec seulement 4,65 % des voix.
- Le parti communiste (KSS) qui, comme son homologue tchèque, est fortement nostalgique de l'époque soviétique, n'a pas non plus réussi à franchir la barre des 5 %, alors qu'il avait réussi à entrer en 2002 au Parlement slovaque.

Slovénie (7)


- Les partis de centre-droit (opposition) ont remporté une victoire surprise aux élections européennes de Slovénie, marquées par un taux d'abstention exceptionnellement élevé. Dans ce pays réputé l'un des plus europhiles de l'UE, le taux de participation n'a été que de 28,3 %.
- Les deux partis de centre-droit, Nouvelle Slovénie (NSi) et le Parti démocratique slovène (SDS), ont respectivement obtenu 23,48% et 17,69%, ce qui leur donne deux sièges chacun sur les sept mandats de députés slovènes.
- La coalition de centre-gauche au pouvoir n'obtient que 21,93% des voix, remportant deux sièges.
- La Liste unie des sociaux-démocrates (ZLSD-centre gauche) fait son entrée au Parlement européen avec un siège (14,17 % des voix).
- Trois des sept élus sont des femmes.