Géorgie : Un état multiethnique (2004)
2013-02-05

La Géorgie est parmi les régions du monde les plus diversifiées sur le plan ethnique. On y relève près de cinquante langues et cultures différentes. Cette spécificité - en soi source de richesse ethnographique - s'avère être un handicap dans les faits, dans la mesure où, Etat unitaire centralisé, la Géorgie arrive difficilement à faire droit aux revendications régionalistes, voire autonomistes, qui émergent de partout :
- L'

Abkhazie

(ville principale : Soukhoumi) a fait sécession à l'occasion de la guerre qui a opposé, de 1991 à 1994, le pouvoir central aux sécessionnistes abkhazes, avec la complicité de la Russie. Bien que cette province, dirigée par M. Ardzimba, ne soit pas reconnue internationalement, elle s'est érigée en République indépendante, avec tous les attributs apparents de la souveraineté nationale (président, gouvernement, Parlement, armée, etc), à l'image de la Transnistrie ou du Haut-Karabagh.
- L'

Ossétie du sud

(ville principale : Tskhinvali) se trouve dans une position ambiguë dans ses rapports avec Tbilissi. Elle est officiellement rattachée à la Géorgie, mais se comporte comme une république autonome, avec président (Ludwig Chibirov), Parlement et gouvernement. N'ayant pas les moyens financiers et militaires de ses ambitions sécessionnistes, elle compose avec le pouvoir central, tout en réclamant un Etat fédéral.
- L'

Adjarie

(ville principale : Batoumi) a un statut tout aussi ambigu. Elle est théoriquement intégrée dans l'Etat géorgien, mais jouit en fait d'une autonomie d'autant plus large que la province dispose de ressources importantes, dont elle ne restitue au "Centre" qu'une part symbolique. Le président de cette province, le charismatique Aslan Abashidze, se pose en concurrent du président géorgien, Edouard Chevardnadze.
- La

province de Javakhétie

(ville principale : Akhalkalaki), peuplée majoritairement d'Arméniens, commence à réclamer, un statut politique plus conforme à l'autonomie culturelle dont elle dispose.
- À cela s'ajoutent les revendications culturelles ou politiques d'un certain nombre de minorités nationales, qui s'inspirent des provinces ou républiques sécessionnistes pour réclamer davantage d'autonomie : les Azéris, les Grecs, les Swans, etc.