Géorgie : 20% de la population aurait émigré depuis une quinzaine d'années (2004)
2013-02-05

Mouvements de population sans précédent dans l'histoire du pays

Durant des siècles, les Géorgiens subirent les invasions par l'Est, le Sud, l'Ouest et le Nord ; durant des siècles, ils s'accrochèrent à leurs terres. Quelques milliers d'émigrés politiques quittèrent la Géorgie dans les années vingt. Quelques dizaines de milliers de rescapés de la deuxième guerre mondiale parcoururent l'Europe et périrent dans les camps soviétiques pour la plupart. Plusieurs centaines de milliers de Géorgiens connurent des déplacements intérieurs lors des guerres civiles des années quatre-vingt-dix. Mais jamais durant 30 siècles d'histoire, la Géorgie ne connut un exode aussi massif que l'émigration économique actuelle.

A l'issue de l'époque soviétique, la République de Géorgie comptait 5,5 millions d'habitants. Les minorités ethniques étaient traditionnellement bien représentées, Arméniens (450 000), Russes (350 000), Azéris (300 000), Ossètes (150 000), Abkhazes (100 000), Grecs (100 000), Ukkraïniens (50 000), Kurdes (35 000), Juifs (25 000), Assyriens (15 000) et Kystes (5 000) pour l'essentiel.

Tbilissi, la capitale du pays, comptait pratiquement 1,5 million d'habitants. Koutaïssi, la métropole de la Géorgie occidentale, était la deuxième ville du pays avec 250 000 habitants ; son développement avait largement été provoqué par le complexe industriel de Zestaponi et par les mines de manganèse de Tchiatoura. Roustavi, complexe industriel au sud de Tbilissi, comptait 170 000 habitants. Les deux capitales des républiques autonomes d'Adjarie et d'Abkhazie, Batoumi et Soukhoumi, comptaient respectivement 150 000 et 120 000 habitants. Tskhinvali, la capitale de la région autonome d'Ossétie du Sud, atteignait 35 000 habitants.

Le recensement de population de mai 2003 comptabilise 4,4 millions d'habitants sur le territoire " de fait" de la Géorgie. Deux phénomènes sont mis en avant, la sécession de l'Ossétie du Sud et de l' Abkhazie, et les flux migratoires dus à la situation économique. Pourtant l'analyse est plus complexe. Les chiffres fiables manquent tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Géorgie, en particulier concernant l'émigration clandestine.

Les EMIGRATIONS, les MIGRATIONS INTERIEURES et les IMMIGRATIONS POLITIQUES

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- Les émigrations politiques

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Les premières émigrations politiques significatives à partir de la Géorgie datent du début du 20éme siècle : aristocrates, artistes, révolutionnaires tentent d'échapper au régime autoritaire du tsar Nicolas II et rejoignent épisodiquement Berlin, Zurich, Genève ou Paris. Ils se comptent en centaines.

Quelques années plus tard, en 1921, l'entrée de l'armée rouge à Tbilissi met fin à une courte période de restauration de l'indépendance. Elle déclenche une vague d'émigration institutionnelle, celle du gouvernement social-démocrate dirigé par Noé Jordania et des dirigeants des partis d'opposition, sociaux fédéralistes et nationaux démocrates. Ils se réfugient à Constantinople, mais Lénine demande leur départ à Mustapha Kemal. Certains émigrés s'arrêtent à Varsovie, l'armée polonaise de Pilsudski y combat un temps l'armée rouge. D'autres s'arrêtent à Prague, à Zurich et à Genève, ou choisissent Londres. Un groupe important s'implante à Berlin ; le gouvernement allemand avait été un partenaire bienveillant quelques années auparavant et avait aidé à contenir la pression ottomane. Le gouvernement en exil s'installe près de Paris. En 1924, une insurrection éclate contre le régime soviétique. La répression est sévère et provoque une troisiéme émigration ; elle contribue à constituer un contingent d'un millier d'exilés politiques en France.

La deuxième guerre mondiale voit l'armée allemande capturer des milliers de Géorgiens enrôlés dans l'armée rouge. Pour échapper à la dure condition de prisonniers dans les camps, ils s'engagent parfois dans l'armée allemande et sont envoyés sur le front ouest. De petits groupes d'entre eux désertent et entrent dans les maquis français (Corrèze, Dordogne, Tarn). Des estimations récentes en comptabilisent plus de 600 pour le seul Sud-Ouest. En 1945, certains n'écoutent pas les sirènes du retour et échappent ainsi à la déportation soviétique. Ils constituent, avec les prisonniers de l'armée rouge libérés des camps allemands par les Alliés, une quatriéme émigration géorgienne forte de quelques centaines de personnes. Certains s'établissent en France, d'autres rejoignent l'Italie ou la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou l'Argentine.

Début 1991, l'indépendance est restaurée par le président Gamsakhourdia, opposant au régime soviétique et légitimé par le suffrage universel. Les frontières s'ouvrent, certaines minorités ethniques en profitent car elles craignent la montée d'un nationalisme intransigeant. Des Juifs prennent le chemin d'Israël, ou s'arrêtent parfois en Autriche et cherchent à gagner les Etats-Unis. Les Russes ne pratiquaient généralement pas le géorgien ; il leur est difficile de vivre dans un pays dont ils ne connaissent pas la langue officielle. Les Arméniens, devant la difficulté économique d'un retour en Arménie, se regroupent souvent en minorités un peu plus importantes.

Fin 1991, la dissension éclate entre le président et des chefs de guerre locaux ; des tentatives de coup d'état se succèdent de part et d'autre. La guerre civile s'amplifie en Ossétie du Sud, environ 1500 victimes sont à déplorer. Quelques milliers de résidants d'ethnie géorgienne fuient vers l'intérieur du pays, des dizaines de milliers d'Ossètes fuient vers l'Ossétie du Nord. La région se vide. Malgré quelques retours, elle abritera bientôt à peine cent mille Ossètes alors qu'elle en comptait plus de cent cinquante mille quelques années plus tôt.

En définitive le président meurt dans des conditions mal expliquées. Chevardnadzé prend la tête d'un Conseil d'Etat début 1992 et fait reconnaître l'indépendance de la Géorgie par la Communauté Economique Européenne et par l'ONU. La situation devient difficile pour les anciens partisans de Gamsakhourdia. Beaucoup sont arrêtés et maltraités, les autres fuient et constituent une nouvelle émigration vers la Suisse, l'Allemagne et la France. La situation deviendra également difficile pour les partisans des chefs de guerre locaux ; ils seront emprisonnés (comme Djaba Iosseliani) ou s'exileront vers la Russie (comme Igor Guiorgadzé).

Les flux d'émigrations à caractère politique associés aux douze années d'indépendance du 20éme siècle ont ainsi à peine dépassé la dizaine de milliers de personnes. Pour les soixante-dix années de régime soviétique, la comptabilité des victimes de la police politique, et de la déportation dans les camps, reste à établir. Elle s'évaluera certainement en centaines de milliers de Géorgiens

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- Les migrations politiques intérieures

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En 1992, quelques mois après la prise de fonction de Chevardnadzé, l'Abkhazie fait sécession à son tour ; elle comptait un peu plus de 500 000 habitants (44% de Géorgiens, 17% d'Abkhazes, 16% de Russes et 15% d'Arméniens). La guerre, mêlant d'un côté des unités abkhazes, tchétchènes et russes, et de l'autre des unités géorgiennes, est meurtrière. Dix mille morts sont dénombrés, les populations géorgiennes sont chassées en quelques jours. Dès lors, une centaine de milliers d'Abkhazes, quelques dizaines de milliers de Russes et d'Arméniens constituent l'essentiel de la population d'Abkhazie.

En quelques mois, le territoire "de fait" de la Géorgie se voit dans l'obligation d'accueillir non seulement quelques milliers de réfugiés géorgiens fuyant l'Ossétie du Sud, mais surtout de 200 à 250 000 réfugiés géorgiens fuyant l'Abkhazie

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- Les immigrations politiques

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D'autres populations cherchent bientôt refuge en Géorgie, les populations tchétchènes et les populations meskhètes. Une dizaine de milliers de Tchétchènes, chassés par l'armée russe, s'installent dans la vallée de Pankissi et au nord de la Kakhétie. Ils sont souvent peu différenciables des Kystes, de même ethnie et installés en Géorgie depuis le début du 19éme siècle. Les Meskhètes, d'origine géorgienne, avaient été déportés massivement à l'époque stalinienne ; une centaine de milliers d'entre eux vivaient alors au Sud du pays. Ils se sont vus reconnaître le droit de retour au pays par le gouvernement géorgien. Quelques centaines le mettent à éxecution.


LES EMIGRATIONS ECONOMIQUES

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Après la guerre civile, la situation économique de la Géorgie se dégrade plus que celle d'autres pays de l'ex-URSS. L'Etat est en banqueroute, les impôts ne sont plus payés, les salaires des fonctionnaires et les pensions ne sont plus versés. La corruption et les trafics en tout genre s'installent, trafic d'armes avec les bases militaires russes maintenues dans le Caucase, trafic de drogue en provenance de l'Afghanistan, avec le Nord Caucase, l'Adjarie, la Turquie et l'Europe.

Combien de personnes habitent le territoire de cette Géorgie "de fait" des années quatre-vingt-dix ? Combien de personnes la fuient et de quelles véritables nationalités sont-elles ? Les nouveaux passeports et les nouvelles cartes d'identité sont en nombre insuffisant. Les papiers soviétiques retrouvent utilité. De nouveaux passeports russes sont attribués aux Ossètes du Sud et aux Abkhazes ; les Adjars sont sur le point de les obtenir. Ces passeports russes sont aussi recherchés par certains Géorgiens. Les chiffres disponibles sont évidemment peu fiables.

L'émigration économique se développe sous différentes formes. D'abord une émigration élitique officielle, porteuse de visas touristiques ou estudiantins, prend naissance et cherche à s'implanter à l'étranger. Elle est rapidement suivie d'une émigration de masse, souvent clandestine, qui cherche à gagner l'Ouest par le canal de filières organisées et rémunérées. Elles se déclarent toutes persécutées, et tentent d'obtenir l'asile politique.

Deux indicateurs peuvent les caractériser avec une certaine vérité administrative et une certaine vérité économique, d'une part le nombre de demandes d'asile présenté et le nombre réel d'admissions dans les pays étrangers, et d'autre part le montant des devises renvoyées chaque année par les travailleurs géorgiens émigrés.

- L'émigration économique, approche administrative

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Paata Zakareichvili et Gouram Svanidzé de l'Institut "Open Society" de Tbilissi estimaient en 1996 que l'émigration géorgienne se destinait à 50% à la Russie. Toujours d'après eux, les préférences allaient ensuite à Israël, la Grèce, l'Allemagne, la France, la Hollande, la Belgique et les Etats-Unis. Il est probable qu'à cette date la destination vers Israël était conjoncturelle.

Le Département d'Etat américain estimait qu'entre 1990 et 1998, 300 000 Géorgiens avaient quitté leur pays.

Le Bureau International des Migrations (I.O.M.) publie en 2001 un rapport sur l'émigration clandestine en Géorgie. Les destinations les plus recherchées sont prioritairement la Grèce, la Russie, les Etats-Unis, la Turquie, l'Allemagne, Israël et la France, et ensuite dans un second groupe la Hollande, l'Espagne, la Grande-Bretagne, la Belgique et Chypre. Les filières empruntent le Sud par la Turquie (et la mer Noire) et transitent par la Bulgarie et la Grèce, ou le Nord par la Russie et transitent par l'Ukraine et la Pologne. Le coût du voyage et des papiers s'échelonne entre 450 dollars (Turquie) et 4 600 dollars (Etats-Unis). Il est de 1500 dollars pour la France.

L'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides publie en 2004 les demandes d'asile politique formulées par des citoyens géorgiens durant la période précédente. Elles ont été annuellement supérieures à mille, et ont même atteint 1554 en 2002. Les demandes acceptées ont rarement dépassé la centaine, c'est à dire 10%. L'année 2003 présente une exception (263 admissions directes et sur recours, soient 20%) : elle correspond au renforcement des moyens administratifs et à une régularisation des dossiers en retard. Environ 15 000 demandes géorgiennes d'asile politique auraient ainsi été formulées depuis le début des années quatre-vingt-dix sur le territoire français, 10% auraient été admises. Que sont devenus les autres demandeurs ? Comment quantifier les clandestins qui n'ont pas engagé la démarche, n'ayant aucune chance d'obtenir le droit d'asile ?

Sur cette base, une extrapolation vers les pays européens souhaités par les candidats, ou choisis par défaut, conduirait au transit de plusieurs centaines de milliers de Géorgiens durant cette période. Les intéressés confirment néanmoins qu'ils ont souvent tenté leur chance dans plusieurs pays européens différents, au hasard des contacts. Ils ont ainsi trouvé des destinations qu'ils n'avaient pas envisagées, République tchèque, Suède, Italie, Portugal, Suisse par exemple. Une estimation entre 100 000 et 200 000 peut être avancée pour les pays de la vieille Europe.

Un cas particulier est à noter, celui de l'Allemagne. Plusieurs pôles d'émigration géorgienne s'y sont structurés, à Munich, à Hambourg et à Paderborn notamment. Une certaine tradition historique entraîne certes les Géorgiens vers la culture allemande, néanmoins l'hypothèse d'une "facilitation" des filières clandestines par la Turquie serait certainement à formuler. En termes de transit et d'accueil, la Turquie est le principal pays concerné au Sud. Les Lazes, minorité ethnique d'origine géorgienne, habitent toujours le Nord-Ouest du pays, mais les dizaines de milliers d'émigrés géorgiens se sont fixés sur la côte méditerranéenne, dans les grandes métropoles.

L'Iran et le Liban hébergent marginalement des groupes de Géorgiens.

Les pays d'Asie centrale issus de l'URSS, ainsi que la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie, voire la Bulgarie, pour lesquels la langue russe est une langue véhiculaire ou native, acceuillent le plus grand contingent d'émigrants géorgiens, officiels et clandestins. Le chiffre de 300 000 était avancé au début des années 2000, il est dépassé aujourd'hui.

Hors les Etats-Unis, des pays situés sur d'autres continents, comme le Canada, la Nouvelle-Zélande et l'Australie sont plus modestement concernés.

Certains experts indépendants géorgiens n'hésitent pas à quantifier les différentes émigrations depuis 1989, à partir du territoire géorgien internationalement reconnu, à 1,6 million de personnes. Pour le territoire géorgien "de fait" , la diminution démographique la plus communément admise est d'un million de personnes, soit 20% de la population

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- L'émigration économique, approche financière

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Selon le professeur Mirian Tourachvili, titulaire de la chaire d'économie à l'Université de Tbilissi en 2003, les travailleurs émigrés géorgiens auraient renvoyé en Géorgie, par les circuits bancaires officiels, entre 400 et 500 millions d'euros durant l'année 2002. On peut imaginer que d'autres circuits existent. Pour les années 2003 et 2004, ces montants seraient à la hausse. Le revenu moyen par habitant s'élevant à 600 euros environ par an, cette manne permettrait à un million de Géorgiens de Géorgie de vivre, voire à plus.

- L'émigration qualitative, une émigration économique déguisée

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Elle concerne des populations particulières comme les sportifs, les artistes, les étudiants et parfois même les ministres et les présidents de la République.

A l'approche des Jeux Olympiques, les changements de nationalité pour les sportifs de haut niveau se sont succédé : lutteurs, judokas et haltérophiles géorgiens seront au rendez-vous sous 5 drapeaux différents, dont celui de la Grèce. Il suffit pour s'en convaincre d'examiner les dernières syllabes des noms d'athlètes, en "dze" ou en "shvili". La France a compté dans ses grands, et moins grands, clubs jusqu'à une trentaine de rugbymen géorgiens. L'Allemagne était représentée aux derniers championnats du monde d'échec féminin par une joueuse ayant antérieurement concouru sous les couleurs de la Géorgie. Il est probable que ce soit bientôt le cas pour la France.

L'Irlande et la France, mais d'autres pays également, en mal de formation médicale accueillent des docteurs en médecine géorgiens.

L'Opéra de Milan, ceux de Paris et de Londres comptent dans leurs troupes régulières des artistes géorgiens. Le Ballet Royal de Londres compte des danseurs géorgiens. Moscou et Saint-Pétersbourg ne sont pas en reste, pour les musiciens plus particulièrement. L'Académie des Arts de la Russie est présidée par un sculpteur géorgien. Les cinéastes géorgiens, à l'avant-.garde du cinéma post-soviétique, ont également abandonné Tbilissi, pour Moscou, Berlin ou Paris.

Les étudiantes et les étudiants géorgiens tentent de se former dans les universités de la vieille Europe, et choisissent les filières "relations internationales" en rêvant de Bruxelles ou de Strasbourg.

Il y a peu, les registres diplomatiques de la Russie et de la France ne portaient-ils pas des patronymes à consonance géorgienne ? Ils se nommaient Chkhikvichvili et Zourabichvili. L'un continue à représenter la Russie, l'autre est rentrée au pays. Un futur président de la république ne s'était-il pas engagé dans une carrière d'avocat aux Etats-Unis ? Le président de l'époque vint l'y chercher en faire un ministre de la justice, il se nommait déjà Saakachvili !

- Les émigration économiques se pérennisent

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Plus de deux millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté, moins de deux millions d'adultes et d'enfants vivent dans des conditions "acceptables", un million de personnes au moins ont quitté le pays pour raisons économiques.

La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International publiaient en Août 2003 une étude indiquant que 52% des Géorgiens vivaient sous le seuil de pauvreté et que les perspectives les plus favorables se situaient à 20-25% en 2015.

Le Premier Ministre Jvania présentait le 16 juin 2004, à Bruxelles, à la Banque Mondiale et à l'Union Européenne un plan stratégique ambitieux, afin d'obtenir une aide internationale supplémentaire d'un milliard de dollars. Le Produit National Brut de la Géorgie passerait de 3,93 milliards de dollars en 2003 à 5, 56 milliards de dollars en 2008. La "richesse" moyenne des Géorgiens s'améliorerait de 65%, au prix d'une dette extérieure qui s'alourdirait de 32%.

Comment se passer à court terme de la manne de devises étrangères renvoyée par les travailleurs géorgiens émigrés ? Les ressources humaines expatriées, fraîches et occidentalisées, seraient pourtant bien nécessaires à l'amélioration de la situation économique de la Géorgie. L'incitation à rejoindre Tbilissi pour les diplômés de Columbia ou de la Sorbonne se fait plus discrète. L'appui des grandes puissances, l'aide des grands organismes internationaux, les victoires psychologiques intérieures n'ont pas déclenché de retour massif.

Les émigrations géorgiennes semblent s'installer à l'étranger pour longtemps, avec la fausse barbe politique en moins. L'éclosion sur les cinq continents du monde de sites Internet se référant à la filiation géorgienne tendrait à le prouver. La porte est tout aussi étroite pour Saakachvili qu'elle l'était pour Chevardnadzé

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