Biographie de Jan Figel, nouveau commissaire européen désigné par la Slovaquie
2004-07-17


Tout dans le cursus politique et associatif de Jan Figel, né le 20 janvier 1960, prédisposait ce militant chrétien-démocrate passionné d'Europe à occuper le poste qui lui a été confié par le gouvernement slovaque et les instances européennes. Ingénieur en de formation, il passe la première partie de sa vie professionnelle en tant que chercheur en électronique de puissance, jusqu'à l'indépendance de la Tchécoslovaquie. Passionné par la politique, et plus particulièrement par la coopération internationale, il entre au Parlement tchécoslovaque en 1992 et devient membre de la commission des affaires étrangères et de la commission parlementaire chargée de l'intégration européenne. Il suit en 1994 un cours universitaire d'un semestre en affaires internationales à l'Université de Georgetown, aux Etats-Unis, puis passe un autre semestre à l'UFSIA d'Anvers sur l'intégration économique européenne. Il s'engage parallèlement au sein de sa formation politique, le KDH (Parti démocrate-chrétien), où il deviendra en 1998 vice-président chargé de la politique étrangère. Cette fonction l'amène tout naturellement à être nommé cette même année secrétaire d'État auprès du ministère slovaque des Affaires étrangères, chargé plus particulièrement de la préparation de l'adhésion de la Slovaquie, devenue indépendante, à l'Union européenne. Il mène à bien sa mission au point que la Slovaquie rattrape son retard sur les autres pays candidats, dit « du premier groupe », qui avaient engagé des négociations depuis 1994. En octobre 2002, Jan Figel redevient membre du Conseil national de la République slovaque (Parlement) et préside la commission des affaires étrangères. Il continue à suivre plus particulièrement les problèmes européens en étant l'un des membres influents de la commission de l'intégration européenne. Il occupe également des fonctions dirigeantes au sein d'organisations non gouvernementales tournées vers la coopération internationale (présidence, en particulier de Président de l'Union paneuropéenne de Slovaquie). En 2002-2003, il représente son pays à la Convention sur l'avenir de l'Europe, d'abord en tant que membre du Gouvernement, puis en qualité de parlementaire, après les élections d'octobre 2002. En mai 2003, il est élu chef de la délégation permanente d'observateurs du Conseil national de la République slovaque au Parlement européen (commission des affaires constitutionnelles). Sa désignation par le Gouvernement slovaque comme candidat au poste de commissaire européen au titre de la Slovaquie au printemps 2004 est la conséquence logique de ce parcours entièrement consacré à la construction européenne. Dans le cadre du dispositif transitoire qui prévoit le « parrainage » d'un nouveau commissaire par un membre de la Commission déjà en place, M. Figel est placé auprès du finlandais Erkki Lükanen, chargé des Entreprises et de la société de l'information.

Au cours de son audition par le Parlement européen le 14 avril dernier, Jan Figel a souligné que l'élargissement était "l'aboutissement d'un rêve né après la chute du mur de Berlin en 1989". Évoquant l'avenir de l'UE, il n'a pas caché que l'élargissement serait synonyme pour l'Union d'une plus grande hétérogénéité entre les Etats membres et au sein de ceux-ci. À plusieurs reprises, M. Figel a plaidé pour que l'Union agisse de manière plus cohérente ou, pour reprendre, ses termes, "moins de rhétorique et plus d'action". Il a qualifié la Commission Prodi de "Commission de l'élargissement" et souligné que les nouveaux commissaires auraient pour tâche de la renforcer pour ses derniers mois. M. Figel a également mis en garde contre les comparaisons constantes entre l'UE et les Etats-Unis, estimant que l'UE ferait mieux de se concentrer sur ses propres difficultés pour les surmonter. Le domaine de l'entreprise et de la société de l'information revêt, a-t-il indiqué, une importance stratégique pour moderniser l'économie de l'UE et la rendre plus compétitive. Le message final de M. Figel a été que l'Union devrait se concentrer "davantage sur l'action que sur les mots, et légiférer où il y a accord, et faire en sorte que les Etats membres actuels et futurs mettent mieux en oeuvre la législation européenne existante".

Hervé Collet. (d'après le Bureau de presse du Parlement Européen).