Géorgie : vaste mouvement diplomatique confirmé par le Parlement
2007-04-06

Natia Djaparidzé ambassadrice en France

Le Parlement confirme le vaste mouvement diplomatique annoncé en juin. Un nouveau titulaire prend ses fonctions à Paris en septembre, Mme Natia Djaparidzé. Le nouveau premier conseiller d'Ambassade, M. Zourab Eristavi, est déjà à pied d'oeuvre.

Le 15 juin

, lors d'une déclaration à la presse géorgienne, Mme Salomé Zourabichvili, ministre des affaires étrangères, précisait qu'elle mettrait en place le dispositif diplomatique de la Géorgie d'ici septembre 2004. Grosso modo il concerne 300 personnes.

Le 23 juin

, sept candidatures étaient rendues publiques,
- David Aptsiaouri pour l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie,
- Levan Assatiani pour l'Iran,
- Zourab Béridzé pour la Roumanie et la Moldavie,
- Natia Djaparidzé pour la France et l'Unesco,
- Guela Mgaloblichvili pour la Turquie,
- Zourab Tchourgaia pour le Kazakstan,
- David Zalkaniani pour l'Ouzbékistan, le Kirghizstan et le Tadjikistan.

Le 25 juin

, le Parlement géorgien annulait les lettres de créance des titulaires en Afghanistan, en Autriche, en Hongrie, en Italie, auprès de l'OTAN, en République tchèque, en Slovénie, en Slovaquie, au Turkménistan.

Le 10 août

, le Parlement ratifiait les propositions suivantes .
- David Aptsiaouri (Estonie, Lituanie, Lettonie),
- Guiorgui Arvéladzé (OTAN, Bruxelles),
- Zourab Béridzé (Roumanie et Moldavie),
- Teimouraz Charachénidzé (Bulgarie),
- Natia Djaparidzé (France),
- Zaour Gamsakhourdia (Slovénie et Slovaquie),
- Konstantiné Jgenti (Autriche et Hongrie),
- Zaza Kandélaki (Pologne),
- Grigol Mgaloblichvili (Turquie),
- Ekatériné Mikéladzé (Jordanie, Arabie Saoudite, Koweit, Emirats Arabes Unis),
- Lacha Jvania (Israël),
- Valery Tchétchélachvili (Russie),
- David Zalkaniani (Iran).


Lana Gogobéridzé

(cinéaste de l'époque soviétique) avait été annoncée un temps à Paris. Elle serait reconduite, au moins temporairement, au Conseil de l'Europe à Strasbourg.

Natia Djaparidzé

(46 ans) est une diplomate de carrière, elle fut un temps attachée à la représentation de la Géorgie au Conseil de l'Europe. Après les départs de Gotcha Tchogovadzé (depuis plus de 6 mois) et Nathela Laguidzé (depuis quelques semaines), le renouvellement du corps diplomatique géorgien à Paris sera complet. Ambrossi Titbéridzé, au terme de son affectation française, devrait rejoindre le ministère des affaires étrangères à Tbilissi. Zourab Eristavi le remplace au poste de 1er Conseiller. Aucun mouvement n'est connu pour le corps consulaire.

Maia Panjikidzé

est confirmée à Berlin, sans la représentation en Pologne.

Amiran Kavadzé

est confirmé à Londres ; sa nomination durant la période intermédiaire entre les présidences Chevardnadzé et Saakachvili aurait pu en décider autrement. Jeune diplomate, anglophone, en poste à Genève auprès de la Confédération Helvétique et des Organisations Internationales, il avait ensuite effectué une rapide rotation au poste de vice-ministre à Tbilissi.

Grigol Katamadzé

est confirmé en Ukraine. Le bassin de la mer Noire devient important pour les nouvelles autorités géorgiennes, Abkhazie, mais aussi ouverture vers l'Europe et contrepoids à l'influence russe. Le GUUAM (Géorgie, Ukraine, Ouzbékistan, Azerbaïdjan et Moldavie) y a son rôle.

Mikhaïl Saakachvili a fait nommer l'un de ses proches auprès de l'OTAN,

Guiorgui Arvéladzé

, jusqu'à présent secrétaire général de son parti, le Mouvement National. Il a pour mission d'assurer l'arrimage officiel de la Géorgie à l'OTAN le plus rapidement possible.

Lévan Mikéladzé

(45 ans) est également maintenu ; il avait rejoint Washington en mars 2002. La nature stratégique de la relation avec les Etats-Unis pour Mikhaïl Saakachvili explique certainement cette longévité. Un jeune conseiller d'ambassade à Washington de 36 ans, David Zalkaliani, est nommé ambassadeur à Téhéran.

Si l'un des défis de Mme Salomé Zourabichvili était de faire nommer, ou confirmer, les "bonnes personnes aux bons postes", les moyens financiers constituaient un autre défi. Un différentiel était apparu entre les besoins exprimés et le vote du Parlement lors du budget 2004. Il a accepté le 10 août un amendement qui apporte 2 millions de dollars supplémentaires au ministère ; ils permettront de règler les côtisations les plus en retard auprès des Organismes Internationaux et les dettes les plus criantes de certaines ambassades.

Un vivier de corps diplomatique limité, des moyens budgétaires plus que limités, une actualité diplomatique chargée (après l'Adjarie et l'Ossétie, se dessinent l'Abkhazie et l'évacuation des bases militaires russes), la tâche du ministère des affaires étrangères géorgien est rude. Il repose plus sur quelques personnalités (au premier chef son représentant extraordinaire à l'étranger Mikhaïl Saakachvili) que sur une structure opérationnelle. L'un de ses difficiles défis est aussi de préparer une génération de jeunes diplomates, aux armes géorgiennes et occidentales à la fois.