République tchèque : le gouvernement Stanislav Gross a obtenu la confiance de la Chambre des députés (août 2004)
2012-02-07

Ce n'est qu'après un long débat qui s'est terminé tard dans la soirée du 24 août 2004 que la Chambre des députés tchèque a accordé sa confiance au nouveau gouvernement Stanislav Gross.

La crise qui a balayé le cabinet Vladimir Spidla est donc finie et la légitimité du nouveau cabinet de la coalition réunissant la social-démocratie, les chrétiens démocrates et l'Union de la liberté-Union démocratique est confirmée par la Chambre. Les 101 députés de la coalition gouvernementale ont voté pour la motion de soutien au gouvernement, tandis que les 99 représentants de l'opposition ont voté contre. Il n'y a eu aucune abstention. Comme la coalition ne dispose à la Chambre que d'une majorité serrée, les députés sociaux-démocrates malades Hana Orgonikova et Miloslav Vlcek ont été obligés de se rendre au vote.

La session a commencé par une intervention du Premier ministre, Stanislav Gross, dans laquelle il a évoqué les priorités de son gouvernement : mobilisation des ressources humaines, raffermissement de la position de la République tchèque au sein de l'Union européenne, solidarité sociale et diminution du déficit budgétaire.

Le débat qui a précédé le vote a été long et très critique vis-à-vis de la déclaration de politique générale du nouveau gouvernement. Parmi les plus grands critiques de ce document, il y avait le chef du groupe des députés du Parti civique démocrate, ODS, Vlastimil Tlusty : "C'est une déclaration programme qui évite les principaux problèmes. Elle ne comprend aucun projet de réformes : fiscale, de dépenses sociales, des retraites, de la santé publique, de l'enseignement. Ce gouvernement dit ouvertement: nous voulons survivre pendant deux ans jusqu'aux prochaines législatives, nous ne voulons résoudre rien de fondamental. Le vide de cette déclaration n'est comparable qu'avec le vide des déclarations du même genre faites par les congrès du Parti communiste avant 1989."

Quant à Jan Kasal, vice-président du parti chrétien démocrate, membre de la coalition gouvernementale, son avis était, comme il fallait s'y attendre, beaucoup plus positif. A son avis, la déclaration programme est le meilleur compromis que les membres de la coalition aient pu trouver : "Ce qui est assez important pour moi, dit-il, c'est que la lutte pour le soutien aux familles normales, familles avec enfants, ait abouti, et que ce gouvernement se propose de soutenir une politique en faveur de la famille sur plusieurs plans. Pour moi, qui suis chrétien démocrate, c'est très important."

Après le vote, Stanislav Gross a fait un geste de conciliation en promettant de chercher, dans la mesure du possible, un consensus avec l'opposition.

Vaclav Richter/Radio Prague - 25/08/04