République tchèque : Jan Beranek reste à la tête du parti des Verts (2004)
2013-03-05

Le week-end des 11 et 12 septembre, Jan Beranek a été réélu président du parti des Verts, avec neuf voix d'avance sur son concurrent, Petr Stepanek, chef des Verts de Prague. Les tensions internes pourraient à l'avenir être apaisées.

C'est dans la nuit de samedi à dimanche, par un vote lors de la réunion des délégués Verts à Olomouc, que le mandat de Jan Beranek en tant que président des Verts de République tchèque a été reconduit. La réélection de Beranek ravive les débats sur les divisions au sein du parti écologiste tchèque, notamment sur la manière dont ce dernier est dirigé. Une fraction interne au parti, dite « plate-forme ouverte », reproche en effet à Beranek de réprimer certaines opinions minoritaires au sein du parti. Pour le nouveau chef du parti des Verts, ces tensions n'existent plus:

"Je dirais que notre rencontre de ce week-end atteste qu'il n'y a plus, aujourd'hui, d'oppositions fortes au sein de notre parti. Les débats et les critiques étaient, à mon sens, devenus plus forts seulement en raison de l'imminence de la session. Tout cela est derrière nous. En tant que président du parti, j'aimerais maintenant aller de l'avant. Les élections régionales et sénatoriales se profilent à l'horizon et, surtout, nous souhaitons atteindre la barre des 5% lors des prochaines élections législatives en 2006."

Critiqué pour sa manière de diriger le parti, Beranek estime que, si son style ne va pas changer, l'équipe dirigeante, elle, va connaître des remaniements. Et pour Ivan Dejmal, ancien ministre de l'environnement, cette nouvelle équipe va forcément modifier le mode de gestion du parti :

Ivan Dejmal : "Certainement qu'il y aura des changements, parce que Beranek se trouve maintenant accolé de trois fortes personnalités que sont Dana Kuchtova, vice-présidente, Petr Stepanek et Martin Bursik. Même s'il dispose de la majorité, il devra, à l'avenir, prendre en compte leurs opinions et, surtout, faire ce qu'il aurait déjà dû faire depuis longtemps, à savoir lancer des discussions et prendre des décisions par consensus."

En vue des élections de 2006, occasion pour les Verts de faire leur entrée au Parlement, il convenait, en effet, de mettre un peu d'ordre dans la maison et de « proposer des thèmes liées à des problématiques d'intérêt général », comme l'explique Beranek. La question du transport de marchandises, que les Verts souhaitent limiter, mais aussi celles du changement climatique et de la lutte contre la corruption, sont les principales priorités du parti écologiste tchèque. Un programme à la fois social, libéral et écologique, selon Petr Stepanek, qui devrait attirer les électeurs du parti social-démocrate et des libéraux. Mais pas seulement. Jan Beranek.

"Nous voulons, à l'évidence, aussi conquérir un nouvel électorat. Ce qui s'est passé lors de la campagne pour les élections européennes, c'est-à-dire le fait d'avoir éveillé l'attention des jeunes électeurs, est de très bon augure pour la suite. Actuellement, d'après les sondages, 8 % des jeunes Tchèques nous donneraient leurs voix, ce qui est également très important pour l'avenir. Notre objectif est donc de s'adresser aussi aux jeunes, aux étudiants, qui n'iraient peut-être pas voter en temps normal, mais qui, du fait d'un programme des Verts réellement attractif, nous donneront leur voix."

Radio Prague/Agnès Vaddé - 13 - 09 - 04