La visite du Premier ministre chinois au Kirghizstan
2004-09-22

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao, à l'occasion de sa participation à la troisième réunion des Premiers ministres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), du 21 au 23 septembre, a rencontré le Premier ministre kirghiz Nikolaï Tanaïev.

Arrivé mardi 21 septembre après-midi à Bichkek, capitale du Kirghizstan, la première étape de sa tournée dans deux nations d'Asie centrale et en Russie, le Premier ministre chinois a signé avec son homologue kirghize un communiqué conjoint.

Ce communiqué porte sur le programme de coopération sino-kirghize de la période 2004-2014. Ce programme ambitieux vise à un développement stable des relations bilatérales entre la Chine et le Kirghizstan tout en cherchant à établir des avantages réciproques entre les deux pays.

Le règlement de la délicate question du tracé de la frontière commune aux deux pays, longue de 1.100 km, fait partie des accords qui ont été signés. En effet, la question de la frontière sino-kirghize est un sujet récurrent de tensions entre les deux pays. En 2002, la cession à la Chine d'un territoire frontalier de 90.000 km2 (soit le 5ème du territoire français) avait donné lieu à de vives protestations au Kirghizstan de la part de l'opposition..

En ce qui concerne le problème des Ouïghours, la Chine a pu compter sur la coopération du Kirghizstan dans la lutte contre le mouvement séparatiste de ces musulmans turcophones de la région du Xinjiang (extrême-ouest de la Chine), combattu par Pékin. Les deux pays ont signé en décembre dernier un accord antiterroriste. M. Wen a insisté lors de sa visite à Bichkek sur les efforts à développer dans ce sens. En 2003, les relations entre les pays voisins s'étaient assombries quand un car chinois assurant la liaison Bichkek-Kashgar (ville du Xinjiang) avait été incendié en territoire kirghize, entraînant la mort des 21 occupants, dont 19 ressortissants chinois. Pékin y avait vu la main des résistants ouighours et avait déploré le manque de fermeté et de rapidité des autorités kirghizes dans la recherche des coupables.

Les deux hommes ont également discuté de l'état d'avancement d'un projet de construction d'une liaison ferroviaire entre l'ouest de la Chine et l'Ouzbékistan, via le Kirghizstan. La Chine, pour le moment, a réalisé la portion de ligne menant jusqu'à la frontière kirghize. Reste à régler la question de la traversée du territoire kirghiz, zone de montagne qui nécessite d'importants travaux d'infrastructure et que le pays n'a pas les moyens financiers de mener à bien tout seul. La Chine s'est proposée de participer au financement du chantier, mais se pose le délicat problème de la proportion d'ouvriers chinois et kirghizes affectée aux travaux. Le Kirghizstan a le souci, à la fois, de faire travailler ses propres ressortissants et de contenir le nombre de citoyens chinois présents sur son sol (environ 100.000 pour le moment), craignant qu'ils restent dans le pays après la fin du chantier.

Alexandre Kebabdjian/ Colisée - 22 septembre 2004