Géorgie : Mikheïl Saakachvili propose un plan de paix pour l'Abkhazie (septembre 2004)
2012-02-03

Le mois de septembre 2004 a vu le film des événements abkhazes s'accélérer, sans qu'une solution au différend abkhazo-géorgien ne se dégage véritablement. Mikheil Saakachvili a proposé à l'Assemblée Générale des Nations Unies un plan de paix en 3 étapes entre l'Abkhazie et la Géorgie, visant à réintégrer le territoire abkhaze au territoire géorgien.

Film des événements



2 septembre, Moscou

. Les autorités russes annoncent la réouverture de la voie verrée Moscou - Soukhoumi, selon les accords Poutine / Chevardnadzé de décembre 2002. Les autorités géorgiennes protestent car la contrepartie de retour en Abkhazie des personnes déplacées d'ethnie géorgienne, négociée à l'époque, n'est pas respectée.

6 septembre, Novo Ogarevo (Russie)

. Lors d'une conférence de presse destinée aux journalistes et experts occidentaux, Vladimir Poutine donne sa position : "... La nationalité géorgienne a été imposée aux Abkhazes qui n'en ont jamais voulu ... Chevardnadzé n'a pas tenu ses promesses en implantant des combattants tchétchènes à la frontière abkhazo-géorgienne ... Saakachvili ne semble pas tenir ses promesses de solution pacifique et donne l'impression de préparer la guerre ... La Russie a un rôle particulier à jouer en Abkhazie".

8 septembre, Soukhoumi

. Raoul Khadjimba déclare: "... L'Abkhazie n'a pas l'intention et n'a pas intérêt à demander son adhésion à la Fédération de Russie ... Elle veut seulement maintenir son indépendance ... Une coopération économique pourra s'instaurer avec la Géorgie lorsqu' elle reconnaîtra l'indépendance de l'Abkhazie ...".

10 septembre, Tbilissi

. Mikheil Saakachvili déclare que la Géorgie confisquera les biens "illégalement" acquis en Abkhazie par le maire de Moscou, Youri Loujkov, (plusieurs sanatoriums) lorsqu'elle recouvrira son intégrité territoriale, tout comme elle lui a confisqué ses biens en Adjarie.

13 septembre, Moscou

. Après les déclarations de général Youri Balouyevsky le 8 septembre, Vladimir Poutine confirme que la Russie est prête à traquer militairement les terroristes non seulement sur son territoire, mais également à l'étranger .

14 septembre, Tbilissi

. Le ministre de la défense, Guiorgui Baramidzé, informe que l'espace aérien de la Géorgie a été violé dans la vallée du haut Kodori (partie de l'Abkhazie sous contrôle géorgien) entre 4 et 5 heures du matin, durant une dizaine de minutes, par 4 hélicoptères russes Mi-8. Alexandre Drobitchesky, porte-parole de l'aviation militaire russe dément. Quelques jours auparavant, des médias russes s'étaient fait l'écho de la présence dans ces gorges de terroristes concernés par le drame de Beslan (Ossétie du Nord).

15 septembre, Soukhoumi

. Astamour Tarba, nouveau premier ministre, confirme l'interruption des négociations avec la Géorgie suite à l'interception d'un navire turc par les gardes côtes géorgiens dans "les eaux territoriales abkhazes". Il demande la condamnation de la Géorgie par les Nations Unies.

15 septembre, Astana (Kazakhstan)

. Le remplacement de l'ancien commandant de la "force de paix" de la CEI (russe à 100%) en Abkhazie par le général Volotchine est officialisé.

16 septembre, Astana (Kazakhstan)

. Un incident verbal oppose Vladimir Poutine et Mikheil Saakachvili devant les autres chefs d'Etat de la Communauté des Etats Indépendants.

Il concerne la décision unilatérale russe de réouverture de la voie ferrée de Moscou à Soukhoumi sans prise en compte de la contrepartie de retour en Abkhazie des 250 000 Géorgiens déplacés depuis 1992. Les quelques milliers de Géorgiens résidant aujourd'hui dans le district de Gali craindraient pour leur sécurité physique.

Il relève aussi de l'analyse des questions de séparatisme et de terrorisme en Abkhazie, en Ossétie du Sud et en Tchétchénie. Mikheil Saakachvili aurait rappelé que "le chef de guerre tchétchène Chamyl Bassaiev, tenu aujourd'hui comme responsable des évènements de Beslan, avait été le héros du séparatisme abkhaze en 1992 avec l'oreille favorable de Moscou".

Rien ne filtrera quelques heures plus tard, d'un entretien à huis clos entre les deux chefs d'Etat.

21 septembre, New York

. Mikheil Saakachvili propose à la 59ème Assemblée Générale des Nations Unies un plan de paix pour l'Abkhazie (et pour l'Ossétie du Sud), avec implication de la communauté internationale pour la résolution des conflits :
- 1ère étape : construction d'un climat de confiance par échanges d'ONG, d'étudiants, de journalistes, de personnel médical, d'athlètes, ...
- 2éme étape : démilitarisation et décriminalisation,
- 3éme étape : établissement de garantie d'autonomie concernant la culture, la langue, le gouvernement régional, le contrôle fiscal et la représentativité au niveau du gouvernement national de la Géorgie.

La création d'une économie forte serait le ciment de la solution préconisée, dont bénéficierait toute la région du Caucase.





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