Géorgie : manifestations dans plusieurs pays à la date anniversaire des massacres d'Abkhazie (septembre 2004)
2012-02-03

Le 27 septembre 1993 dix mille Géorgiens étaient massacrés et trois cent mille étaient déplacés vers l'intérieur du pays

Plusieurs villes dans le monde, Tbilissi, Moscou, Berlin, Londres et New York en particulier, ont marqué cette date par une manifestation particulière. L'Association Géorgienne de France l'a commémorée devant l'ambassade de Russie.

De source géorgienne, les victimes de ces tragiques événements ont été au nombre de 10 000 et les personnes déplacées au nombre de 300 000. Depuis onze années, ces dernières résident provisoirement tant à Zougdidi, qu'à Tbilissi ou dans le Sud du pays, dans l'attente d'un hypothétique retour dans leurs villages et dans leurs villes. Elles subsistent généralement grâce à l'aide internationale.

Toujours de source géorgienne, la défaite des forces nationales a été dûe, non pas aux forces abkhazes sécessionnistes et aux forces tchétchènes venues les aider, mais à des forces d'origine russe disposant des facilités de l'armée officielle.

Depuis lors, la "force de paix" russe sépare :
- la partie de l'Abkhazie en sécession, dans laquelle un seul district accueille encore des Géorgiens (celui de Gali),
- du reste de la Géorgie, dans laquelle les gorges de Kodori abkhazes restent sous contrôle géorgien.

Les Nations-Unies y ont implanté une mission d'observation. L'Abkhazie s'est dotée d'une constitution et d'un gouvernement , non reconnus internationalement.

Le 27 septembre à 10 heures, une manifestation a été organisée par l'Association Géorgienne de France devant l'ambassade de la Russie à Paris, avec l'autorisation des autorités françaises. Le président de l'Association, Guia Sardjveladzé, a remis au premier conseiller russe une lettre "rappelant les événéments du 27 septembre 1993 et protestant vis-à-vis de la position russe sur l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, position qui encourage les séparatismes".

L' ouverture unilatérale par la Russie de la voie ferrée Moscou - Soukhoumi (capitale de l'Abkhazie) le 8 septembre 2004 avait donné lieu à un incident verbal entre Vladimir Poutine et Mikhaïl Saakachvili au sommet des chefs d'État de la Communauté des États Indépendants à Astana (Kazakhstan) le 17 septembre : elle ne tenait pas compte, aux yeux du président géorgien, des négociations menées en décembre 2002 entre Vladimir Poutine et Edouard Chevardnadzé et qui aurait dû impliquer le retour des Géorgiens déplacés hors Abkhazie,

La manifestation s'est dispersée dans le calme.

Mirian Méloua.