L'importance des investissements pour l'économie de la Russie (2004)
2011-08-26

Dans son intervention devant le Conseil consultatif pour les investissements étrangers, réuni à Moscou, le 27 septembre, le Premier ministre, Mikhaïl Fradkov, a déclaré : "Nous sommes confrontés aujourd'hui à de nouveaux problèmes ; la croissance est freinée par le manque de capitaux et l'économie n'est pas assez diversifiée". Les investissements étrangers constituent un élément de réponse important.
Le gouvernement prévoit diverses mesures pour attirer les investisseurs : poursuivre la réforme administrative ; dynamiser la réforme des monopoles naturels ; assurer la transparence du marché des valeurs ; perfectionner la législation afin de développer le marché des valeurs, de créer une bourse centrale, de mettre en place un système de clearing performant, et de favoriser l'accès des entreprises au marché des valeurs.

La législation antitrust sera, elle aussi, améliorée en vue de rendre les choses plus compréhensibles pour les investisseurs étrangers et de créer des conditions égales pour tous. Le Premier ministre a insisté sur le fait que, dans le cadre de la réforme administrative, il est prévu de remanier le processus de formation du budget et de diminuer la charge fiscale. Entre 2001 et 2003, celle-ci est passée de 33,6 % à 31 %. Elle devrait baisser davantage encore en 2004 et au cours des années suivantes.

S'adressant aux investisseurs étrangers présents dans la salle, Mikhaïl Fradkov a assuré qu'ils pourraient travailler sans crainte sur le marché russe. Un projet de loi concernant la concurrence sur le marché des services financiers est à l'étude. Il prévoit notamment des mécanismes de lutte contre les abus de position dominante. "Le gouvernement apportera son soutien au Conseil, car les dix années écoulées ont montré l'efficacité de cet organisme, dont les potentialités sont loin d'avoir été épuisées".

"Au cours des neuf premiers mois de l'année, les investissements dans l'économie russe se sont accrus de 12,2 %", a indiqué le vice-ministre des Finances, Serguéï Chatalov. Les investisseurs les plus importants sont l'Allemagne, Chypre, les Pays-Bas, le Luxembourg, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Au cours du premier semestre 2004, 19 milliards de dollars ont été investis par des étrangers en Russie. Le volume des investissements étrangers cumulés dépasse les 66 milliards de dollars. Les investissements étrangers directs se sont montés à 3,4 milliards de dollars, contre 2,5 milliards pour la même période de l'an dernier. "Malgré l'accroissement des indices quantitatifs, la proportion des investissements étrangers directs a un peu diminué par rapport à l'année dernière, passant de 20% à environ 18% du volume global des investissements". Cela s'explique par l'accroissement considérable des autres investissements, notamment des crédits accordés aux entreprises russes par des investisseurs étrangers.

Le volume des autres investissements représente 15,4 milliards de dollars (81,3% du volume global des investissements), contre 10,1 milliards pour la même période de l'an dernier. Le montant des investissements étrangers effectués dans l'industrie a été particulièrement important (10,3 milliards de dollars). Le commerce a bénéficié de 6,1 milliards de dollars d'investissements. Une proportion bien moindre est revenue au bâtiment, aux transports et aux télécommunications.

"Les conditions des accords existants sur le partage de la production ne seront pas revues", a assuré le ministre du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref. Le ministre considère cependant que le mécanisme de ces accords n'est pas transparent et propose de le modifier. Une nouvelle loi sur le sous-sol sera approuvée par le gouvernement avant la fin de l'année. Le projet est actuellement à l'étude au niveau de son ministère et de celui des Ressources naturelles. Guerman Gref a annoncé qu'à partir du 1er janvier 2005, les formalités de délivrance des licences seraient simplifiées. Par exemple la pratique dite de la "double clé" sera supprimée : les gouverneurs n'auront plus à signer les licences, qui seront délivrées par une commission fédérale. Par la suite, il est envisagé de recourir de préférence aux enchères pour accorder le droit d'exploiter les gisements. Cette méthode implique une participation sur un pied d'égalité, sans discrimination, de tous les investisseurs.

"Dans les cinq ans à venir, il est tout à fait possible de doubler les investissements dans l'économie de la Russie", a déclaré à la presse James Tarley, coordinateur des membres étrangers du Conseil consultatif pour les investissements étrangers en Russie. Le président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Jean Lemierre, a souligné que "le nombre des projets d'investissement ne cessait d'augmenter en Russie". De plus en plus d'investisseurs estiment qu'il est possible d'investir dans ce pays. "Ce sont d'ailleurs tant des étrangers que des Russes, ce qui est un très bon signe en soi", a noté le président de la BERD.


28 septembre 2004/RIA-NOVOSTI