Deuxième tour des municipales en Serbie : les ultranationalistes talonnent les démocrates (2004)
2012-05-12

Les Serbes se sont rendus aux urnes dimanche 3 octobre pour élire leurs maires lors du second tour d'un scrutin dont l'importance dépasse les enjeux municipaux: une victoire des ultranationalistes du Parti radical serbe (SRS) pourrait freiner les ambitions européennes de la Serbie.

"Nous ne devons pas faire un seul pas politique qui nous éloignerait de notre objectif, celui d'adhérer à l'Union européenne", a déclaré le président serbe réformateur Boris Tadic, du Parti démocratique (DS), après avoir voté.

A Belgrade, c'est le candidat du DS Nenad Bogdanovic qui a remporté la mairie de justesse, selon les observateurs indépendants du CeSID, avec 50% des voix contre le candidat ultranationaliste Aleksandar Vucic (48%), qui a concédé la défaite. "J'étais si près (...) si la participation avait été plus importante, j'aurais gagné", a-t-il déclaré. M. Bogdanovic a bénéficié du soutien des électeurs du parti du Premier ministre Vojislav Kostunica, le Parti démocratique de Serbie (DSS), après un accord électoral entre MM. Tadic et Kostunica à l'issue du premier tour.
La victoire du Parti démocratique à Belgrade, dont le maire est le troisième personnage de la république, après le Premier ministre et le président, est donc rassurante pour les partisans du rapprochement avec l'Europe.

En revanche, à Novi Sad, capitale de la Voïvodine, les partisans de l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic étaient en tête. Maja Gojkovic du SRS aurait recueilli 49,9 % des suffrages, contre 49% à son adversaire du DS, Borislav Novakovic. Ce dernier a concédé la défaite.

A Nis, troisième ville de Serbie, Smiljko Kostic un candidat du parti Nouvelle Serbie, membre de la coalition au pouvoir, l'a emporté avec 62,8 % des voix, selon le CESID. Il était en compétition avec un ultranationaliste.

La participation, qui n'a été que de 30 % - l'une des plus faibles depuis la chute de Slobodan Milosevic en 2000 - signe la désaffection des Serbes.

La Voïvodine, province du nord de la Serbie où le SDS a enregistré une importante progression, a récemment été le théâtre de tensions entre majorité serbe et minorité hongroise. Des attaques ont ciblé cette communauté, notamment ses cimetières.

D'après AP et ATS.