Référendum et législatives en Biélorussie : un tour de vis supplémentaire sur la vie politique (octobre 2004)
2012-02-27

La Constitution actuelle de la Biélorussie ne permet pas au Président sortant, dont le second mandat touchera à sa fin en 2006, de se représenter. Alexandre Loukachenko a donc appelé à un référendum sur la révision de la Constitution, qui s'est tenu en même temps que les élections législatives le dimanche 17 octobre.

Selon les premiers résultats officiellement annoncés, le oui aurait recueilli 77 % des suffrages exprimés, ce que contestent l'opposition et les observateurs internationaux. Un sondage indépendant à la sortie des urnes aurait enregistré seulement 48 % pour le oui. Le taux de participation aurait été, lui aussi, manipulé : 90 % selon les chiffres officiels. Le quorum de 50 % était nécessaire pour que le scrutin soit validé.

Les observateurs européens de l'OSCE ont estimé que ces élections «sont très loin» d'avoir respecté les normes démocratiques telles qu'elles sont établies par l'organisation.

« Les autorités biélorusses n'ont pas assuré les conditions fondamentales nécessaires pour que la volonté du peuple serve de fondement à l'autorité du gouvernement (…) L'influence dominante de l'administration de l'État était apparente à tous les niveaux du processus électoral».

Pour Tone Tingsgaard, haut responsable parlementaire de l'OSCE, les autorités de Minsk n'ont «pas tenu compte» des principes démocratiques lors du scrutin de dimanche.

Les observateurs de l'OSCE soulignent notamment l'exclusion de nombreux candidats aux législatives, les descentes de police dans des bureaux de campagne et la très nette partialité des médias contrôlés par l'État.

Plus de deux mille personnes ont manifesté lundi à Minsk pour protester contre l'adoption du référendum qui permet à Alexandre Loukachenko d'envisager un troisième mandat de président.

Plus de deux mille personnes se sont rassemblées pour protester contre ce qu'elles estimaient être une manipulation. Les manifestants, parmi lesquels se trouvaient de très nombreux jeunes, se sont rassemblés à l'appel de l'opposition place d'Octobre, à quelque 150 mètres du siège de la présidence biélorusse, dénonçant "la honte" du référendum et "le vol des voix des électeurs". Un "niet" en lettres rouges barrait une grande banderole, alors que les manifestants scandaient "Loukachenko démission" et "La Biélorussie est vivante". Sur un coin de la place, un écran géant retransmettait le très officiel journal télévisé, sous les huées des manifestants.

La police biélorusse a dispersé sans ménagement les manifestants qui tentaient de s'approcher du bâtiment de la présidence en forçant des cordons de police. De nombreuses arrestations ont été opérées.

On s'attend à ce que les élections législatives donnent un parlement entièrement favorable au président Loukachenko. Selon nos informations, l'opposition n'obtiendrait aucun siège de député. 108 sur 110 sièges ont déjà été attribués à des candidats officiels.

On peut malheureusement craindre une nouvelle période de resserrement de l'étau autour de la politique, de la société et de l'économie biélorusses. HC.