Macédoine : nouvelle bataille diplomatique autour du nom du pays
2004-11-11

Le 4 novembre, les Etats-Unis ont formellement reconnu l'ancienne république yougoslave sous le nom de « Macédoine ». Depuis son indépendance en 1991, le nom officiellement reconnu par la communauté internationale était FYROM (pour Former Yugoslav Republic Of Macedonia). La Grèce a aussitôt protesté, et a convoqué l'ambassadeur américain en poste à Athènes. Le gouvernement grec a fait savoir qu'il bloquerait l'entrée de la Macédoine dans l'Otan et dans l'Union Européenne. Il va aussi tenter d'empêcher d'autres pays de suivre la démarche américaine.

Pour la Grèce, le nom de « Macédoine » désigne une province au nord du pays, où est né Alexandre le Grand, et prétend craindre une remise en cause de ses frontières. Elle avait mis en place un embargo économique contre l'ex-république yougoslave de 1993 à 1996.

L'annonce américaine a surpris les observateurs, étant le premier geste diplomatique après les élections présidentielles US. Javier Solana, responsable de la politique extérieure de l'Union Européenne, a fait savoir qu'il n'avait pas été prévenu de cette décision. Aux Etats-Unis même, l'importante communauté grecque était stupéfaite.

Cette reconnaissance « n'est pas dirigée contre la Grèce » a fait savoir le Département d'Etat américain, mais devrait être perçue comme un engagement à soutenir un Etat macédonien « multiethnique, démocratique, dans ses frontières actuelles » après l'échec du référendum du 7 novembre (voir [URL : art1559]). Il a aussi été souligné que la Macédoine avait été un allié fiable dans la « guerre contre le terrorisme » (Skopje maintient environ 30 soldats en Irak, voir [URL : art1439]).

Le président macédonien Branko Crvenkovski a souligné sa satisfaction : "c'est un grand jour pour la Macédoine" a-t-il déclaré, en ajoutant qu'il espérait des relations « amicales » avec son voisin grec.

Mais quelques heures plus tard, on apprenait que le gouvernement grec a décidé de retarder la signature d'un accord avec Skopje accordant des permis de séjour à quelque 15.000 saisonniers macédoniens. Le ministre grec du Travail Panos Panayiotopoulos a annulé une rencontre prévue le 15 novembre prochain à Athènes avec son homologue macédonien Jovan Manasijevski au cours de laquelle devait être signé cet accord.