Géorgie : Natia Djaparidze, ancien ambassadeur en France
2012-11-07

Texte actualisé le 28 février 2007

Le 23 juin 2004, Salomé Zourabichvili propose la nomination de Natia Djaparidzé au poste d'ambassadeur à Paris, après accord du président Saakachvili. Le 10 août, le Parlement géorgien vote favorablement à cette proposition. Le 3 novembre le président Chirac reçoit les lettres de créance de la nouvelle ambassadrice. Le 27 décembre 2006, le Parlement géorgien vote en faveur de la nomination d'un nouvel ambassadeur à Paris.

Natia Djaparidzé est née en 1967, à Tbilissi. Son attirance pour les langues étrangères s'éveille à 16 ans. Après le russe et l'anglais, elle se passionne pour le français et la littérature française qu'elle étudie à l'Université de Tbilissi dans la section des langues européennes.

En 1992, elle trouve l'opportunité de poursuivre ses études à l'Université de Lyon. Elle découvre un monde nouveau, des bibliothèques riches de milliers d'auteurs.

En 1993, à son retour à Tbilissi elle s'engage auprès d'une ONG française "Première Urgence" : interprétariat, assistanat. Cette première expérience professionnelle lui fait découvrir les difficultés économiques dans lesquelles se débattent la plupart de ses compatriotes.

En 1994, elle accède à l'Université de Tbilissi, au poste de

professeur de civilisation et de littérature françaises

. Elle le conservera jusqu'en juillet 2004 et participera ainsi à la formation d'une partie de la jeunesse géorgienne francophone.

Parallèlement, elle est appelée en 1994, pour quatre années, à la

Délégation de la Commission Européenne en Géorgie

et s'initie aux arcanes des organisations internationales.

Elle rejoint ensuite, en 2000, le

Conseil de l'Europe

en qualité de directrice de l'Organisation à Tbilissi.

A ce titre, et en collaboration avec d'autres organisations comme "Open Society Georgian Foundation" ou "Civitas Georgia", elle initie colloques et séminaires dans les domaines de l'enseignement, de l'administration et des médias.

En novembre 2003, lors de la Révolution des Roses, elle vit les évènements avec optimisme, "Pour moi, la démarche était naturellement pacifique et joyeuse, et exprimait la solidarité dont les Géorgiens font toujours preuve en cas de difficulté".

Ambassadeur en France et déléguée permanente auprès de l'UNESCO



En juin 2004, le poste d'ambassadeur de Géorgie en France et de délégué permanent auprès de l'UNESCO lui est proposé : elle accepte. Après le vote du Parlement géorgien en août, la remise des lettres de créance au président Jacques Chirac en novembre, Natia Djaparidzé investit une ambassade restée sans titulaire de longs mois.

Les dossiers ne manquent pas : le statut d'observateur auprès de l'Organisation Internationale de la Francophonie, la préservation du patrimoine culturel (abordés par les présidents des parlements du Caucase Sud et de la France, à Versailles), les relations bilatérales franco-géorgiennes (approfondissement des échanges économiques, rapprochement avec l'Union Européenne...), sans oublier le retour à la Géorgie de la résidence d'exil du gouvernement de sa Ière République, à Leuville-sur-Orge.

Elle réserve à ce lieu, mythique pour tous les Géorgiens, l'une de ses premières représentations officielles, le 13 novembre 2004.

L'équipe diplomatique est renouvelée et remise en ordre de marche. Les négociations d'adhésion de la Géorgie à l'Organisation Internationale de la Francophonie sont conclues. La relance d'un partenariat avec l'UNESCO et le Sénat français sur les questions de sauvegarde du patrimoine géorgien est engagée. L'accord de jumelage entre Nantes et Tbilissi, l'accord de coopération décentralisée entre l'Yonne et la Kakhétie sont soutenus. La piste d'une coopération entre Lyon et Koutaïssi est ouverte. La Géorgie participe aux Salons Mondiaux du Tourisme à Paris.

Pourtant, en octobre 2005, des tensions apparaissent entre l'ambassade de Géorgie en France et certains parlementaires géorgiens, Elena Tevtoradzé, présidente du Comité des Droits de l'homme auprès de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (Strasbourg) et Guia Khéviachvili, président du Comité des questions agraires (en déplacement à Paris). Ces mêmes parlementaires, et d'autres, obtiennent à la même époque le départ de Salomé Zourabichvili.

Entre temps Natia Djaparidzé prépare les visites officielles, ou officieuses, à Paris, du président géorgien, Mikheïl Saakachvili, de la présidente du Parlement, Nino Bourdjanadzé, des deux ministres géorgiens successifs des Affaires étrangères, Salomé Zourabichvili et Guéla Béjouachvili, du ministre d'Etat chargé de l'intégration europénne et euro-atlantique, Guiorgui Baramidzé, de leurs différents conseillers.

Le bilan peut paraître contrasté, dans un contexte difficile.



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