Roumanie : M. Basescu, candidat de l'opposition, vainqueur de la présidentielle (12 décembre 2004)
2012-02-13

Le candidat de l'opposition et maire de Bucarest, Traian Basescu a emporté l'élection présidentielle de Roumanie avec 51,7% des voix, selon les résultats partiels annoncés lundi par le Bureau électoral central (BEC) portant sur le décompte de 92% des voix.

Le Premier ministre sortant, Adrian Nastase est crédité de 48,3% des voix, selon ces résultats partiels du BEC. Deux sondages sortie des urnes diffusés tard dimanche soir donnaient M. Nastase, candidat du Parti Social Démocrate (PSD) et M. Basescu de l'Alliance de centre-droit DA, au coude-à-coude, avec 50 % des voix chacun.

Près de 18 millions d'électeurs avaient à départager les deux hommes devant choisir entre la continuité et "la stabilité" défendue par M. Nastase et le changement "contre la corruption" que prône M. Basescu. Le Premier ministre sortant était arrivé en tête au premier tour, le 28 novembre, avec 41 % des suffrages, contre 34 % pour M. Basescu, soit sept points d'avance. La participation à ce second tour, tournait autour de 53 % à 20 heures locales, soit une heure avant la clôture du scrutin. Elle pourrait avoisiner au total le niveau du premier tour, soit 57 %.

Plutôt favorable à M. Nastase, le milieu rural, où vivent plus de 40 % de la population, a souvent voté en fin de matinée, après la messe, tandis qu'en milieu urbain, où M. Basescu a fait ses meilleurs scores du premier tour, on votait plus tard. Ainsi, M. Basescu comptait sur une forte mobilisation des électeurs des villes, pour inverser la tendance, alors que M. Nastase était donné favori avant le scrutin.

Tous les deux pro-européens convaincus, MM. Nastase et Basescu ont toutefois des tempéraments et des discours très différents qui ont contribué à une forte polarisation de l'électorat. M. Nastase, 54 ans, est jugé distant et autoritaire, tandis que son adversaire, ancien capitaine de la marine marchande âgé de 53 ans, tranche par son franc-parler et sa spontanéité. Alors que les thèmes de la corruption et de l'intégration dans l'Union européenne ont dominé la campagne électorale, M. Basescu a une nouvelle fois pris à partie son rival dimanche, en appelant les Roumains à "se débarrasser du régime corrompu" en place.

Apparemment, M. Nastase, n'a pas totalement profité du coup de pouce de l'annonce, à trois jours du scrutin, de la fin des négociations d'adhésion à l'UE. La clôture des deux derniers chapitres sur la concurrence et la justice, a toutefois été accompagnée d'une clause de sauvegarde particulièrement stricte, qui pourra être activée à la majorité qualifiée des Etats membres de l'Union au cas où la Roumanie ne respecterait pas ses engagements, ce qui retarderait d'un an son adhésion, prévue en janvier 2007.

AFP./13 décembre 2004 - 10 h.