Azerbaïdjan : Un sondage fait le point des principales préoccupations de l'opinion publique
2004-12-13

69 % des citoyens de l'Azerbaïdjan considèrent que le principal problème de leur pays est le conflit du Karabakh qui a fait plusieurs centaines de réfugiés dans leur propre pays. Tel est le résultat du sondage effectué par la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES) avec le soutien financier de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). 1.620 personnes ont été interrogées à Bakou et dans six autres villes importantes du pays du 21 juin au 21 juillet dernier.

Le ministre azerbaïdjanais de la Sécurité nationale et président de la Commission d'Etat pour les prisonniers et les personnes portées disparues ou pris en otages, Eldar Makhmoudov, a annoncé lors d'une rencontre avec Mari Werntz, responsable du comité international de la Croix Rouge à Bakou que 1 357 citoyens azerbaïdjanais faits prisonniers par l'Arménie avaient été libérés de 1998 à 2004. Il a aussi affirmé disposer de dépositions de témoins sur la détention d'encore 783 personnes en Arménie.

Il a dit, d'autre part, que 4.852 citoyens d'Azerbaïdjan avaient été portés disparus au cours du conflit arméno-azerbaïdjanais à cause du Haut-Karabakh (enclave arménienne sur le territoire de l'Azerbaïdjan sortie de la juridiction de Bakou à la fin des années 1980 et au début des années 1990).

Le sondage a établi que 40 % des personnes interrogées étaient préoccupées du chômage, 13 % du bas niveau de vie et 6 % des problèmes économiques et de l'imperfection de la protection sociale.

L'état économique du pays est "bon" ou "très bon" pour 54 % des sondés, 48 % estiment qu'il doit s'améliorer l'année prochaine et 7 % attendent une dégradation.

46 % pensent que le régime dans le pays est démocratique, 20 % ne sont pas d'accord et seulement 37 % connaissent leurs droits civils.

De l'avis de 40 % des personnes qui ont répondu au questionnaire, parmi les partis politiques, c'est Eni Azerbaïdjan, parti au pouvoir, qui incarne le plus pleinement les intérêts de la population.

60 % des sondés ne croient pas à l'objectivité du système judiciaire. La corruption est particulièrement répandue dans l'enseignement et la santé publique (fait curieux : les services sociologiques russes constatent la même situation en Russie. Il paraît que c'est un mal commun à tous les Etats "nouveaux" apparus dans l'espace post-soviétique).

25 % des personnes interrogées ont déclaré qu'elles se rendront sans faute aux urnes le 17 décembre pour élire les dirigeants municipaux, 33 % n'ont pas exclu leur participation au scrutin.

Les principales sources d'information dans le pays est la télévision, de l'avis des sondés. Les chaînes de télévision russes sont populaires pour 51 % des personnes interrogées et 49 % préfèrent les chaînes turques. Le journal de l'opposition "Eni Moussavat" et le journal d'expression russe "Zerkalo", totalisant chacun 7 % des voix des personnes interrogées, sont les médias écrits les plus populaires.

Le sondage a également mis en évidence le fait que les jeunes de 18 à 25 ans sont très peu informés des processus politiques et économiques qui ont lieu dans leur pays.

RIA Novosti/2 décembre 2004