Les jeunes et les enfants, 18 millions d'indigents dans les Peco (2004)
2012-12-18

Presque 18 millions d'enfants et de jeunes gens de la région vivent dans l'indigence, avec moins de 2,15 $ par jour. Un rapport de l'Unicef fait le point sur la situation sanitaire, l'éducation, les changements démographiques et constate l'appauvrissement et l'accroissement de la précarité dans les familles.

La pauvreté infantile est largement répandue dans la Communauté des Etats indépendants (CEI) et dans les pays d'Europe centrale et orientale (PECO), malgré des économies en hausse dans la région. Presque 18 millions de jeunes vivent dans l'indigence et de plus en plus d'enfants finissent dans des établissements publics ou sur des listes d'adoption car les familles ont du mal à subsister.

Le rapport "Dix ans de transition", publié par le Centre de recherche Innocenti de l'UNICEF de Florence (Italie) examine le niveau de vie des plus de 400 millions de personnes qui vivent dans la région CEI/PECO. Il étudie les revenus et la pauvreté infantile, la santé, l'éducation, les changements démographiques, et les enfants confiés à l'assistance publique. Le rapport constate des disparités considérables dans la situation des enfants à travers les 27 pays de la région.

Un appauvrissement global




Le rapport constate qu'au cours de la dernière décennie le nombre d'enfants dans les familles pauvres a sensiblement augmenté tandis que les revenus réels ont diminué et que l'inégalité s'est accrue. On estime qu'à la fin des années 90 presque 18 millions d'enfants de 0 à 17 ans vivaient avec moins de 2,15 $ par jour, ce qui constitue un critère de pauvreté selon la Banque mondiale. Ces 18 millions représentent environ 17 % de ce groupe d'âge au sein de la population. La majorité de ces enfants pauvres - 16 millions - vivaient dans la CEI, et deux autres millions en Europe centrale et orientale, y compris les Etats baltes et les pays de ex-Yougoslavie. En République de Moldova, en Arménie, au Kirghizistan et au Tadjikistan, la majorité des enfants étaient pauvres selon le critère de 2,15 $ par jour.

Le rapport de l'UNICEF mentionne également un seuil plus élevé de pauvreté, à savoir de moins de 4,30 $ par jour. En fonction de ce critère le nombre d'enfants et de jeunes gens pauvres dans la région augmente jusqu'à atteindre presque 60 millions, bien plus de la
moitié de l'ensemble de ce groupe d'âge de 108 millions.

"Dix ans de transition" relève des disparités croissantes dans la situation sanitaire des populations entre les parties plus pauvres et plus riches de la région. En Ukraine, en Russie et en Arménie, un enfant sur sept souffre de malnutrition ; en Albanie, en Ouzbékistan et au Tadjikistan, un enfant sur trois. Dans certaines parties de la région, le rapport constate d'inquiétants niveaux d'abandon scolaire, de redoublements et d'entrée tardive à l'école. Dans le secondaire, la fréquentation du groupe d'élèves de 15 à 18 ans est passée de deux tiers en 1989 à moins de la moitié en 1998. L'Europe centrale a franchi le seuil de l'an 2000 avec des taux plus élevés. Le rapport remarque une reprise ou une augmentation des taux d'inscription préscolaire au cours des années 90 en Europe centrale, dans l'ex-Yougoslavie et dans les Etats baltes. L'enseignement du troisième cycle a progressé dans tous les pays, hormis l'Arménie, le Turkménistan et l'Ouzbékistan.

Plus d'enfants abandonnés



Il y avait plus d'1 million 500.000 enfants placés en établissement à la fin des années 90, environ 150.000 de plus qu'au début de la décennie. Les taux plus élevés d'enfants placés en établissement reflètent l'accroissement des risques auxquels sont exposés les enfants : affaiblissement des liens familiaux, diminution du revenu des ménages, moindre accès à la santé et à l'éducation, taux plus élevés de mortalité adulte. Une hausse s'est produite dans la
plupart des zones de la région (à l'exception du Caucase et de l'ex-Yougoslavie), et en particulier dans les Etats baltes. L'Europe centrale présente également des taux élevés, en nette opposition avec d'autres indicateurs sociaux pour lesquels cette partie de la région remporte souvent les meilleurs résultats. Le nombre d'enfants confiés à l'assistance publique a augmenté de plus d'un tiers depuis 1989, en dépit d'une diminution du nombre des jeunes enfants.

Une situation qui s'aggrave



- Le nombre total d'enfants dans la région - 108 millions - est inférieur d'environ 13 % à celui de 1989.
- Le nombre d'enfants de moins de cinq ans a diminué de plus d'un tiers, passant de 36 à 23 millions, par suite d'une forte chute des naissances. Les taux de nuptialité ont également baissé d'un tiers en moyenne, et la proportion moyenne de naissances illégitimes a doublé, passant de 11 % à 22 %.
- Les cas de VIH/SIDA ont vertigineusement augmenté en Russie et en Ukraine. Environ 90 % des 700.000 personnes qu'on estimait atteintes du VIH/SIDA dans les pays en transition à la fin de 2000 appartenaient à ces deux pays.
- La tuberculose est réapparue dans la région avec des augmentations de 50 % d'incidence relevées dans les pays les plus pauvres. Le Kirghizistan, le Kazakhstan et la Roumanie sont les plus touchés. D'après une étude mondiale menée vers la fin des années 90 dans plus de 50 pays, l'Estonie présente l'incidence la plus élevée de tuberculose résistante aux médicaments.

Pour obtenir un exemplaire du rapport
"Dix ans de transition" visitez le site web du Centre de recherche Innocenti de l'UNICEF
: [http://www.unicef-icdc.org/->http://www.unicef-icdc.org/]


Article publié dans le numéro 49 de [la Lettre du Colisée->322]