Ouzbékistan : élections législatives dénoncées par l'OSCE et l'ONU
2004-12-28

85 % des 14,3 millions d'électeurs, selon la Commission électorale centrale, ont participé aux élections législatives qui se sont tenues le dimanche 26 décembre en Ouzbékistan en vue de désigner les 120 députés de la chambre basse

Ce scrutin ne correspond pas aux normes internationales, a annoncé le lendemain l`Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), soulignant que l`opposition avait été interdite de se présenter. "Bien que l`on note quelques améliorations mineures par rapport à 1999, la mission de l`OSCE a conclu que les élections étaient très loin de répondre aux standards internationaux pour des élections démocratiques", a déclaré un membre de la mission d`observation menée par l`OSCE dans l`ex-république soviétique d`Asie centrale. De son côté, Lubomir Kopaj, chef de la mission d'observation de l'ONU a déclaré : "Malheureusement, l'application de la législation électorale par les autorités n'a pas assuré une élection plurielle, compétitive et transparents". Pour lui, le processus électoral en Ouzbékistan nécessite des "améliorations majeures", avec "de la volonté politique" de la part du gouvernement ouzbek pour mettre en place ces changements. "Les principes fondamentaux pour un processus électoral démocratique valable, tels la liberté d'expression, d'association et de réunion, doivent être respectés lors de futures élections".

Seules cinq formations, proches du président ouzbek Islam Karimov, se sont portées candidates pour ce scrutin. Aucun des quatre petits partis d'opposition n'est officiellement reconnu. Les opposants affirment que les autorités ont refusé de les enregistrer, et certains ont appelé les électeurs à boycotter ces élections législatives.

Islam Karimov, président autoritaire de 66 ans, qui s`est maintenu au pouvoir après l`éclatement de l`Union soviétique, a estimé pour sa part que ce scrutin constituait une avancée sur la voie de la démocratisation du pays de 26 millions d`habitants. Il a rejeté les critiques formulées par l'OSCE. "L'OSCE ne peut pas avoir le droit exclusif d'évaluer les élections" en Ouzbékistan, a-t-il déclaré. L'organisation "représente l'Europe alors que nous sommes en Asie centrale", a-t-il ajouté, bien que l'Oubékistan soit membre de l'OSCE. Il a mis en avant les conclusions d'une autre mission d'observation, celle de la Communauté des Etats indépendants (CEI), dominée par Moscou, qui a qualifié ces élections de "libres et transparentes".

Préoccupé par la chute du président Edouard Chevardnadzé en Géorgie, puis le triomphe de la "révolution orange" en Ukraine, le régime ouzbek a accentué ces dernières semaines les pressions sur les organisations susceptibles de contester son pouvoir, expulsant notamment l'ONG Open Society du milliardaire américain George Soros.

Le régime est régulièrement accusé d'avoir recours à la torture et de réprimer les islamistes. Les organisations de défense des droits de l'Homme affirment que la torture est systématique dans les prisons ouzbèques, où environ 6.000 dissidents musulmans sont emprisonnés pour leurs liens présumés avec l'islamisme radical.

Le pays a été frappé par une série d'attentats meurtriers au printemps à Tachkent et à Boukhara, suivie d'une vague d'arrestations et de condamnations.

Depuis l'intervention en Afghanistan, l'Ouzbékistan est un pays allié des Etats-Unis, qui y entretiennent des bases militaires. En juillet, Washington a toutefois annoncé le gel de ses aides en raison de l'absence de progrès démocratiques.

D'après agences de presse.