Croatie : le mode d'élection du président de la République
2005-01-02

Selon la Constitution, l'élection présidentielle doit avoir lieu au plus tard trente jours et au plus tôt soixante jours avant l'échéance du mandat du Président de la République en exercice. Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire. Il n'est rééligible qu'une fois.
Alors que l'ancien Président de la République (1991-1999) et héros de l'indépendance, Franjo Tudjman, possédait des pouvoirs importants, la réforme constitutionnelle du 28 février 2001 a renforcé les pouvoirs du Sabor (Parlement) en supprimant l'ancienne Chambre haute (la Chambre des Comitats) et de ce fait, réduit considérablement les pouvoirs du Président de la République. Celui-ci nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement, représente la Croatie à l'étranger et accrédite les ambassadeurs. Il est également associé au gouvernement dans l'élaboration et la conduite de la politique étrangère du pays. Chef des armées, il dispose de pouvoirs exceptionnels en temps de guerre. Enfin, il peut dissoudre le Sabor et soumettre à référendum, avec l'accord du gouvernement, un projet de loi ou une réforme constitutionnelle.

Tout candidat à la fonction présidentielle doit réunir sur son nom dix mille signatures pour pouvoir participer à l'élection, un nombre que la présidente de la Commission électorale, Ivica Crnic, estime trop faible au vu du nombre d'habitants du pays. La présidente considère que la Croatie, qui possède une population quasiment identique à celle de la Slovaquie, devrait comme ce pays doubler le nombre de signatures requises pour pouvoir être candidat à l'élection présidentielle. Ivica Crnic souhaiterait également introduire dans la loi électorale l'obligation pour les candidats de verser, au moment du dépôt de leur candidature, une certaine somme d'argent qui serait reversée aux candidats recueillant le nombre suffisant de signatures et, si ce nombre n'est pas atteint, utilisé à des fins humanitaires.

Corinne Deloy/Fondation Robert Schuman