La Chine manifeste son intérêt pour la Géorgie (2005)
2012-04-02

"Arc d'amitié" de Pékin à Tbilissi, au Sud Est de la Russie.

Après s'être intégrée dans "l'arc d'amitié" constitué par l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, l'Ukraine -à l'Ouest de la Russie-, la Géorgie chercherait-elle à s'intégrer dans un nouvel "arc d'amitié" -au Sud Est de la Russie-, avec l'Azerbaïdjan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan, le Kazakhstan ... et la Chine ?

Entre le milliard de Chinois et les 4 millions de Géorgiens, la relation paraît déséquilibrée. Pourtant la Chine offre à Mikhaïl Saakachvili et à Salomé Zourabichvili bien des attraits, contre-pouvoir géographique et historique à l'empire russe (qu'il soit blanc, rouge ou noir), membre permanent du Conseil de Sécurité aux Nations Unies, pourvoyeuse d'aides financières et marché économique potentiel gigantesque.

Le 20 novembre 2004 l'usine hydro-électrique de Khadori, dans les gorges de Pankissi, d'une puissance de 24 mégawatts / heure et financée par la Chine à hauteur de 33 millions de dollars, était mise en service. Elle devrait permettre de faire mieux supporter à la population géorgienne les coupures d'électricité d'importation russe, parfois techniques, parfois politiques, et souvent pour impayés.

Quelques jours plus tard un accord d'exportation annuelle de 200 000 tonnes de manganèse (Chiaturmarganets) vers la Chine était signé ; si la Géorgie dispose à Tchiatoura des plus grandes réserves minières de manganèse du monde, leur exploitation a fortement décliné durant la période post-soviétique.

Le principe de vols réguliers entre Pékin et Tbilissi était également arrêté pour 2005.

Le 24 décembre Tsi Dayou (diplomate chinois de haut rang) annonçait à Tbilissi un don de 5 millions de yens à la Géorgie.

Le 30 décembre Archil Sokhadzé (diplomate géorgien) remettait ses lettres de créance à Li Zhaoxing (ministre chinois des affaires étrangères) ; la première ambassade de Géorgie en Chine de tous les temps s'ouvrait.

Pour les Géorgiens, il s'agit certainement de rendre moins pesant le tête-à-tête de la Russie et des Etats-Unis dans le Caucase, devant l'implication minimale de l'Union Européenne. Pour les Chinois, il s'agit d'abord de s'implanter un peu plus dans "l'étranger proche" du "frère" russe, mais certainement aussi de renifler l'odeur du pétrole de la mer Caspienne qui serait bien utile à son industrie peu soucieuse d'économie d'énergie et d'environnement.

"L'arc d'amitié ouest-russien", avec les vélléités réalisées, avouées ou secrètes d'intégration de ses pays aux structures européennes (Conseil de l'Europe, OTAN et ... Union Européenne) constitue une pièce maîtresse de la stratégie américaine. Il serait surprenant qu'il en soit de même avec l'apparition de la Chine comme acteur diplomatique et économique dans le Caucase.