Les associations catholiques polonaises en France
2004-09-29

Les associations catholiques



Les associations catholiques sont de loin les plus importantes. Elles gravitent pour la plupart autour de la Mission Catholique Polonaise. On a pu recenser auprès des soixante et onze paroisses de la Mission, cent quatre vingt trois associations, liées d'une façon ou d'une autre (par leurs activités, leur personnel, leur gestion, leur public...) à l'Eglise polonaise.



Présentes sur l'ensemble du territoire, elles sont les plus nombreuses dans les régions du Nord-Pas-de-Calais (Lille, Lens) et dans l'Est (Strasbourg...), où elles furent créées pour l'émigration ouvrière et catholique pratiquante de l'entre-deux-guerres. Elles sont beaucoup moins importantes dans la région de Lyon où la vie associative s'est développée plus tardivement en privilégiant d'autres formes d'actions.

C'est également dans le Nord (Lens) que se trouve le siège du

Congrès de la Polonia en France

. Cette structure fut créée en 1949 (le recteur de la Mission Catholique de l'époque fut l'un de ses cofondateurs) dans le but de "coordonner les actions dans les domaines moral, patriotique, culturel, social, éducatif, sportif et récréatif".

Elle regroupe dix associations dont quatre d'entre elles (l'Union des Fraternités du Rosaire, l'Union des Fraternités des Hommes Catholiques, l'Union de la Croisade Eucharistique et le Conseil Pastoral des Jeunes) constituent l'Union des Associations Catholiques Franco-Polonaises en France. Les six autres membres du Congrès sont l'Union des Sociétés Féminines Polonaises, l'Association des Scouts Polonais, l'Association Harmonia de Bully-les-Mines, l'Association Wanda Internationale, et l'Association Solidarité avec "Solidarnosc".

Ce sont les délégations régionales de ces structures associatives qui représentent la majorité des cent quatre vingt trois associations susmentionnées.
Ce Congrès, régi par la loi 1901, organise de grands rassemblements. Le 3 mai à Lille, à l'occasion de la fête nationale et le 11 novembre à Lens, pour commémorer l'indépendance de la Pologne de 1920. Un office religieux est alors célébré, suivi d'une conférence et/ou de différentes festivités.
Le Congrès avait également en charge une série d'actions destinées à porter secours à la population polonaise, notamment durant l'état de guerre. Cette activité humanitaire a pratiquement disparu.

Il organise aussi des pèlerinages et des voyages. Ce fut le cas à Rome en 1993 et 1995 pour les quinzième et dix- septième anniversaires du Pontificat du pape Jean Paul II.

Il représente en outre la Polonia française auprès de la Polonia mondiale, lorsque celle-ci se rassemble en Congrès, comme elle le fit à Cracovie en 1992.
Il existe d'autres associations catholiques qui ne dépendent pas du Congrès. Ainsi de la Fondation Jean Paul II de St-Jose sur mer (Pas-de-Calais) ou de l'Association Catholique des Familles Polonaises de Coudekerque Branche (Nord).

Ces associations, malgré leur nombre et leur structuration, périclitent aujourd'hui.

Leur crise est très sensible dans le Nord qui n'est plus un pôle d'émigration depuis la fin des années trente. Alors que les anciens vieillissent et disparaissent, aucune relève n'est assurée. L'essentiel de leurs activités se limitant souvent aux services religieux et à l'entretien de la paroisse, sans véritable dynamique associative, ces organisations ne sont guère attractives pour les jeunes générations. D'autre part elles fonctionnent encore sur les principes qui les animaient à leurs débuts (engagement dans la foi, transmission des valeurs chrétiennes...) dans lesquels les jeunes Français d'origine polonaise ne se retrouvent plus. Ceux-ci respectent les activités associatives de leurs parents ou grands parents mais ne s'y engagent pas.

La nécessité d'une évolution est, dit-on, généralement ressentie, mais se heurterait à un certain attentisme, à la peur de voir l'ancien réseau associatif succomber au changement.

Cette situation serait peut être différente dans la région parisienne où l'afflux de nouveaux arrivants a conduit à la création de nouvelles paroisses, avec notamment en 1987 l'ouverture dans le XVI° arrondissement de la chapelle Ste Geneviève.

Il faut mentionner la création en 1976 de l'Association Concorde - Les amis de la Mission Catholique

, dont le nombre des membres oscille entre trois cents et quatre cents personnes, pour la plupart Polonais ou Français d'origine polonaise. Représentation juridique de la Mission, elle fut mise sur pied pour assurer l'achat et la gestion de la Maison "Bellevue" de Lourdes, ouverte depuis la seconde moitié des années 80, aux pèlerins polonais et français, et de la Fondation S.&.A Kozlowski de la Ferté sous Jouarre qui accueille les touristes et les pèlerins, venus de Pologne pour visiter Paris, ou en route pour Lourdes ou Fatima.
Après avoir développé une intense activité humanitaire durant les années de l'état de guerre, l'Association Concorde a retrouvé sa vocation première de soutien à la Mission Catholique dans l'octroi d'une aide sociale, juridique et administrative aux immigrés polonais, récemment installés en France. Elle dispose à cet égard d'un bureau d'accueil qui, durant l'été ne désemplit pas.
Cette association organise aussi des conférences en français, dont la dernière en date retraçait l'histoire de la Mission Catholique Polonaise en France.

Une partie de la communauté, tout en reconnaissant l'immense travail effectué par la Mission, notamment en matière de créations d'écoles paroissiales, pour l'enseignement de la langue aux enfants, se tient volontairement à l'écart d'une Eglise, jugée par trop conservatrice et traditionaliste.

Elle lui préfère souvent le

Centre du Dialogue des Pères Pallotins

qui apparaît depuis les années 60/70 comme un foyer culturel de haut niveau, un point de rencontre œcuménique des intellectuels polonais. Si ce centre est essentiellement responsable de l'organisation de conférences de grande qualité, les activités des Pères Pallotins sont multiples: publication par l'Association "Nasza Rodzina" d'une revue mensuelle du même nom, tirée à cinq mille exemplaires; gestion de deux écoles: le collège St-Stanislas (dont les élèves sont depuis 1953 français pour la plupart) et une école technique d'imprimerie; administration d'un centre d'hébergement - le centre du Dialogue de Montmorency, qui accueille chaque année des chrétiens polonais, désireux de s'arrêter dans un lieu de calme et de recueillement, ainsi que d'une maison d'édition qui joua un rôle important pour l'exportation vers la Pologne de la pensée philosophique et théologique française.

Les Pères Pallotins sont également en charge du Foyer Jean Paul II, ouvert à des étudiants polonais, français et étrangers. Si certaines de leurs activités ont connu une brutale évolution depuis la libéralisation de la Pologne (il est aujourd'hui possible, et économiquement avantageux, d'y éditer ce qui y était autrefois interdit), la Communauté des Pères Pallotins demeure un centre de vie spirituelle essentiel pour la Polonia de France. Reconnus pour leur œcuménisme et un grand esprit d'ouverture, ils drainent un public relativement nombreux, de croyants et d'incroyants. Les conférences attirent jusqu'à mille cinq cents personnes (généralement entre cinquante et mille), leur fête polonaise annuelle entre deux mille et trois mille. Ils sont souvent présentés comme les seuls capables au sein du monde associatif de créer un certain unanimisme.

Si les associations catholiques sont de loin les plus nombreuses, elles ne sont pas les seules actrices de la vie associative polonaise en France, ni même souvent les plus dynamiques.