Arménie : rencontre Kotcharian-Poutine à Erevan (2005)
2012-12-12

Le président russe Vladimir Poutine est arrivé le 24 mars 2005 en Arménie pour une visite de travail, visant notamment à s'assurer de la fidélité de son meilleur allié dans le Caucase. Le président russe Vladimir Poutine s'est aussi employé à consolider la Communauté des Etats indépendants (CEI, 12 ex-républiques soviétiques), mise à rude épreuve par les "révolutions" en Géorgie, en Ukraine et au Kirghizstan.

M. Poutine et son épouse Lioudmila ont été accueillis à l'aéroport par son homologue Robert Kotcharian et sa femme le 24 mars 2005. Les deux couples ont dîné ensemble, avant d'aborder l'essentiel du programme de visite le vendredi 25 mars 2005.

Selon l'analyste Viktor Kremeniouk de l'Institut USA-Canada à Moscou, "Les positions de la Russie dans la Caucase se sont affaiblies vu le tournant pro-occidental pris par la Géorgie. Poutine tentera de sauver l'Arménie de l'influence américaine et d'obtenir d'Erevan un voeu de fidélité".

Alors que l'Arménie est en conflit avec l'Azerbaïdjan et que les relations diplomatiques ne sont pas établies entre la Turquie et l'Arménie (La Turquie procédant à l'encontre de l'Arménie un embargo économique) Moscou reste un allié important, l'Arménie abritant une importante base militaire russe.

"Tout gouvernement arménien fera des concessions politiques et militaires à la Russie tant que ces deux problèmes ne seront pas levés", souligne l'analyste arménien Alexandre Iskandarian.

La tendance pourrait changer, selon M. Kremeniouk et l'Arménie sous l'influence d'une importante diaspora qui vit aux Etats-Unis et en Europe pourrait se tourner vers l'Occident comme la Géorgie, l'Ukraine ou la Moldavie.

Le problème du Haut-Karabakh ainsi que la construction d'un gazoduc entre l'Arménie et l'Iran, vu d'un mauvais oeil par Moscou, devraient également être abordés au cours de cette visite. Toujours selon M. Kremeniouk, "Poutine pourrait donner des garanties à Erevan que la Russie soutiendra la position de l'Arménie" pour laquelle l'indépendence du Karabakh n'est pas négociable.

Le Karabakh a proclamé son indépendance en 1991, avec le soutien d'Erevan qui l'a défendu durant une guerre de trois ans, faisant près de 30.000 morts et un million de réfugiés. Un cessez-le-feu a été signé en 1994, mais le traité de paix est toujours en cours de négociation.

La Russie co-préside avec la France et les Etats-Unis le groupe de Minsk chargé par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) de trouver une solution négociée à ce conflit.

Le gazoduc que l'Arménie et l'Iran ont commencé à construire en fin de l'année dernière en dépit de l'opposition de Moscou et de Washington "inquiète la Russie qui craint de perdre son monopole sur le marché gazier arménien", souligne M. Iskandarian.

Ce gazoduc pourrait à l'avenir être utilisé pour faire transiter le gaz iranien vers la Géorgie et l'Ukraine, deux ex-républiques soviétiques désormais pro-occidentales et qui dépendent de livraisons de gaz russes.

Vendredi le président russe s'est entretenu avec M. Kotcharian et le catholicos arménien Karékine II. Il a participé à la cérémonie d'ouverture de l'Année de la Russie en Arménie alors que Mme Poutine a inauguré pour sa part avec la première dame arménienne un centre du livre russe.

Selon Robert Kotcharian, "La décision de consacrer 2005, année de la Russie en Arménie est l'occasion de développer les relations arméno-russes. Cette initiative va faciliter le développement de politiques communes et faciliter des coopérations économiques et culturelles entre nos deux peuples amis."

Siurce : Comité de défense de la cause arménienne (CDCA)