Recensement des Géorgiens résidant régulièrement en France (2004)
2013-11-13

2.800 personnes recensées : séjours longue durée, bénéficiares du droit d'asile, étudiants et enfants mineurs

20 % de la population de la Géorgie aurait pris le chemin de l'exil pour raisons économiques depuis une quinzaine d'années, soit plus d'un million de personnes. Compte-tenu de la sécession des deux régions d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, et du départ de certaines minorités ethniques au lendemain de la restauration de l'indépendance du pays, il est probable que la population sous contrôle de Tbilissi dépasse de peu les quatre millions de personnes.

Le ministère des affaires étrangères de la République Française affichait en date du 20 octobre 2004 la présence régulière de 2.800 citoyens géorgiens sur le sol français.

Les universités françaises, tant celles de Paris que de province, ont enregistré en 2004 un niveau soutenu de candidatures d'étudiants géorgiens en 2éme, ou 3éme cycle.

Si la Géorgie compte près de 10.000 francophones, les écoles, lycées et universités géorgiennes voient passer chaque année 50.000 élèves et étudiants dans les filières françaises, tous candidats potentiels à des séjours de courte ou de longue durée à l'étranger.

Bilan 2004 de l'OFPRA



L'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides publie en avril 2005 son bilan 2004 : la France est le pays de la "vieille Europe" qui a accueilli le plus de réfugiés. Sur 68.118 dossiers de demande d'asile de toutes nationalités, 11.292 ont obtenu un accord direct ou après recours (soit,16,6 %).

Sur 1903 dossiers de nationalité géorgienne, 359 ont obtenu un accord direct ou après recours (soit 18, 8 %). Depuis deux années consécutives, pour la seule nationalité géorgienne, le nombre de premières demandes d'asile est en baisse (une centaine par an), mais le nombre d'accords directs et sur recours est en hausse (une centaine par an).

Au 31 décembre 2004, 968 citoyens géorgiens bénéficiaient régulièrement du droit d'asile en France.

Les communautés géorgiennes en France



On peut s'interroger sur la structure des communautés géorgiennes en France. Si les bénéficiaires du droit d'asile politique des années 1920 et 1940 ont disparu ou se sont francisés, ceux des années 1990 (les "zviadistes") se comptent en dizaines, voire en centaines.

La présence, ou non, sur le sol français des quelques milliers de personnes déboutées depuis plusieurs années par l'OFPRA et par la Commission de Recours est une vraie question. Ils auraient rejoint la communauté immigrée pour raisons économiques, clandestine sur le territoire français. Leur comptabilisation, par nature, reste hypothétique.

L'impact de la Révolution des Roses



On peut également s'interroger sur les effets qu'aurait entraîné la Révolution des Roses tant sur le retour des émigrés vers la Géorgie que sur la baisse du flux d'émigration économique vers l'étranger. Au delà des mots, l'amélioration des niveaux de vie, qui aurait pu en être un accélérateur et un frein, est loin d'être atteinte. Sinon comment expliquer que 1224 citoyens géorgiens aient demandé depuis le 1er janvier 2004 l'asile pour une première fois à la France ? Sauf à considérer que l'espace de l'Union Européenne constitue un ensemble dans lequel les personnes déboutées dans un pays tentent leur chance dans un autre pays.

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Sources multiples : OFPRA, ministère français des Affaires étrangères, sites Internet.

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