Géorgie : la dette extérieure se monte à 1857 millions de dollars (2005)
2012-04-02

L'exercice budgétaire 2005 est facilité par le Club de Paris

Le 21 juillet 2004, dans le cadre du Club de Paris, l'Autriche, l'Arménie, l'Azerbaidjan, la Chine, les Etats-Unis, l'Iran, le Kazakhstan et la Russie ont accepté de rééchelonner les dettes bilatérales que la Géorgie avait contracté auprès d'eux. Mais les principaux créditeurs restent la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International.

La dette extérieure de la Géorgie s'élevait à 1857 millions de dollars au 31 décembre 2004.

Elle se décompose en 783 millions de prêts octroyés dans le cadre de projets, en 693 millions de dettes souscrites directement auprès de pays et en 381 millions de dettes souscrits auprès d'organismes internationaux.

Les 783 millions

octroyés dans le cadre de projets concernent tous les domaines d'activité : 9 millions par l'IFAD (agriculture), 34 millions par la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement (banques et transports), 62 millions par l'allemande KFW (agriculture et énergie) et surtout 678 millions par la Banque Mondiale (agriculture, culture, éducation, énergie, environnement, infrastructures, institutions administratives et politiques, santé, social, transports en particulier).

Les 693 millions

de dettes souscrits directement auprès de pays concernent en particulier le Turkménistan (157), la Russie (153), l'Autriche (100), la Turquie (53), l'Allemagne (50), le Japon (44), les Etats-Unis (39), le Kazakhstan (27), l'Arménie (19), l'Azerbaidjan (16), le Koweit (14), l'Iran (12) et la Chine (3).

Les 381 millions

de dettes souscrits auprès d'organismes internationaux concernent l'Union Européenne (116 millions de refinancement) et le Fonds Monétaire International (265 millions).

Le budget 2005

, approuvé par le Parlement géorgien le 28 décembre 2004, fait état de 2 200 millions de lari (environ 1222 millions de dollars) de dépenses et de 1900 millions de lari (environ 1055 millions de dollars) de recette.

La ventilation des dépenses pourrait en être la suivante :
- Finances : 755,6 millions de laris (dont remboursement de la dette extérieure),
- Travail, santé et protection sociale : 558,4 millions de laris,
- Intérieur et sécurité : 155,8 millions de laris,
- Défense : 126 millions de laris, plus un complément en fonction du niveau réel de recettes,
- Agriculture : 119,5 millions de laris,
- Énergie : 119,5 millions de laris,
- Économie : 95,3 millions de laris,
- Éducation et science : 69,3 millions de laris,
- Réfugiés et logement : 60,2 millions laris,
- Justice : 40,5 millions de laris,
- Environnement : 34 millions de laris,
- Affaires étrangères : 31,8 millions de laris,
- Culture : 25,5 millions de laris.

La réalisation de ces prévisions sera dépendante du cours du lari par rapport au dollar (hypothèse 1 dollar à 1,8 lari), du recouvrement des impôts, des bénéfices tirés des privatisations engagées (hypothèse de 200 millions de laris) et du taux de croissance économique (hypothèse de + 6%).

L'instabilité en Ossétie du Sud et en Abkhazie avait pesé en 2004 sur le niveau des recettes fiscales géorgiennes : le marché noir de marchandises par ces zones frontalières avait alimenté une bonne partie du Caucase Sud et avait échappé à tout contrôle. Cette instabilité, au plus fort des crises, n'avait pas été également sans conséquence sur le cours du lari. Pour 2005, l'accord russo-géorgien sur l'évacuation des bases russes de Géorgie laisse présager une certaine détente et la recherche de solutions à ces questions.

Le flux de devises plus ou moins gris renvoyé par le million d'émigrés économiques géorgiens vers leur pays d'origine ne diminuera pas en 2005. Il avait constitué un facteur d'équilibre budgétaire en 2004. Il pourrait se situer entre 500 millions et 1 milliard de laris en 2005.

Même rééchelonné, le remboursement de la dette extérieure de la Géorgie pèse lourdement sur le niveau de vie de Géorgiens qui s'impatientent à toucher au quotidien les dividendes de la Révolution des Roses.