Kirghizstan : Koulov et Bakiev se mettent d'accord pour former un "ticket" en vue de diriger le pays (mai 2005)
2010-04-08

Les événements en Ouzbékistan et la menace de scission régionale de la société ont incité les deux rivaux, Kourmanbek Bakiev, l'actuel président intérimaire, et Felix Koulov, le leader du parti Ar-Namys (Dignité), à conclure une alliance, matérialisée par un mémorandum électoral signé par les deux principaux prétendants au poste de président du Kirghizstan.

Une source à l'état-major de campagne de Felix Koulov a annoncé que, conformément au mémorandum, le leader du Namys retirera sa candidature à l'élection présidentielle programmée au Kirghizstan pour le 10 juillet prochain et se consacrera entièrement à la promotion électorale de la candidature de Kourmanbek Bakiev. En cas de victoire de ce dernier, Felix Koulov assumera les fonctions de premier ministre. Les parties ont convenu qu'en cas de limogeage du chef du gouvernement, le président de la Kirghizie abandonnera ses fonctions.

Selon le mémorandum, les amendements qui seront apportés à la Constitution kirghize élargiront considérablement les attributions du premier ministre du pays dans le domaine des décisions économiques et politiques, depuis la formation du gouvernement jusqu'à la nomination des chefs d'administration locale. Mais les ministères de force (défense, intérieur, sécurité), le système judiciaire ainsi que les Affaires étrangères continueront à relever des prérogatives présidentielles.

L'agence d'information kirghize AKI-press a diffusé un communiqué de Felix Koulov dans lequel celui-ci explique les raisons de son renoncement à se présenter à l'élection présidentielle : "Les carences du développement économique de notre pays, les inégalités sociales, la corruption et le népotisme sont à l'origine du mécontentement et de la colère des gens en cette période très difficile pour notre pays. On ne saurait admettre que certaines forces cherchent à mettre à profit cet état d'esprit pour obtenir un avantage dans la lutte politique, ce qui provoquerait inévitablement une vague de violence à l'échelle nationale", lit-on dans le document.

"Les événements tragiques qui se sont produits à Andijan montrent avec évidence que la violence et la colère prennent facilement le pas sur l'ordre et le bon sens. (…) En nous guidant sur les intérêts supérieurs du peuple et de l'État, Kourmanbek Bakiev et moi-même assumons la responsabilité du maintien de la stabilité et de la paix dans le pays. L'accord que nous avons signé prévoit des actions concertées pendant la campagne électorale et la période qui s'ensuivra. En unissant les efforts, nous entendons travailler conjointement pour le bien du peuple. (…) Notre mission est d'empêcher qu'après l'élection une partie de la population se sente lésée par rapport à l'autre. Il ne doit y avoir qu'un vainqueur, le peuple".

Ioulia Orlova, correspondante de Ria-Novosti à Bichkek/14 mai 2005.