Géorgie : 80ème anniversaire de la mort de Nicolas Cheidzé (7 juin 2006)
2013-01-22

Carlo Tchkheïdzé

Le suicide de Nicolas Cheidze en 1926, à Leuville-sur-Orge, mettait fin à la carrière d'une homme d'Etat géorgien à stature internationale, qui avait occupé les plus hautes responsabilités à Petrograd et à Tiflis.

Nicolas Cheidzé fut parlementaire (représentant la Géorgie) et chef de l'opposition à la Douma de la Russie tsariste, président de l'Assemblée provisoire pour toutes les Russies (1er Soviet des soviets, avant le coup d'état de Trotsky et de Lénine en octobre 1917), puis président de l'Assemblée provisoire pour la Transcaucasie (dite SIEM, réunissant les parlementaires de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie) et président de l'Assemblée provisoire géorgienne avant de devenir président de l'Assemblée constituante géorgienne (transformée plus tard en Parlement).

Durant la Ière guerre mondiale, il maintient des contacts avec les Britanniques et les Français, s'opposant à toute paix séparée avec l'Allemagne. Ses positions personnelles lui valent de représenter la Géorgie, avec le rang de Chef d'Etat, à la Conférence de la Paix de Versailles en 1919 et auprès de la Société des Nations afin d'y faire reconnaître l'indépendance de son pays (1).

En exil en France après l'invasion de la Géorgie par les armées de la Russie soviétique, Nicolas Cheidzé ne supporte pas l'indifférence internationale au sort de la Géorgie. Il avait déjà mal supporté "la trahison des idéaux socialistes" dont se rendent coupables les Bolcheviques. L'échec de l'insurrection nationale en Géorgie en 1924 le marque profondément. Il se suicide le 7 juin 1926, à soixante-trois ans, au château de Leuville-sur-Orge. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

Les représentants de la Ière République de Géorgie en exil, gouvernement et opposition, les délégations nationales de la IIème Internationale Socialiste accompagnent dans sa dernière demeure cet homme d'État géorgien à stature internationale, qui voyait Tiflis plus près de Petrograd que des autres capitales européennes et le modèle de la social-démocratie britannique (voire française) plus accessible aux réformistes géorgiens que celui de la sociale démocratie allemande (2).

Notes:



(1) Il institue ainsi une tradition démocratique en Géorgie qui donne au Parlement plus qu'un droit de regard sur la politique étrangère du pays et sur la nomination des ambassadeurs.

(2) Des photographies des membres du gouvernement et de l'opposition géorgienne en exil en France en 1926 prises lors des obsèques de Nicolas Cheidze apparaissent sur [URL : http://samchoblo.org/agf_gouvernement.htm]



Voir aussi

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-[URL : 2084]

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