Géorgie : déclaration ambiguë de Jaap de Hoop concernant l'adhésion à l'OTAN (2005)
2012-04-02

Le Secrétaire Général de cette organisation réveille des interrogations à Tbilissi

Membre depuis 1992 de l'OSCE (Organisation de la Sécurité et de la Coopération en Europe) avec 54 autres pays dont les Etats-Unis et la Russie, membre depuis 1999 du Conseil de l'Europe avec 45 autres pays dont la Russie, bénéficiant du statut de pays voisin à l'Union Européenne, la Géorgie se verrait-elle refuser une adhésion pleine et entière à l'OTAN ?

Après la victoire diplomatique remportée par la Géorgie sur la question de l'évacuation des bases militaires russes d'Akhalkalaki et de Batoumi (avant la fin 2008), et celle des politiques russes sur leurs militaires, Jaap de Hoop a certainement considéré qu'il fallait calmer le jeu dans le Caucase.

En effet lors des dernières négociations russo-géorgiennes, malgré la demande réïtérée de Moscou, Tbilissi a refusé de donner son accord à une quelconque clause qui interdirait à une troupe étrangère de résider sur le territoire géorgien.

Les quelques centaines "d'instructeurs" américains, britanniques et parfois allemands, n'étaient pas visés. Il s'agissait pour la Russie de tenter d'écarter de son "étranger proche" toute présence militaire américaine par OTAN interposé. Les Etats-Unis cherchent une alternative à la Turquie en cas de besoin, afin de pouvoir constituer dans un pays "sûr" une base logistique vers le Moyen-Orient et l'Asie Centrale ; Ankara avait refusé ce rôle lors de la 2éme guerre d'Irak.

Depuis plusieurs années, la Géorgie, tant celle d'Edouard Chévardnadzé que celle de Mikhaïl Saakachvili, cherche a arrimer ses intérêts à ceux des Etats-Unis. Le vecteur en a été l'OTAN et la signature d'un partenariat (IPAP) en 2004. Il en a résulté une armée professionnelle géorgienne de plusieurs milliers d'hommes, entraînée et équipée, détachée tour à tour au Kosovo, en Afghanistan et en Irak.

Dans son interview au journal russe Arguments et Faits, du 22 juin, Jaap de Hoop semble freiner le processus d'intégration de l'armée géorgienne dans le dispositif de l'OTAN. En réalité, il fournit un peu de grain à moudre aux politiques russes vis-à-vis de leurs militaires. Après avoir vu se constituer l'arc "d'amité" de l'OTAN sur leur flanc Ouest avec l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Bulgarie et la Roumanie, ces derniers verraient difficilement se constituer un arc "d'amitié" de l'OTAN sur leur flanc Sud avec l'Ukraine, la Géorgie, la Turquie, voire quelques pays d'Asie Centrale !

Le Secrétaire Général de l'OTAN donne ainsi un peu de temps au temps. Les diplomates géorgiens seront patients, comme lors des négociations pour l'évacuation des bases russes. Ils ne s'inquiètent pas trop, les assurances de Washington valent plus que les déclarations médiatiques.