Bulgarie : victoire moins grande que prévue du Parti socialiste, qui devra chercher des alliés problématiques pour gouverner (2005)
2012-02-07

L'opposition socialiste a gagné les élections législatives en Bulgarie. Mais ces ex-communistes ont obtenu moins d'un tiers des sièges et devront trouver des alliés pour former le gouvernement qui fera entrer le pays dans l'Union européenne.

Le Parti socialiste (PSB), héritier du Parti communiste qui a gouverné le pays pendant 45 ans, a obtenu environ 31,5 % des voix, selon des résultats provisoires publiés dans la nuit. Ce résultat lui garantit un tiers des 240 sièges de la prochaine Narodno sabranie (assemblée nationale), selon l'institut spécialisé MBMD.

Il s'agit de résultats décevants pour les socialistes, auxquels de récents sondages accordaient 40 % des voix. Les observateurs estiment que le score socialiste a probablement été érodé par la percée du nouveau parti nationaliste Attaque.
"Nous sommes prêts à engager immédiatement des consultations avec toutes les forces politiques démocratiques pour garantir la stabilité politique du pays", a déclaré le chef du PSB, Sergueï Stanichev, 39 ans, en revendiquant la victoire devant la presse. Tout retard dans la formation d'un gouvernement stable risque de reporter l'introduction des réformes nécessaires pour assurer l'adhésion du pays à l'Union européenne en 2007. Interrogé s'il pourrait constituer une «grande coalition» avec le parti du Premier ministre sortant Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha qui n'a réuni qu'un peu plus de 20 % des voix, soit une cinquantaine de sièges, il a répondu : "Nous ferons le nécessaire pour que la Bulgarie ait un gouvernement stable".

La formation de cette "grande coalition" a été évoquée par plusieurs responsables politiques, dont l'ex-roi Siméon II. "Plus le prochain gouvernement sera large, mieux cela vaudra", a-t-il déclaré à des journalistes. Le Mouvement pour les droits et libertés (MDL), le parti de la minorité turque qui gouvernait depuis quatre ans avec le parti du premier ministre, a obtenu environ 10 % des voix, soit une trentaine de sièges. C'est insuffisant pour former une majorité avec le PSB, comme il l'avait envisagé pendant la campagne.

Ataka ("Attaque" en bulgare), un parti xénophobe apparu cette année sur la scène politique et avec lequel M. Stanichev a exclu toute alliance, a créé la surprise du scrutin en obtenant près de 9 % des suffrages. C'est la première fois dans l'histoire récente du pays qu'une telle formation enverra des députés au parlement. "Ataka a fait le plein du vote protestataire" avec "l'électorat xénophobe, les eurosceptiques, les adversaires de l'Otan (dans laquelle la Bulgarie est entrée en 2003) et les radicaux de l'extrême gauche", a expliqué Jivko Georgiev, de l'institut Gallup.

Source : ATS/26 juin 2005