Elections législatives du 25 juin 2005 : la Bulgarie serait-elle devenue ingouvernable ?
2005-06-27

Les Bulgares ont voté ce samedi 25 juin 2005 et, même si les résultats officiels ne seront connus que dans quelques jours, les données disponibles confirment ou infirment plus ou moins certaines des prévisions des sondages : les socialistes (BSP) n'ont pas fait le score qu'ils escomptaient. Le parti du Premier ministre (NDSV), Siméon de Saxe-Cobourg, s'est imposé comme la deuxième force politique du pays. Le Mouvement des droits et des libertés (DPS) a fait le plein de ses voix et les principaux petits partis de droite ont finalement pu franchir la barrière fatidique des 4 % pour entrer au parlement. La surprise vient de l'émergence sur la scène politique bulgare du mouvement extrémiste {Ataka} dirigé par Volen Siderov (1) qui, avec ses 8 % environ de suffrages, constitue un message adressé à la classe politique bulgare. Dans la mesure où aucune majorité de droite ou de gauche n'est sortie des urnes, la Bulgarie serait-elle devenue ingouvernable ?

Les 6, 9 millions d'électeurs bulgares appelés aux urnes n'ont pas fait preuve d'un civisme exemplaire. Seuls, 55 % environ d'entre eux se sont déplacés pour choisir leurs représentants. C'est la participation la plus faible pour ce type d'élection depuis la chute du régime communiste en Bulgarie il y a seize ans (2). Il n'est pas certain que la « loterie » organisée par le gouvernement pour inciter la population à aller voter ait rempli sa fonction. Il faut espérer, d'ailleurs, que des analyses post-électorales sérieuses pourront mesurer l'impact technique et la portée politique de cette initiative. Comme la participation électorale est réputée avoir une influence certaine sur les résultats, surtout quand un seuil électoral existe - c'est le cas de la Bulgarie -, les observateurs étrangers ne se sont pas trop étonnés de voir quelques partis politiques (3), potentiellement défavorisés par une augmentation de la participation, saisir la Cour administrative suprême. Celle-ci n'a d'ailleurs rien trouvé à redire à cette décision gouvernementale, sur un plan juridique au moins.

On rappellera également pour mémoire que le scrutin du 25 juin était organisé avec un nouveau type de bulletin (4). Jusqu'à preuve du contraire, les diverses craintes qui avaient été émises lors de la réforme n'étaient pas justifiées.

Sur 98 % des suffrages dépouillés les résultats sont les suivants :
- Coalition pour la Bulgarie (largement dominée par le BSP, parti socialiste bulgare) : 31, 17 %.
- Mouvement national Siméon II (NDSV) : 19, 91 %.
- Mouvement pour les droits et les libertés (DPS) représentant les minorités d'origine turque et/ou musulmane : 12, 45 %.
- Ataka : 8,21 %.
- Forces démocratiques unies (ODS) de N. Mihailova : 7, 67 %.
- Démocrates pour une Bulgarie forte ( DSB) de I. Kostov (5) : 6, 45 %.
- Union populaire bulgare ( BNS) (coalition dirigée par S. Sofianski, A. Mozer et A. Karakatchanov : 5, 19 %.
- Total des 15 autres partis ou coalitions (non représentés au parlement pour n'avoir pas pu franchir le seuil des 4 % des suffrages exprimés) : 8,95 %.

Selon ces chiffres, les 240 sièges au Parlement se répartiront de la façon suivante entre ces sept formations (6) :
- BSP : 80/84 sièges
- NDSV : 53/56 sièges
- DPS : 28/32 sièges
- ODS : 28/32 sièges
- Ataka : 20/22 sièges
- DSB : 15/18 sièges
- BNS : 11/13 sièges

La déception des socialistes



Après huit ans de « purgatoire » dans l'opposition, le parti socialiste espérait certainement mieux que ce petit 31 %. C'est même une sévère défaite pour Sergueï Dmitrievitch Stanishev (7), le jeune président du parti, si l'on compare ces résultats avec ceux du premier tour des élections présidentielles de 2001 où G. Parvanov, le candidat socialiste, avait réuni sur son nom 36, 39 % des voix. Selon la plupart des analystes, la probabilité pour S. Stanishev de devenir le prochain Premier ministre est désormais pratiquement nulle. Les études post-électorales, région par région, devraient donner des indications intéressantes sur les raisons de cet échec.

Certes, le BSP est redevenu en 2005 la première force politique dans le pays et arrive donc en tête dans de nombreuses régions. Il sera le premier groupe parlementaire en nombre de députés et devra donc être sollicité en premier par le président de la République pour former un gouvernement. Mais cette victoire à la Pyrrhus ne peut cacher les limites du périmètre politique de ce parti dont le noyau dur de l'électorat, les retraités de l'ancien régime communiste, s'amenuise d'année en année. Même si tous les sondages ont indiqué que cet électorat était l'un des plus motivés (avec celui du DPS), il n'est manifestement plus suffisant pour faire gagner le parti. Avec la récente adhésion du BSP à l'Internationale socialiste, l'image du parti s'est bien sûr améliorée à l'étranger. Elle semble, en revanche, avoir brouillé son image sur le plan intérieur. Il est à craindre que cette opération - jugée souvent plus cosmétique que sincère par de nombreux observateurs locaux - n'est pas été suffisante pour attirer un électorat de remplacement.

Au-delà de son propre électorat, l'autre handicap du BSP est de disposer de peu d'alliés potentiels - sur sa gauche comme sur sa droite - susceptibles de l'aider à former une coalition gouvernementale. La volonté de « monopoliser » la gauche bulgare et d'étouffer toute tentative d'existence d'autres formations de gauche pourrait désormais lui compliquer la tâche.

Il n'est pas sûr, d'ailleurs, que la « réussite » électorale du mouvement Ataka ne lui ait pas porté un certain tort. Pour le sociologue A. Raïtchev, l'émergence de ce mouvement serait un signe supplémentaire de l'aboutissement du processus de différenciation au sein de « la Gauche bulgare » dans la mesure où Ataka comprend manifestement des éléments d'une certaine « extrême gauche communiste bulgare » (anti-américaine, anti-européenne, anti-turque, anti-rom et souvent même antisémite), qui auraient ainsi déserté le parti socialiste jugé trop « mou » ou pas assez « radical » dans son expression idéologique.

La bonne performance du mouvement de Siméon II



Après quatre ans au pouvoir, les résultats du NDSV sont, d'une certaine manière, uniques dans la Bulgarie post-communiste. C'est la première fois qu'un parti n'est pas éliminé du jeu politique après avoir exercé les responsabilités du pouvoir comme ce fut le cas du BSP aux élections du printemps 1997 après l'échec du gouvernement de J. Videnov ou encore celui de l'ODS de I. Kostov aux élections de juin 2001.

Certes, par rapport aux résultats d'il y a quatre ans, son électorat a été au moins divisé par deux en pourcentage. Mais à cette époque, le NDSV était-il vraiment un parti politique ? On peut en douter sérieusement. Créé en avril 2001, deux mois à peine avant les élections législatives, le Mouvement national Siméon II avait su susciter un immense espoir dans la population autour de la personne de l'ancien roi perçu à la fois comme un « martyr » (8) et comme un « sauveur ». La victoire électorale de 2001 peut être considérée comme l'aboutissement d'un processus émotionnel qui avait peu de chose à voir avec la rationalité politique de l'époque. Lassée par dix ans d'affrontements politiques stériles communistes/anticommunistes, la population était à la recherche d'une alternative. L'ancien tsar (1943-46) sut profiter de cette opportunité pour faire irruption sur la scène politique bulgare. Il restait donc au NDSV à faire ses preuves dans l'opinion. Après quatre ans de gestion gouvernementale dans des conditions difficiles, obtenir environ 20 % des suffrages peut donc être assimilé à une réussite.

Alors qu'au début de son mandat, Siméon II souhaitait que son mouvement se situe - sur l'échiquier politique européen - dans l'orbite du PPE (Parti populaire européen), le NDSV a récemment adhéré à l'Internationale libérale. Cette image ne l'a certainement pas desservi auprès de l'opinion en général et de la classe moyenne émergente en particulier. De la catégorie peu flatteuse des partis attrape tout, le NDSV a trouver une niche idéologique qu'il a su investir et exploiter. L'opinion a pu mesurer l'amélioration de son niveau de vie au cours de ces dernières années. Pragmatique sur le plan politique, elle a pu voter en 1997 ou en 2001 pour l'ODS. Elle n'a eu aucun scrupule en tout cas, en 2005, à faire confiance au NDSV. Mais l'électorat du NDSV ne peut se limiter qu'à la classe moyenne. Le parti recrute également ailleurs et il sera très intéressant de suivre les recherches sociologiques post électorales le concernant.

Le parti charnière de la vie politique bulgare, le DPS, sort renforcé de sa participation au pouvoir




Avec ses 12, 45 % obtenus, le DPS - et son dirigeant A. Dogan - peuvent être très satisfaits. Même après quatre ans de participation au pouvoir, ce dernier fait encore la preuve qu'il tient son électorat d'une main de fer et que les multiples tentatives pour le déstabiliser depuis quinze ans sont vouées à l'échec. Certains observateurs étrangers estimaient pourtant que son autorité était battue en brèche auprès des bulgares d'origine turque ou des bulgares de confession musulmane (Pomaks). Ces résultats constituent un démenti catégorique.

Sur le plan politique, le DPS a su s'imposer depuis quinze ans comme le « parti charnière » de la vie politique bulgare. Pourtant, malgré ses excellents résultats au soir des élections, A. Dogan n'était manifestement pas satisfait des résultats… de son allié politique potentiel, le BSP. Après avoir participé à une coalition avec le NDSV pendant quatre ans, le chef du DPS, opportuniste en politique, n'aurait manifestement pas été contre la formation d'une coalition gouvernementale avec S. Stanishev. Plusieurs déclarations publiques avant les élections en témoignent. Le prix politique à payer par le BSP pour une telle alliance - considérée par certains comme « contre nature » - aurait été alors à la mesure de ce soutien indispensable. Comme à son habitude, A. Dogan aurait joué un rôle central sur la scène politique nationale

Si, ce n'est qu'une supposition, après les tractations politiques qui vont se dérouler désormais en coulisses, les deux plus grands partis décidaient de former une « grande coalition » (NDSV/BSP), ils pourraient alors parfaitement se passer des services du DPS. L'influence de ce dernier sur le futur gouvernement disparaîtrait et, au-delà des avantages clientélistes sur le plan des postes dans l'administration, le DPS ne pourrait plus maîtriser - voire freiner ou empêcher - l'évolution de certains processus politico-économiques comme la privatisation de l'entreprise Bulgartabak (9).

Malgré sa victoire électorale, le DPS pourrait être exclu temporairement de la gestion des affaires en Bulgarie. D'autant plus, pourrait-on dire, que l'émergence du mouvement extrémiste Ataka va être de nature à contraindre les autres partis politiques à prendre leurs distances avec un mouvement de plus en plus perçu - à tort ou à raison - comme disposant d'une influence politique disproportionnée par rapport à son poids politique réel.


L'émergence extrémiste



Depuis le début du mois de juin, les instituts de sondages prévoyaient la montée en puissance d'un mouvement extrémiste, Ataka, sans véritablement pouvoir en mesurer toute l'importance. Une distorsion manifeste existait notamment dans les résultats entre les interviews des sondés et les simulations anonymes de vote. Dans le cas de ces dernières, Ataka recevait plus de suffrages que lors des entretiens (téléphoniques ou autres). Ce n'est que dans les tous derniers sondages précédant le 25 juin que le phénomène est apparu comme manifeste et que les prévisions annonçaient le passage de la barre des 4 % nécessaire pour entrer au Parlement.
Avec plus de 8 % des suffrages exprimés, le mouvement Ataka double les prévisions des sondages les plus favorables. C'est dire si le phénomène est révélateur d'un changement dans la vie politique bulgare.

Les analyses du vote Ataka par régions devraient pouvoir donner quelques éclaircissements sur la composition sociologique de ce mouvement, difficile à caractériser pour l'instant. Nationaliste, anti-rom, anti-turc, antisémite, anti-européen, anti-américain (contre l'OTAN et la guerre en Irak), Ataka joue sur plusieurs des registres « classiques » dans ce type de mouvements extrémistes (10). C'est également un mouvement qui prétend défendre les valeurs pro-slaves, pro orthodoxes et la pureté de la « nation bulgare ».

Aussi bizarre que cela puisse paraître, son principal leader, V. Siderov, est un ancien dissident, activiste des droits de l'Homme, qui faisait paraître à la fin du régime communiste, en 1989, un journal non officiel. Après la chute du régime communiste, il a été le rédacteur en chef du journal de l'opposition démocratique Demokratsia puis, après son licenciement, rédacteur en chef adjoint du journal Monitor. Avant les élections de juin 2005, il dirigeait et animait, sur une chaîne câblée (CKAT-TV), un talk show qui s'appelait Ataka dans lequel il répondait aux questions des téléspectateurs. C'est, de l'avis de tous les observateurs, y compris ses ennemis politiques, un excellent orateur qui peut parler pendant des heures en captant l'attention des ses auditeurs. Son émission télévisée, très populaire, pourfendait la corruption dans le pays et dénonçait l'incapacité des politiciens de tous bords à régler les problèmes des Bulgares et de la Bulgarie. Pour de nombreux observateurs, V. Siderov est devenu un illuminé qui sait exploiter les frustrations, les angoisses et les peurs de ses compatriotes privés de repères après quinze ans de transition. Il est également l'auteur de deux livres antisémites.

Selon un témoin digne de foi ayant assisté à son dernier meeting de campagne à Sofia sur fond de musique wagnérienne, la foule faisait le salut nazi et scandait des slogans du genre : « Hors du pouvoir, les non-Bulgares », « Révisions, purges, tribunal, procureur, prison », « Pobéda - Ataka ! (Victoire - Ataka !) ». À ces slogans, V. Siderov répondait : « Je suis votre arme », « Rendons la Bulgarie aux Bulgares ». La journaliste V. Dereva indique dans un article qu'elle a entendu des personnes crier « Les Roms en goudron, les juifs en savon, les turcs en Turquie ! », « Des camps, des camps, pour eux ! » ou encore « Il n'y a qu'Hitler pour nous sortir de là ! » (11).

Le site internet d'Ataka (12) est représentatif du délire xénophobe et antisémite de ce mouvement. L'une des affiches de campagne représente une carte de la Bulgarie, estampillée des drapeaux israélien et turc, sur laquelle est inscrit « for sale » (à vendre).

V. Siderov a recruté ses candidats un peu partout et dans tous les partis. L'ancien dirigeant de l'Union des forces démocratiques (SDS), P. Beron, le général L. Petrov du BSP ou encore la députée du NDSV, S. Bankova qui s'est illustrée au parlement contre la fermeture de la centrale nucléaire de Kosloduy.

Largement discrédité depuis quinze ans, l'institution parlementaire risque fort de voir son image dans l'opinion se dégrader encore davantage avec un mouvement qui va avoir pour arme principale la démagogie, l'invective et l'insulte.

La Bulgarie serait-elle devenue ingouvernable ?



Au soir des résultats, la réaction de nombreux observateurs était de souligner la difficulté de former le prochain gouvernement qui va devoir faire entrer la Bulgarie dans l'Union européenne le 1er janvier 2007. Au-delà d'une procédure constitutionnelle très claire, dans laquelle le président de la République va jouer un rôle non négligeable, la classe politique bulgare vient d'être mise devant ses responsabilités par les électeurs. Les réponses qui seront données aux multiples questions posées devront être analysées d'un point de vue intérieur, bien évidemment, mais également d'un point de vue extérieur.

De multiples « variantes » (comme on dit en bulgare) sont envisageables sur le plan politique et il sera temps, le moment venu, de les examiner en détail. Tous les responsables politiques bulgares sont concernés, de gauche comme de droite. Vont-ils privilégier des intérêts de parti ou les intérêts du pays ? La véritable question est là. Les responsables politiques bulgares seront-ils en mesure de faire taire leurs rancœurs, leurs aigreurs ou leurs ambitions ? En bref, sauront-ils se montrer à la hauteur de l'aspiration européenne à laquelle ils prétendent tous ?

François Frison-Roche, CERSA, Université de Paris 2 - CNRS.

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Notes


- (1) Volen Siderov est né le 19 avril 1956 dans la ville de Yambol dans le Sud-Est de la Bulgarie. Il a fait ses études secondaires dans un lycée spécialisé en mathématique. Il est ensuite entré au séminaire orthodoxe.
- (2) En 1990, la participation était de 90, 8 % ; en 1990 de 83, 9 % ; en 1994 de 75, 2 % ; en 1997 de 62, 9 % et en 2001 de 67, 3 %.
- (3) Et même le président de la République qui estima que cette somme eut été mieux utilisée pour l'achat de médicaments…
- (4) Voir notre article [URL : 1790]
- (5) Ivan kostov est né le 23 décembre 1949 à Sofia. Il est diplômé en économie de l'université de Sofia (1974) et d'un institut de Moscou (1982-84), Ph.D en économie. Membre du conseil d'experts de l'Union des forces démocratiques (SDS) en 1990. Député, puis président du SDS. Ministre des Finances dans les gouvernements de D. Popov (1990-91) et P. Dimitrov (1991-92). Président du SDS, qu'il transforme en ODS. Premier ministre (1997-2001). Il démissionne de l'ODS en 2002 pour créer un peu plus tard son propre parti, le DSB.
- (6) En 1990, il n'y avait que 4 partis représentés au Parlement après les élections. 3 en 1991. 5 en 1994. 5 en 1997 et 4 en 2001.
- (7) Voir notre article [URL : 1871]
- (8) « Martyr » parce qu'il avait été, tout d'abord, chassé par les communistes en 1946. « Martyr », également, parce qu'en 2001, c'est la droite bulgare (ODS) qui venait de l'empêcher de se présenter à la future élection présidentielle.
- (9) Voir notre article [URL : 1757]
- (10) Ataka était le titre d'une publication antisémite pendant la seconde guerre mondiale en Bulgarie. La reprise de cette appellation n'est certainement pas fortuite de la part de V. Siderov. On peut consulter à ce sujet les archives du Centre de documentation juive contemporaine de Paris (document référencé CDLXXIX-127, 128) que l'on signale dans notre article : F. Frison-Roche « La gestion du passé en Bulgarie » in H. Rousso (dir.), Stalinisme et nazisme. Histoire et mémoire comparées, éditions Complexe, 1999, p. 297.
- (11) Velislava Dereva, « Ataka, le scénario de l'oligarchie » sur [URL : www.vsekiden.com/print.php?topic=3&id=9553].
- (12) [URL : www.atakabg.com]