Géorgie : 5ème remaniement ministériel en 18 mois (juillet 2005)
2012-11-14

Corruption au ministère des finances

Le jacobinisme du président Mikhaïl Saakachvili est parfois décrié. Pourtant il est au moins un domaine dans lequel les instances internationales s'en félicitent : la lutte contre la corruption. Le 5ème remaniement ministériel en 18 mois touche un ministre au-dessus de tout soupçon qui n'a pas su débusquer les pratiques illicites et 100 millions d'euros d'évasion fiscale.

Le 29 juin

, à la demande du président Mikheïl Saakachvili, le premier ministre Zourab Nogaïdéli a démis de ses fonctions le ministre des finances Valéry Tchétchélachvili. Une affaire de corruption avait été auparavant découverte au Département des Impôts de Tbilissi. Son responsable et les adjoints auraient touché 75 000 euros en échange du non-paiement de 1,5 million d'euros d'impôts par plusieurs entreprises.

Valéry Tchétchélachvili avait été nommé ministre des finances en février dernier en remplacement de Zourab Nogaïdéli. Il occupait à l'époque le poste d'ambassadeur de Géorgie en Russie. Le président Saakachvili a déclaré que l'honnêteté personnelle de Valéry Tchétchélachvili était au-dessus de tout soupçon et qu'il retrouverait des fonctions dans son corps d'origine.

Dans l'équilibre des tendances entre Saakachvili, Jvania et Bourdjanadzé, Valéry Tchétchélachvili est toujours apparu comme un soutien à la présidente du parlement, Nino Bourdjanadzé.

Le 30 juin

, le premier ministre Zourab Nogaïdéli a annoncé la nomination d'Alexis (Lexo) Alexichvili, ministre de l'économie, au poste de ministre des finances et celle d'Irakli Tchogovadzé, responsable d'une agence gouvernementale, au poste de l'économie.

Les informations relatives à un changement de Premier ministre et à un remaniement plus large du gouvernement (Défense et Intérieur notament) n'ont pas en définitive été confirmées.

Depuis 18 mois

le président Saakachvili n'hésite pas à limoger les responsables compromis dans les affaires de corruption, qu'ils aient été nommés par l'ancien président Chévardnadzé ou par lui-même. En effet, après la chute du régime soviétique, ces pratiques se sont développées en Géorgie comme dans les autres pays de l'ex-URSS. Certains présidents les couvrent par intérêt ou par facilité, d'autres pour "tenir" les acteurs d'évasion fiscale. Le président Saakachvili a choisi une attitude jacobine. Quels que soient le pedigree ou les relations du contrevenant, les arrestations sont engagées, ainsi que les libérations liées à la restitution des montants détournés.

Il est probable que l'éradication de ces pratiques sera longue en Géorgie comme ailleurs. Au moins, les dirigeants géorgiens ont-ils le mérite d'avoir lancé le processus.

Mirian Méloua.