Élection présidentielle au Kirghizstan : victoire attendue du "ticket" Bakiev-Koulov (juillet 2005)
2011-10-28

L'élection présidentielle au Kirghizstan du 10 juilet est un événement important. Certains y rattachent l'espoir de changements positifs (de nombreuses personnes estiment qu'il y a des signes encourageants dans ce sens), d'autres aimeraient que l'élection échoue. Les pronostics de la participation de la population à l'élection varient entre moins de 50 % et plus de 70 %. De nombreux experts estiment que la victoire du premier ministre actuel Kourmanbek Bakiev, qui a promis de prendre Felix Koulov comme chef du gouvernement en cas de victoire, est "la plus probable". Selon leurs estimations, au moins 70 % des électeurs voteront pour lui.

Laissez-nous tenir la présidentielle : tel était le leitmotiv de l'une des récentes conférences de presse données avant l'élection par Rosa Otounbaieva, ministre des Affaires étrangères du Kirghizstan, qui a été interrogée sur la situation intérieure et les problèmes qui existent dans les rapports avec les pays voisins.

Aujourd'hui, nombreux au Kirghizstan sont ceux qui rattachent le règlement des problèmes principaux à l'élection présidentielle. Il s'agit notamment du chômage, du niveau de vie très bas, de la retraite et des salaires misérables, de la corruption. Il est vrai, d'aucuns voudraient torpiller l'élection en suggérant de "voter contre tous" et en argumentant l'illégalité de l'élection par l'illégitimité du gouvernement actuel. Il est parfois difficile de ne pas constater que rien n'a changé au Kirghizstan depuis la révolution, malgré les déclarations grandiloquentes de ses leaders.

Le Kirghizstan actuel subit dans toutes les sphères de la vie sociale le syndrome de la présidence précédente, lorsque, malgré l'existence de nombreuses organisations démocratiques du type des ONG et les injections par les Etats-Unis des millions de dollars pour leur développement, la république n'a pas réussi à éviter la crise totale (civile, politique, économique et sociale).

La déclaration faite par Roza Otounbaieva au cours de sa première visite à Moscou (après la révolution) était significative en ce sens. Elle a dit lors d'une conférence de presse: les leaders de l'opposition d'hier et du pouvoir actuel se rendent parfaitement compte qu'ils "passent un examen devant la communauté mondiale". C'est pourquoi ils sont déterminés à prouver qu'ils "sauront organiser l'élection présidentielle honnête et commencer à édifier une société démocratique".

Il était déjà clair que l'équipe de Kourmanbek Bakiev, premier ministre actuel et principal prétendant à la victoire à la prochaine élection présidentielle, devrait passer un examen très difficile d'aptitude démocratique. Il était également clair que le gouvernement Bakiev n'éviterait pas l'apparition dans la république d'une opposition qui ne pardonne la moindre erreur ni à l'équipe, ni à son leader.

Il était déjà évident que l'équipe de Bakiev, bien qu'elle qualifie les événements de mars au Kirghizstan de "révolution populaire", devrait gagner la confiance des grandes couches populaires. Pour cela, le gouvernement Bakiev devait atteindre dans de brefs délais plusieurs objectifs importants: stabiliser la situation dans la république, arrêter le déséquilibre de l'économie nationale, empêcher la population russophone de quitter le pays.

Comme nous le voyons, le gouvernement Bakiev a réussi à stabiliser la situation dans le pays, à établir la coopération entre le pouvoir central et les régions sud de la république, ce qui était toujours un problème pour les autorités kirghizes. Bien que ce problème ait pu être réglé grâce au prestige du tandem Bakiev-Koulov, ce succès est significatif.

Mais il est bien plus difficile de rétablir l'économie et, en premier lieu, d'élever le niveau de vie de la population. Pour l'instant, le gouvernement Bakiev n'a rien fait pour cela. La majeure partie des secteurs qui font des versements au budget se trouvent dans une situation désastreuse, bien que le gouvernement ait un programme visant à mettre fin à la stagnation dans ces secteurs, ce qui est aussi reflété dans le programme électoral de Kourmanbek Bakiev.

Le problème du départ de la population russophone reste également en suspens. Il est vrai, les jeunes, représentants les plus dynamiques de la diaspora russophone, affirment qu'ils voient avec optimisme leur avenir dans la république.

Piotr Gontcharov, commentateur de RIA Novosti, Bichkek, 7 juillet 2005.